‹ Correspondance inédite de Buffon (volume 2)Chapitre 12 sur 80 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

jeune, tendre, délicat, sans cesser jamais d'être respectueux. C'est la politesse du gentilhomme unie à la grâce la plus exquise de l'esprit. Placé par son génie à la tête de la société de son temps, mais aussi indépendant que possible de la puissance d'opinion qui courbait alors toutes les intelligences, nous voulons parler de la coterie philosophique, il s'exprime sur les hommes et sur les choses avec une franchise et souvent avec une nouveauté d'aperçus que le public de nos jours appréciera ; car il est fatigué de ne voir le dix-huitième siècle qu'à travers les préjugés de Voltaire. Mais, alors même que la correspondance de Buffon n'aurait d'autre mérite que celui d'un miroir fidèle, elle serait encore d'un grand prix, puisqu'elle reflète de la manière la plus exacte cette belle figure dont le temps a rehaussé la noblesse.

Cette correspondance est suivie de notes et d'éclaircissements destinés à dissiper les obscurités du texte, à compléter les documents qu'il renferme , et enfin à préciser les événements historiques auxquels il fait allusion. La tâche d'un annotateur est toujours ingrate. On peut tour à tour lui faire le reproche de trop dire ou de ne pas dire assez, de dépasser le but ou de ne le point atteindre. Entre ces deux extrêmes, prendre un terme moyen est difficile. Sur tout ce qui a trait à Buffon , sur tout ce qui éclaire d'une lumière plus vive les principaux événements de sa vie, nous n'avons pas craint de nous étendre. Notre livre étant surtout destiné à le mieux faire connaître, nous n'avons pas hésité à y faire entrer un certain nombre de

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