X1V« LETTRE
India-House, 7 mai 1840.
Mon cher Gustave,
c absence de plusieurs semaines m'a emi de répondre à vos lettres. J'ai été retenu de mort d'un de mes frères, qui était l'honet l'espérance de notre famille, et dont je erai la perte aussi longtemps que je vivrai.
absence m'a privé du plaisir de voir Stéphane Mony et Isaac Pereire, que je conlous deux par leur passé, et dont le premier
connu personnellement, st à vous, que je dois d'avoir reçu une lettre . Michelet, accompagnant l'envoi de deux nés de son admirable histoire. N'ayant pas temps de lui répondre immédiatement, j'at- •ai, pour le faire, d'avoir lu ces nouveaux [nés. Je connaissais déjà très complètement
les volumes précédents, ainsi que les autres ouvrages de M. Michelet, et je vous prie de lui dire que j'ai pour lui une admiration passionnée : maintes fois d'ailleurs j'ai eu l'occasion de l'exprimer. J'ai longtemps espéré pouvoir rendre compte de son Histoire romaine dans la Westminster review ; maintenant, je n'écris plus dans cette revue, mais je vais sans doute avoir le plaisir de m'employer plus utilement encore à faire connaître ici le talent de M. Michelet, en publiant une grande étude sur son Histoire romaine et son Histoire de France dans VEdinburgh review. Je me suis engagé à publier dans cette revue quelques articles sur la nouvelle école historique française. Pourriez-vous me donner l'adresse de M. Michelet*?
1. J ai retrouvé dans les papiers de inon père une lettre de Michelet dans laquelle, à propos de son 5* volume de l'Histoire de France, il lui écrit :
« J'aurais voulu vous dire un mot de mon 5" volume qui va être attaqué de deux côtés opposés. J'espère pour le défendre (ce volume si peu favorable aux Anglais), dans la haute impartialité d'un Anglais, de M. Mill, qui m'a écrit cette belle lettre que nous avons admirée ensemble. Vous avez trouvé, je pense, son exemplaire joint au vôtre?
... Si vous écrivez à M. Mill, veuillez lui faire considérer avec quelle méthode sévère, dans l'affaire de la Pucelle et dans bien d'autres, j'ai écarté les chroniques pour m'en tenir aux actes,.. Si M. Mill me fait l'honneur de parler de mon
dbyGoOgk
Je n'ai pas encore vu M. Guizot, quoique j'aie failli le rencontrer plusieurs fois : j'aurais essayé de lui rendre visite, si je n'étais retenu dé façon à n'être libre qu'à des heures où il est impossible de faire convenablement visite à un être civilisé.
Votre opinion sur le caractère décisif du dernier triomphe (apparent) du gouvernement parlementaire et en réalité de la démocratie en France, est très intéressante pour moi. C'est un grand événement : Il me confirme dans l'opinion que j'ai si souvent eue, que les choses marchent vite en France^ (et aussi dans ce siècle, peut-on ajouter).
Toujours votre
J. S. MlLL.
livre dans une revue anglaise, il m'obligera fort de faire remarquer combien cet historien qu'on traite trop aisément comme un homme (ï imagination ^ a été dominé par la passion de la venté. » — E. D'E.