LES AFFAIRES PARTICULIERES A POITIERS ET AU POITOU
Ce qui achèvera de caractériser Thibaudeau sous son aspect particulariste, c'est assurément son rôle dans les bureaux des ministères. En 1789, plus peut-être que de nos jours, les députés étaient considérés par leurs commettants comme devant négocier toutes les affaires du pays qu'ils représentaient. Et Thibaudeau, qui n'était ni orateur, ni manieur d'intrigues, semble bien avoir consacré une très grande partie de son temps à faire le fondé de pouvoirs ou le procureur des gens de Poitiers (1). Je le vois à la régie générale des Aides, chez les chefs de bureau Tribart et Tarbé ; au ministère de la guerre, chez MM. Beauvallon ou Daurange ; au contrôle général chez MM. de Montaran et de la Millière ; au Ministère de l'intérieur dans le bureau de M. de Saint- Romain ; et tantôt il cherche à faire décharger ses compatriotes de quelques droits, tantôt il sollicite l'intervention de l'Etat, pour des constructions de casernes ou pour des achats de blés. Partout on le reçoit avec déférence, mais partout on lui oppose les attermoiements dont l'administration centrale est, depuis longtemps, coutumière (2).
Il y aurait à faire toute une étude sur les services qu'a rendus aux Poitevins le constituant Thibaudeau, en
(i) Ce dont la municipalité d'ailleurs entend le rémunérer, de façon indirecte, en votant pour son fils un don de mille livres.
(>-.) Correspondance, 17 nov. 1789, juin 1790, mai 1791. Cf. K. J, f° /|ii, 27 janv. 1791.