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IV CORRESPONDANCE

de monter dans la Turyoùne^ pour s'en aller, à cinquantedeux ans, loin de sa femme et de ses enfants, affronter le tumulte des assemblées, loger en garni, et manger à l'auberge. 11 partit cependant, entraîné par son fils, Antoine- Claire, qui sentait au contraire frémir en lui toutes les passions de la Révolution. Il s'installa à Versailles, dans un petit appartement, fil quelques visites, et attendit les événements.

Aussi faible de caractère que dépourvu d'ambition, sans initiative et sans ressort, pris du mal du pays, il rechercha naturellement la société des députés effacés qui appréhendaient le plus l'éventualité d'une lutte avec la Cour; il fréquenta quelque peu les députés nobles du Poitou, dont il avait depuis longtemps fait les atYaires, comme avocat, et il partagea la conviction où ils étaient que la force demeurerait au Roi. Il n'imaginaitpas que les députés du Tiers, ayant pour eux la Nation, pussent triompher des troupes du Roi par la seule force de l'opinion publique. Son fils nous dit ses terreurs, quand fut prêté le serment du Jeu de paume, et quand l'Assemblée, se trouvant entourée de troupes étrangères, on crut ses membres les plus ardents sous le coup d'une arrestation imminente. Sans nul doute, notre Poitevin était loin d'être en péril, et aurait pu dormir en paix, mais il fut pris de panique, se barricada la nuit, et fit coucher son fils tout habillé dans son antichambre, avec une épée et des pistolets. Après la prise de la Bastille, harassé de fatigue et d'émotions, il tomba tout à fait malade, et dutprendre un congé (1). Il est intéressant, Messieurs, de rapprocher ces

(i) Mémoires d'A. C. Thibaudeau, Paris-Niort, '^75, in-8, pp. G5 et suiv., 75, 82, etc.

DU CONSTITUANT THIBAUDEAU v

faits d'une lettre dithyrambique où Thibaudeau , Laurence fils, Briault et Faucon, député suppléant, racontent aux officiers municipaux de Poitiers le renvoi de Necker, la concentration des troupes étrangères, la révolution de Paris, le recul de la Cour, et les scènes larmoyantes d'une réconciliation entre le Roi et l'Assemblée (1).

(i) Correspondance, 17 juillet 1789.

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