‹ Correspondance inédite avec Gustave d'Eichthal (1828-1842)-Chapitre 32 sur 33 · LKTTP.KS DF S. MILL · texte numérisé non relu

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tout autres ». C'est ce qui me fait hâter de mes vœux le suffrage universel, et lutter pour y faire comprendre les femmes, qui en ont certes le plus grand besoin.

Votre affectionné,

J. S. MiLL.

XXX [e LETTRE

Avignon, 48 mai 4869.

Mon cher d'Eichthal,

J'ai lu avec le plus grand intérêt votre article sur la prononciation de la langue grecque. Vous m'avez fait comprendre la question mieux que je ne l'avais jamais fait. Il faudra bien qu'on finisse par adopter la prononciation de la Grèce moderne, sauf à provoquer quelques modifications dans cette prononciation môme, ce qui n'est pas tout à fait chimérique après ce que les Grecs d'aujourd'hui ont déjà fait pour la langue.

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écrite. J'étais sûr que l'iotacisrae exagéré de la prononciation actuelle devait être une corruption, ancienne peut-être, mais non antique. C'est un défaut réel, et non sans importance.

Vous pouvez bien juger avec quel vif intérêt j'ai lu vos observations sur Tétat des esprits, et sur les probabilités des élections. Vous êtes certainement mieux placé que moi pour en juger, surtout en ce qui regarde Paris, et le nord de la France. Moi-môme je vois bien, jusqu'à un certain degré, les tendances que vous signalez, et je ne demande pas mieux que de partager toutes vos espérances. Si vraiment la question de l'affranchissement des femmes va monter au premier rang, ce sera un signe de progrès dépassant tout ce que nous avons vu jusqu'ici.

Je vous envoie des lettres de recommandation pour les deux députés libéraux de Manchester, le député de Rochdale, et M. Steinthal, ministre unilairien intelligent et éclairé, qui comme la plupart des unitairiens en Angleterre et aux Etats- Unis, est au premier rang du libéralisme en religion et en politique.

Votre affectionné,

J. S. MiLL.

XXXIIe LETTRE

Avignon, 30 mai 1869.

Mon cher d'Eichthal,

Je ne connais « The Jésus of Ilistory » que par l'annonce. Depuis quelque temps on s'occupe beaucoup en Angleterre comme ailleurs de la critique historique de la Bible, et les idées rationnelles sur ce sujet y sont en grand progrès. Il est très heureux que votre livre des Évangiles y soit connu de ceux qui s'occupent de ces questions, sur lesquelles il a tant répandu de lumière.

Le livre assez mal nommé « Eléments de Science Sociale » est, je crois, d'un certain Docteur Drysdale. Il y a deux Docteurs en médecine de ce nom, frères (je crois) et pratiquant les mêmes opinions. Celui-ci, à ce que je pense, doit ôtro le D*" Charles Drysdale; sans avoir lu tout le livre, j'en pris un peu connaissance à l'époque

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(le sa première publication : j'y trouvai d'excellentes choses, avec quelques autres qui ne me plaisaient pas. Je crois l'auteur, au reste, un homme éclairé, et très zélé pour la plupart des bonnes causes.

Les élections ont bien répondu à vos prédictions. C'est l'indice d'un immense progrès; mais il eût été à désirer que le parti démocratique par excellence se fût mieux entendu avec ceux qui mènent la liberté de front avec la démocratie. Il est fâcheux que Jules Favre risque de n'être élu nulle part, et qu'un homme comme Carnot soit rejeté.

Il se pourrait bien que je tombe chez vous en traversant Paris, si vous y êtes encore au temps de mon passage.

Votre affectionné,

J. S. MiLL.

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XXXI Ile LETTRE

Avignon, 12 janvier 1870.

Mon cher d'Eichthal,

Les seules personnes que je connais à Glasgow sont les deux députés libéraux, MM. Dalgleish et Graham, et un jeune professeur à l'Université, M. Nichol, homme d'un esprit cultivé et très libéral. Je vous envoie des lettres pour eux. MM. Jacob Bright et Steinthal m'ont tous deux écrit des éloges de M. votre fils, et m'ont remercié de le leur avoir recommandé. Je ne doute pas qu'il fasse à Glasgow une impression également favorable.

La situation politique de la France en ce moment est vraiment merveilleuse, et donne lieu aux plus grandes espérances. La France est habituée à étonner le monde par une renaissance subite à la lumière au moment où les ténèbres

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semblaient le plus épaisses. Je crois avec vous que pendant les années de son silence politique elle a appris des choses très importantes, et que Tavortement de sa dernière révolution lui a donné des pensées qui étaient nouvelles pour elle, et qui la rendront, j'espère, plus heureuse cette fois.

Yotre très affectionné,

J. S. MiLL.

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