AVANT-PROPOS XV
toujours quelque chose à dire Tun à Tautre ». Ils se le dirent en restant, pendant une bonne partie de leur vie, dans ce qu'une lettre de Mill appelait: « une sorte de communion intellectuelle ». — Et cependant de longues années se passèrent sans qu'ils se fussent rencontrés de nouveau, et même la correspondance, à en juger par les lettres retrouvées, subit un ralentissement ou même une longue interruption. Enfin, en 1864, lors de la publication de l'ouvrage de mon père. Les Évangiles ^ Mill vint voir à Paris son ancien ami. Celui-ci a noté rimpression qu'il eut en retrouvant son compagnon de jeunesse devenu publiciste, économiste et philosophe célèbre :
« 3 février 1864. Aujourd'hui on est venu m'apporter la carte de John Stuart Mill. J'ai été vivement ému. Il y avait au moins 24 ans que nous ne nous étions vus. Nos souvenirs de 1 828- 1831 (Comte, Saint-Simonisme) nous étaient restés présents à tous deux et nous sentions que nos rêves de jeunesse ne nous avaient pas trompés. Je Fai trouvé peu changé.
« Il s'est mis de suite à me parler de mes
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