LETTRE A M. ARMAND MARRAST
tion absolue du père Enfontin, ou de tout autre pontife-roi, qui pourrait dire, avec une bien plus effroyable vérité que ne l'a jamais pu Louis XIV : rÉtat, c'est moi.
J'espère, Monsieur, que vous voudrez excuser la longueur de cette explication, en ne l'attribuant qu'à l'extrême importance que j'attachais à rectifier votre opinion sur moi et à vous prouver que, à aucune époque, je n'ai été le moins du monde saint-simonien. Dans un temps de divagation intellectuelle et de versatilité politique, il est sans doute permis de mettre quelque prix à la persistance dans une direction invariable en philosophie et en politique.
Croyez, Monsieur, à ma franche et vive sympathie pour l'honorable persécution dont votre noble civisme a été gratifié, et veuillez agréer l'assurance de l'affectueuse considération de
Votre dévoué serviteur, A^^ Comte,
Ancien élève de l'École polytechnique.
{iS9t Tue Saint -Jacques).
P. -S. — Je VOUS autorise pleinement à faire insérer cette lettre dans La Tribune, si vous l,e jugez convenable, et je vous en serai même très reconnaissant, afin que vos lecteurs soient désabusés à mon égard.
Comme il est fort douteux que, malgré leur sublime moralité, les prêtres saint-simoniens con-
14 CORRESPONDANCE ly AUGUSTE COMTE
sentent à insérer dans Le Globe la réponse que j'ai feite avant-hier à leur attaque inconsidérée, vous me rendriez un vrai service. Monsieur, de vouloir bien la publier dans La Tribune, telle que je vous l'envoie textuellement collationnée.