‹ Correspondance inédite de Buffon (volume 2)Chapitre 8 sur 80 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

qu'il a pris soin de former et qui se sont tour à tour inspirés de son génie, dans ses lettres à Faujas de Saint-Fond qu'il a donné à la science, on retrouve cet esprit juste et droit, cette raison forte, cette logique absolue qu'on admire dans YHistoire naturelle. Rien n'est plus curieux à étudier, dans ces lettres familières, que les procédés du grand écrivain. Gomme il parle à des amis, il ne craint pas de révéler toute sa pensée. Il corrige, il discute, il critique, et quand ses collaborateurs ont eu quelques heureuses inspirations, il s'empresse de le reconnaître, sans oublier de se louer parfois luimême. Il savait tout ce que lui avaient coûté ses plus belles pages : peut-on s'étonner qu'il eût le sentiment très-vif de leur perfection? Mais ce qui charme surtout, dans ces épanchements du savant et de l'homme de lettres, c'est la suite et l'enchaînement des idées, la persistance des principes, la révélation de la méthode qui ne cessera pas un instant de présider à la composition de YHistoire naturelle. Nous ne craignons pas d'affirmer qu'on ne la comprend bien qu'après avoir lu les lettres de Buffon à ses collaborateurs.

Toute joie humaine a ses retours , et dans certains passages de cette correspondance, à la suite de paroles qui trahissent l'auteur satisfait d'une œuvre longtemps méditée et heureusement accomplie, on rencontrera quelquefois l'expression d'un sentiment d'incertitude et de fatigue. Buffon se plaint; son esprit se lasse, mais ne se décourage jamais.

Les lettres qu'il adresse à Mme Daubenton et à Mme Necker, sont des modèles d'esprit, de grâce et

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