VINGT-DEUX LETTRES A M. FABIEN MAGNIN
D'après les originaux donnés par le destinataire.
A Monsieur MAGNIN,
10, passage du Jeu-de-Boule, à Paris.
Je m'empresse, Monsieur, de vous remercier, ainsi que tous vos amis, pour votre honorable démarche. Mon cours annuel va être rouvert le 25, et continuer tous les dimanches, suivant l'usage, à midi précis, dans la salle accoutumée. En annonçant bientôt cette ouverture par les journaux habituels, j'avertirai franchement le public et l'autorité que je ferai cette année huit séances philosophiques, pour servir de préambule à l'exposition scientifique.
M. le Maire, en me rendant avec empressement la grande salle des Petits-Pères, m'avertit que cette mairie doit être prochainement démolie, en sorte que peut-être je ne pourrai cette année y achever mon cours. Je l'y poursuivrai néanmoins aussi longtemps que possible, et je tâcherai ensuite, s'il y a lieu, de le transporter, sans aucune interruption, du moins provisoirement, dans quelque autre mairie bien située. En ce cas, je compterai. Messieurs, sur votre zèle pour la saine instruction populaire, afin de prendre, à cet égard, les informations et les mesures convenables, surtout à la mairie du IP arrondissement qui seule me paraîtrait alors bien adaptée à notre but^
J'approuve beaucoup votre projet d'annonce, et j'use de la liberté que vous m'offrez pour en modifier ainsi la rédaction :
Cours public d'Astronomie populaire, précédé d'un discours sur Tesprit positif; professé gratuitement, depuis 183 1, par M. Auguste Comte, à la mairie du III* arrondissement, tous les dimanches, à midi.
L'ensemble de cet enseignement est destiné surtout à caractériser la saine méthode scientifique d'après son type le plus parfait, pour préparer le nouveau système d'éducation sociale seul propre à satisfaire raisonnablement les principaux besoins de rhumanité, qui consistent aujourd'hui dans la conciliation fondamentale entre l'ordre et le progrès.
Veuillez, Monsieur, agréer, à cette occasion, avec vos dignes amis, l'assurance bien sincère de mon aflfectueuse considération.
A*« Comte.
Lundi 12 janvier 1846.
A Monsieur MAGNIN,
10, passage du Jeu-de-Boule.
Monsieur,
Dans la séance d'ouverture de la dix-septième année de mon cours du dimanche, en janvier prochain, je me propose de caractériser le positivisme comme constituant la vraie philosophie du peuple, d'une
manière plus directe et plus prononcée que je n'ai pu le faire jusqu'ici. Je serai ainsi conduit à apprécier spécialement ce qu'on appelle aujourd'hui le Communisme^ en tant que progrès fondamental du véritable esprit de la révolution, laissant enfin les débats purement politiques pour s'élever aux questions morales, seules décisives maintenant. Afin de mieux remplir cette partie essentielle de ma tâche philosophique, je voudrais connaître davantage les opinions correspondantes. Cependant je tiens beaucoup à ne pas altérer, si je puis l'éviter, mon régime habituel d'abstinence de lectures, surtout en ce genre : diète cérébrale qui me sert, depuis longues années, à mieux assurer la pureté, l'originalité et la consistance de mes propres conceptions. Dans cette perplexité, j'ai pensé. Monsieur, que votre conversation suffirait pour me procurer, à cet égard, tous les renseignements que je désire. Votre zèle actif et éclairé pour l'amélioration d'un cours dont vous avez dignement compris l'importance sociale, me permet de compter, en ce cas, sur votre civique assistance. Si donc vous voulez bien m'indiquer les jours et heures dont vous pouvez disposer, j'y choisirai l'instant dont nous conviendrons pour cette utile conférence.
Veuillez, Monsieur, agréer, à cette occasion, l'assurance de ma parfaite considération.
A^* Comte.
{10, rue Mùm'uur-U-Prince), Dimanche 25 octobre 1846.
A Monsieur MAGNIN,
10, passage du Jeu-de-Boule.
Monsieur,
Je vous remercie de vouloir bien réaliser l'espoir que j'avais conçu de votre civique assistance pour obtenir quelques graves renseignements d'utilité publique. D'après vos consciencieuses indications, vous me paraissez éminemment propre à me fournir sur ce sujet tous les documents que je désire. Puisque vous voulez bien, à cet égard, vous mettre à ma disposition dans les limites de disponibilité que vous m'annoncez, je choisis, pour cet entretien, la matinée de dimanche prochain, i*"" novembre, où je vous attendrai de lo heures à midi.
Veuillez agréer. Monsieur, la nouvelle assurance de ma parfaite considération.
A" Comte.
Jeudi soir 29 octobre 1846.
Monsieur,
Quoique très touché du zèle constant de votre civique association pour seconder la saine instruction populaire, j'ai dû retarder un peu ma réponse à votre
intéressante lettre de rtiardi, afin de pouvoir vous y donner des renseignements précis sur la prochaine ouverture de la dix-septième année de mon cours philosophique d'astronomie populaire. Il aura lieu, comme de coutume, tous les dimanches, à midi, dans le grand local actuel de la mairie du III™« arrondissement, aux Petits-Pères, où M. le Maire, toujours très disposé à faciliter autant que possible un tel enseignement, met à ma disposition la salle des mariages, située au i" étage, et au moins aussi grande, sans être aussi haute, que la salle démolie l'an dernier. L'ouverture aura lieu le 24 janvier, comme l'indiqueront les journaux accoutumés.
Puisque vous voulez bien, vous et vos amis, me consulter sur les modifications que pourrait subir aujourd'hui l'annonce que vous comptez renouveler si utilement, je crois qu'il vaut mieux la commencer ainsi :
« Cours philosophique d'astronomie populaire, « précédé de plusieurs séances sur l'esprit positif, « etc., etc. » Après la phrase caractéristique, il me semblerait convenable de terminer ainsi : « Le préam- « bule philosophique est surtout destiné à faire sen- « tir l'intime connexité de la nouvelle doctrine géné- « raie avec la véritable cause populaire. » Vous pourriez, d'ailleurs, sans inconvénient, ajouter, de vive voix, les indications plus spéciales que j'ai eu le plaisir de vous donner, dans notre intéressante conférence du i**" novembre, sur le caractère plus direct et plus prononcé qui distinguera, cette année, le discours d'ouverture du 24. .
Veuillez agréer, Monsieur, pour vous et vos amis, avec mes sincères remercîments, l'assurance non moins franche de mon affectueuse estime.
Auguste Comte.
Samedi 9 janvier 1847.
A Monsieur MAGNIN, ouvrier menuisier,
10, passage du Jeu-de-Boule.
Monsieur,
Je crois pouvoir compter sur votre civique obligeance pour compléter maintenant les utiles renseignements publics que vous avez bien voulu me fournir en novembre dernier. Si vous pouvez, à cet effet, disposer prochainement d'une soirée, vous me trouverez presque sûrement chaque soir, entre 7 heures et 8 heures, surtout les jeudis, samedis et mardis.
Veuillez agréer, à cette occasion, la nouvelle assurance de l'affectueuse considération de votre dévoué serviteur.
Auguste Comte.
{lo, riu Monsieur' U'Princé), Mercredi 2t juillet 1847.
A Monsieur MAGNIN, ouvrier menuisier.
Monsieur,
En vous remerciant spécialement de vos intéressantes informations d'hier, je dois aussi vous témoigner, en générai, que, loin de me déranger, vous me feriez toujours plaisir chaque fois que vous voudriez ainsi me consacrer une soirée, qui ne peut que m'éclairer sur un ordre important de faits sociaux dont le détail m'est naturellement trop peu connu. Ne travaillant jam.ais le soir, et vivant d'ailleurs très retiré, il est fort rare qu'on ne me trouve pas libre à cette heure-là.
Agréez, Monsieur, la sincère assurance de mon aftectueuse considération.
Auguste Comte.
Mercredi 28 juillet 1847.
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A Monsieur MAGNIN, ouvrier menuisier.
Monsieur,
Je regrette beaucoup qu'un motif exceptionnel m'ait privé hier soir de la bonne visite pour laquelle
vous avez bien voulu faire une si longue course. Mes habitudes sédentaires n'avaient pas été interrompues ; mais une indisposition, heureusement passagère, m'interdisait de recevoir personne. Si j'eusse prévu votre visite, j'aurais chargé ma bonne de vous expliquer franchement le vrai motif de sa consigne générale, étant certain d'avance que vous auriez convenablement accueilli cette sincère explication. Quoi qu'il en soit, j'espère que ce contretemps accidentel ne vous empêchera pas de renouveler bientôt la même tentative, qui me sera toujours très agréable.
Agréez, Monsieur, à cette occasion, la nouvelle assurance de mon affectueuse considération.
Auguste Comte.
Vendredi matin 27 août 1847.
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A Monsieur MAGNIN, ouvrier menuisier.
Monsieur,
Selon votre civique désir, je vous envoie ci-jointe la petite annonce du cours que j'ouvrirai à la fin de ce mois, et que vous et vos amis voulez bien vous charger de faire connaître aux prolétaires convena» blement disposés.
LETTRES A M. MAGNIN jj
Agréez, je vous prie, à cette occasion, la nouvelle assurance de mon affectueuse estime.
Auguste Comte.
Samedi 15 janvier 1848.
A Monsieur MAGNIN.
Monsieur et cher confrère.
Voici ma circulaire philosophique sur la fondation de la Société Positiviste, dont je vous reçois membre. Notre première séance aura lieu après-demain soir, dimanche 12 mars, chez moi, de sept heures précises à dix heures.
Votre dévoué, Auguste Comte.
Vendredi matin xo mars 1848.
Je joins à votre exemplaire un second pour votre ami M. Phili ou Fily, ouvrier mécanicien, dont je regrette de ne pas savoir l'adresse. Veuillez le lui remettre à temps, et l'engager à venir aussi dimanche inaugurer la Société dont je l'ai reçu membre.
A Monsieur MAGNIN, ouvrier menuisier.
Monsieur,
Si j'avais pu hier vous parler en particulier, je comptais vous inviter, une fois pour toutes, à une petite réunion cordiale, que je tiens chez moi chaque dimanche soir, de sept heures à dix. Antérieure de quatre mois à nos séances positivistes, elle se compose pourtant jusqu'ici des membres de notre club qui ont avec moi le plus d'intimité personnelle. J'espère qu'elle vous conviendra, et je suis assuré que ses membres actuels seront charmés de votre adjonction. C'est pourquoi je compte sur vous dès dimanche prochain, 23 avril.
Tout à vous,
Jeudi 20 avril 1848.
Monsieur et cher confrère,
J'ai relu hier, à loisir, votre excellent Rapport de mercredi et je vous en fais mon sincère compliment.
LETTRES A Af. MAGNIN y^
Le positivisme peut s'en glorifier pour montrer la supériorité réelle de la raison populaire sur la mauvaise culture de nos lettrés. Ces quelques pages contiennent de meilleures notions sur la structure et le mouvement de l'industrie moderne que tous les gros livres consacrés à la prétendue science des économistes.
Mercredi prochain, je proposerai à notre club de publier ce Rapport aux frais et au nom de la Société positiviste, en mentionnant les noms et les professions des trois commissaires et surtout du rapporteur. Je vous proposerai seulement l'addition cijointe, destinée d'abord à rappeler expressément le caractère occidental que doivent manifester, autant que possible, toutes nos propositions, et ensuite même à perfectionner vos mesures, en permettant d'en commencer l'application sans attendre les gouvernements, s'ils tardaient trop. Cette courte addition se placerait très naturellement entre les feuillets 8 et 9, comme vous le constaterez aisément, d'après le double qui vous est resté. Si vous l'adoptez, ayez la bonté de me la renvoyer avant la séance, afin que je puisse la coller sur la partie blanche du feuillet 8.
Tout à vous,
Lundi matin 29 mai 1848.
P.-S. — Je saisis cette occasion de correspondance pour vous rappeler, en général, que nos causeries
du dimanche sont toujours suspendues le premier dimanclie de chaque mois, d'après mon vieil engagement mensuel avec M. de Blainville.
P. -S. — Si, ce soir, vous aviez occasion de parler séparément à M. Caussidière, veuillez l'avertir que, dès mercredi 24 mai, j'ai remis, pour lui, à M. Pascal, un exemplaire de mon ancien Discours sur l'esprit positif, et aussi de ma circulaire comme fondateur du club positiviste. M. Pascal a déjà fait plusieurs courses infructueuses à ce sujet : il ne peut joindre M. Caussidière. Vous pourriez aussi lui annoncer que, dans un mois, je compte lui envoyer mon Discours sur F ensemble du positivisme, dont l'impression va enfin commencer, et qui contiendra le résumé • systématique du cours exceptionnel que vous avez suivi Tan dernier aux Petits-Pères.
Quoique ces mesures nous aient été naturellement inspirées par la situation française, elles ne se bornent point à la France, qui en comporte seulement l'application la plus complète et la plus urgente. Elles conviennent également aux cinq populations occidentales, comme les besoins d'où elles émanent, et comme la réorganisation des opinions et des mœurs qui constitue la solution finale qu'elles annoncent et préparent.
Si les gouvernements n'en comprenaient pas assez l'importance pour les appliquer bientôt, ce qui pourrait arriver même en France, rien n'empêcherait les populations d'ébaucher spontanément la portion de ce plan qui les concerne di'rectement.
Partout où il existe une libre réunion populaire, elle peut aisément diriger ses discussions habituelles vers les fonctions d'indication, de surveillance et d'appréciation que nous assignons ainsi au peuple quant aux travaux publics qui conviennent à chaque localité. Cette nouvelle manière d'utiliser et de développer les clubs constituerait indirectement l'une des plus heureuses conséquences d'un tel plan.
A Monsieur MAGNIN, ouvrier menuisier*
Monsieur et cher confrère,
D'après ce que vous m'avez annoncé hier, je dois vous éviter, ainsi qu'à vos deux amis, une course inutile, en vous prévenant que, par suite d'un incident imprévu, je ne serai pas disponible demain soir. Si je l'avais su à temps, je vous aurais engagé à venir ce soir, afin de ne pas retarder d'une semaine l'admission que vous proposez.
Tout à vous, Auguste Comte.
Lundi 28 août 1848.
Mon cher Monsieur Magnin,
J'ai eu hier la visite d'un camarade de M. Penot, arrivant immédiatement d'Angoulême. Avec une lettre contenant la cotisation positiviste de M. Penot, par suite de laquelle j'aurai donc à vous rendre mercredi les cinq francs que vous aviez avancés à cette intention, il m'a remis une lettre pour vous, que je m'empresse de joindre à ce billet. Du reste, notre confrère semble se trouver fort bien à Angoulême, mais avec un vif désir de revenir à Paris aussitôt qu'il le pourra.
Tout à vous, Auguste Comte.
Samedi 30 septembre 1848.
Mon cher Monsieur Magnin,
Vous savez que jusqu'à présent nos petites soirées hebdomadaires se trouvaient habituellement suspendues le premier dimanche de chaque mois. Mais l'ancien engagement qui m'obligeait à cette suspension vient de cesser. En conséquence, à
LETTRES i A M. MAGNIN 39
partir de demain, le premier dimanche du mois ne fera plus exception à nos cordiales réunions.
Tout à vous, Auguste Comte.
Samedi matin 2 décembre 1848.
A Monsieur MAGNIN,
10, passage du Jeu-de-Bouk.
Mon cher Monsieur Magnin,
Comptant vous voir hier comme de coutume, j'avais gardé jusque-là la communication ci-jointe, dont M. Littré m'avait chargé vendredi. Vous voyez que c'est une lettre qu'il a reçue de M. Jacquemin, avec la réponse qu'il y a faite, et qui, n'ayant rien d'urgent, doit seulement accompagner l'envoi dont notre jeune ami nous charge tous deux. M. Littré m'a déjà envoyé les trois exemplaires demandés de son opuscule. J'en ai ce matin expédié un, par la poste, au commandant de VÉgypte, à Marseille, en y joignant les divers Rapports positivistes. Chargez- vous, je vous prie, de l'envoi du livre de M. Morin et des deux manuels d'Heeren sur l'histoire ancienne et l'histoire moderne, que vous trouverez chez F. Didot, 56, rue Jacob. Tous les frais d'achat et d'envoi sont déjà compris dans la somme envoyée
^'Égyp^^ à M. Littré, dont la réponse, comme je le disais, partirait avec cet envoi, par la voie légale, qui paraît être la plus sûre comme la plus prompte.
Tout à vous, Auguste Comte.
(/o, rue Monsieur'U'Princé).
Lundi 8 Shakespeare 6i.
Mon cher Monsieur Magnin,
J'ai oublié hier de vous engager, en répondant à M. Jacquemin (dont je vous renvoie ci-jointe l'intéressante lettre), de lui recommander une visite positiviste, en passant à Lyon, à M. Lucas (pharmacien, Grande-Rue, à la Croix-Rousse), le digne chef de notre précieux foyer lyonnais. Mais peutêtre y aurez-vous pensé spontanément. La poste de demain apportera pour M. Jacquemin, bureau restant, à Marseille, six exemplaires de chacun de nos cinq opuscules.
Tout à vous, Auguste Comte.
(/o, rue Moiiiienr-le-Prince'), Jeudi 23 Gutenberg 63.
xvn
Mon cher Monsieur Magnin,
M. Profumo, que je croyais encore à Londres, assistait hier à ma séance, après laquelle nous avons causé un moment, de manière à fixer vendredi prochain 17 octobre pour la réunion fraternelle. Quoique nous ne devions dîner qu'à 6 heures, les convives pourront arriver dès 5 heures, afin de mieux s'entendre.
Tout à vous, Auguste Comte.
(10, rut MoHsiettr-li-Prince).
hatâi 6 Descartes 65.
.xvm
Mon cher Monsieur Magnin,
J'ai été hier fort étonné de recevoir la lettre cijointe d'un jeune homme que je vis seulement une fois, l'été dernier, comme venant de votre part. Ne pouvant rien faire de ce qu'il me demande, je me borne,, paur^ toute r^éponse, à vous envoyer sa lettre.
afin que vous voyiez si vous y devez donner quelque autre suite.
Tout à vous, Auguste Comte.
(lOf rue Monsieur 'Îe-Prinu), Dimanche 14 Homère 64.
Paris, le jeudi 4 Moïse 67.
Mon cher Monsieur Magnin,
Quoique j'aie beaucoup regretté votre absence à la réunion de lundi, je n'avais pourtant besoin d' aucune explication pour être d'avance assuré qu'elle n'avait nullement dépendu de votre volonté. Néanmoins, je suis très touché de voir, par votre digne lettre d'avant-hier, l'un de mes plus éminents disciples caractériser si noblement ce devoir annuel. La fin de cette séance vous aurait, je crois, convenu spécialement, en indiquant les satisfactions patriotiques réservées aux positivistes, d'après la systématisation croissante de la marche spontanée de Paris vers sa grande et sainte destination.,
. ; Tout à vous, ,
Auguste Comte.
{10, rue Monsieur 'k'Prince),
LETTRES A Af . MAGNIN 43
A Monsieur F. MAGNIN, à Paris.
Paris, le vendredi 26 Bichat 67.
Mon cher disciple,
Je viens de faire mon testament, que j'ai remis, lundi 24 décembre, à M. Laffitte, son dépositaire perpétuel. Vous ayant choisi pour Tun de mes treize exécuteurs testamentaires, je vous invite à prendre, chez M. Laffitte, une exacte connaissance de cet acte, afin de me déclarer par écrit si vous acceptez ou refusez un tel office. En cas d'acceptation, vous aurez ensuite la faculté de copier cette pièce à votre seul usage.
Tout à vous, Auguste Comte,
(10, rue Monsieur 'U'Prince).
44 CORKESPONDAmE U AUGUSTE COMTE
A Monsieur F. MAGNIN, à Paris.
Paris, le mardi 15 Moïse 68.
Mon éminent disciple.
Je vous serai spécialement obligé si vous pouvez assister, chez moi, dimanche prochain 20 Moïse, à deux heures précises (plutôt avant qu'après), à la réunion de tous ceux de mes exécuteurs testamentaires qui sont maintenant à Paris, pour écouter des explications et communications devenues indispensables, que je ne puis davantage retarder sans de graves inconvénients, au début de mon troisième et dernier grand ouvrage.
Tout à vous,
Auguste Comte.
(10, rue Monsieur-U'Princé).
A Monsieur F. MAGNIN, à Paris.
Paris, le jeudi 5 Homère 68.
Mon éminent disciple.
En félicitant M. Hadery, dans ma dernière réponse, sur son récent contact avec M. Foley, je lui
.^^^.issmm
témoignai spécialement combien j'attacherais encore plus de prix à voir bientôt surgir une relation directe entre vous et lui. Votre prochain voyage à Lyon vous en fournirait peut-être l'occasion, si vous pouviez, en revenant, passer un jour ou deux dans son domaine des Vattis (près Saint-Gérand-de-Vaux, par Bessay [Allier]), à quatre lieues au sud de Moulins, ce qui ne vous détournerait pas beaucoup. Mais vous seul pouvez juger si ce projet est praticable, quoique j'aie dû vous le proposer, en vous offrant d'avertir votre digne collègue, en cas que vous puissiez réaliser l'entrevue.
Tout à vous, Auguste Comte.
{lo, rue Monsieur-îe- Prince),