QUELQUES TRAITS SUR PARIS ET L ASSEMBLEE CONSTITUANTE
Nous ne saurions quitter la correspondance de Thibaudeau, sans dire ce qu'elle offrira d'intéressant à qui voudra étudier la physionomie de Paris et de l'Assemblée Constituante, d'après un député honnête^ attentif, mais quelque peu pusillanime. Vers le milieu de février 1791, elle nous montre les Parisiens très surexcités à la nouvelle du départ des tantes du Roi. Les dames de la Halle viennent en ambassade aux Tuileries pour demander qu'on fasse revenir les voyageuses, et de grands rassemblements se forment où les députés doivent prêcher le calme et le sangfroid; puis, sur la crainte d'un coup de main, les troupes nationales dispersent les groupes de curieux ou de mécontents , et garnissent de canons toutes les avenues du château (1).
Quatre mois plus tard, en juin 1791,1e Roi s'évade avec sa femme et ses enfants. J'appelle^ Messieurs, toute votre attention sur la lettre où Thibaudeau annonce au directoire du département de la Vienne ce grand événement, et lui dépeint la poignante émotion dont toute la capitale est
{i) Correspondance, du 17 au 2/» février 1791.