‹ Correspondance inédite de Buffon (volume 2)Chapitre 9 sur 80 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

d'exquise délicatesse. On reconnaît, dans ces pages charmantes, la plume qui décrivait le beau cygne , et ce qui vaut mieux encore, on y sent une certaine tendresse de cœur dont la pesante main de la vieillesse et des souffrances inouïes n'ont jamais pu tarir la source.

Les lettres écrites à Thouin, nous révèlent enfin une aptitude, jusqu'alors peu connue, du grand naturaliste : le génie de l'administration. De son cabinet de Montbard, Buffon dirige le Jardin du Roi et en surveille les intérêts avec l'habileté d'un homme d'affaires consommé. Bâtiments, terrassements, plantations, échanges ou acquisitions de terrains, négociations, transactions, instances judiciaires, démarches de tout genre auprès des ministres ou de leurs commis, il embrasse, dans ses moindres détails, cette machine compliquée et en fait jouer les ressorts. On le voit conduire , sans jamais commettre une faute, le gouvernement absolu qui lui est confié, et poursuivre, malgré des difficultés sans cesse renaissantes, l'achèvement du monument qui ne le recommande pas moins que V Histoire naturelle à la reconnaissance de la postérité. Chose merveilleuse! A force de persévérance, de finesse et d'esprit de conduite , il est parvenu à enchaîner ces malheureux moines, qui lui ont fait tant de chicanes. Jl a obtenu de messieurs de Saint-Victor, ses méticuleux voisins, un échange de terrain, grave dérogation aux lois qui régissaient alors les biens de mainmorte, mais sans laquelle le Jardin des Plantes était condamné à étouffer dans son étroite enceinte.

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