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Note 1, p. 173. — Henri-François-de-Paule Lefèvre d’Ormesson, né en 1751, mort en 1807, fut appelé, le 29 avril 1783, au ministère des finances, où il remplaça Joly do Fleury. Le titre de contrôleur général des Gnances, supprimé depuis la retraite de Necker, fut rétabli en sa faveur.
Note 2, p. 173.— Buffon quitta Montbard le 23 novembre et arriva à Paris après trois jours de marche, fatigué par un voyage qui lui devenait chaque année plus pénible. Il était porteur d’une lettre de sa sœur pour Mme Necker. Rien de ce qui se rattache à Buffon ne peut être indifférent à ceux qui aiment à l’étudier ; à ce titre la lettre de Mme Nadault mérite d'étre conservée. D'ailleurs, la plume do Mme Nadault fut souvent à la disposition de son frère, qui se déchargeait sur elle du soin de sa correspondance. Mme Necker a dit d'elle : c Le style de scs lettres est une nouvelle preuve de son origine. » De cette correspondance, à laquelle les personnes qui la connurent attachèrent quelque mérite littéraire, il n’est resté que la lettre qui suit :
«Montbard, le 12 novembre 1775.
« Madame,
< Après m’avoir honorée de mille marques de bonté pendant votre petit séjour ici, j'ose me flatter que vous ne dédaignerez pas l’hommage de ma reconnaissance et de mon respect. Je devrais attendre le départ de mon frère, votre illustre ami, il vous porterait ma lettre; son entremise y ferait passer le mérite que je voudrais avoir à vos yeux. Car lui seul, madame, peut s’élever jusqu’à vous et louer comme il convient votre âme céleste, les vertus qui en émanent et l’esprit supérieurement cultivé qui fait le charme do ceux qui sont assez heureux pour vous entendre et vous lire. J’ai eu ce double
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avantage, madame. Depuis longtemps j’admirais ces lettres uniques en sentiment et en élévation de style; je vous ai Vue et me suis étonnée davantage en trouvant en vous une bonté, une indulgence, une prévenance même; et vous, madame, qui avez tant de lumières naturelles et acquises, ne pouvez manquer de bien connaître votre grande supériorité en tout genre. Jouissez , madame, du tribut que M. de BufTon met à vos pieds tous les jours. Votre amitié pour lui prouve assez le cas que vous faites de ses sentiments; il n'y a peut-être dans l’univers que lui digne d'une telle amie. Puisse-t-elle (et cela doit être), en faisant le bonheur do sa vie, prolonger ses jours au delà de l’espérance humaine I II part, madame, et, dans cette circonstance, nous bénissons vos tendres soins, qui lui procurent la certitude d’un heureux voyage; votre cœur veillera à sa sûreté, je suis certaine que les vœux d’une femme comme vous doivent avoir une vertu puissante et bienfaisante sur un être aussi extraordinaire que lui. Permettez-moi cet instant d’orgueil. Quand je m’élève à son rare mérite et que je retombe sur ma petitesse, je n’ose plus lui appartenir : alors je peux le louer avec tout l’univers et surtout avec vous, madame, qui l’aimez tant et si bien.
t Mo permettez-vous de penser à vous, de m’en entretenir avec Mme Daubenton et mon frère le chevalier? Ce trio, qui ne se séparera pas de tout l’hiver, trouvera dans cette douce occupation un dédommagement aux privations que nous éprouverons dans l’absence de M. de BulTon. Vous êtes assez bonne pour ne pas dédaigner l’hommage franc que nous vous rendrons. Nous ne vous séparerons pas de M. Necker et de mademoiselle. Vous ne deviez pas avoir un époux ordinaire, madame, il est digne de vous. Après cet éloge, il n’en est plus d'autre. Et cette charmante demoiselle! Je suis mère, et il faut qu’elle soit bien aimable pour que je puisse penser à elle sans jalousie. Comment se peut-d, madame, que si jeune elle n’ait déjà plus rien à acquérir? c’est une vérité cependant qui est encore un nouveau sujet d’admiration. Ce dernier mot, toujours présent à mon esprit en pensant à vous, terminera ma lettre en y unissant le respect inSni avec lequel j’ai l’honneur d’être, madame, votre très-humble et très-obéissante servante. c Leclerc Nadault.
< M. de BufTon m’a dit ce soir avoir reçu une charmante lettre do Mlle Necker; il veut absolument qu elle garde le baiser pour le recevoir elle-même sur le front; je n’en sais pas davantage, madame. Je suis chargée aussi d’avoir l'honneur de vous annoncer son arrivée à Paris pour les premiers jours de la semaine prochaine. >
(Inédite.)
NOTES
Une afTaire importante bâtait le retour de BufTon à Paria. Un ma* riage avantageux lui avait été proposé pour son fils, et il désirait prendre sans retard, sur les lieux, les renseignements qui lui permettraient de rendre une réponse définitive. Le mariage projeté eut lieu, et le contrat en fut passé, le 4 janvier de l'année 1784, devant M* Boursier Junior et son collègue, notaires au Cbfttelet de Paris. Le protocole en est ainsi conçu :
( Par-devant les conseillers du Roi, notaires au Châtelet do Paris, soussignés, furent présents :
« H. Georges-Louis Leclerc, chevalier, comte et seigneur de BufTon, la Mairie, Rougemont, les Berges et autres lieux, de l’Académie française et do celle des Sciences à Paris, Intendant du Jardin et du Cabinet du Roi, demeurant ordinairement en son hôtel à Monlbard, en Bourgogne, lieu de son domicile habituel, et actuellement à Paris pour les fonctions de sa place, en son logement comme Intendant dudit Jardin, rue du Jardin-du-Roi, paroisse Saint-Médard, stipulant mondit seigneur comte de Butfon pour M. Georges-Louis-Marie Leclerc, chevalier, comte de BufTon, son fils mineur et de défunte dame Marie- Françoise de Saint-Belin, son épouse, officier au régiment des gardes françaises, gouverneur do la ville do Montbard, lieutenant des chasses de la capitainerie ^de Fontainebleau au siège du Châtelet-en-Brie, demeurant ordinairement en ladite ville de Montbard, de présent à Paris logé avec ledit seigneur comte de BufTon, son père, susdite rue et paroisse. Ledit seigneur comte de Buffon fils à ce présent pour lui en son nom et de son consentement.
c Et encore mondit seigneur comte do BufTon père stipulant en son nom, à cause de la constitution dotale qui sera par lui faite ci-après audit seigneur son fils, d’une part.
« Dame Élisabeth-Amaranthe Jognes do Martinville, veuve en premières noces de M. Guillaume-François Bouvier, chevalier, seigneur marquis de Cepoy, officier au régiment des gardes françaises, gouverneur, grand bailli et capitaine des chasses des ville, château, bailliage et capitainerie de Montargis, et chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, et veuve en secondes noces de M. Jean-Baptiste de Castera, chevalier, maréchal des camps et armées du Roi et chevalier de l’ordre royal et militaire do Saint-Louis, demeurant à Paris, rue d'Artois, paroisse Saînt-Euslache, stipulant madite dame do Castera pour demoiselle Marguerite-Françoise Bouvier de Cepoy, sa fille mineure et dudit fou marquis do Cepoy, son premier mari, demeurant avec ladite dame sa mère, susdite rue et paroisse; ladite demoiselle à ce présente pour elle en son nom et de son consentement.
« Et encore madite dame de Castera stipulant en son nom person-
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nel, à cause des avantages qu’elle fera ci-après à ladite demoiselle sa fille.
• Et 51. Émilien Bourdon, prêtre, viraire général du diocèse de Mâcon, prieur commendalaire du prieuré royal d’Hérival, demeurant à Paris, rue Basse-du -Rempart, paroisse de la Madeleine de la Villel'Évéque, stipulant à cause de la représentation qui sera par lui faite des sommes dont il est dépositaire de confiance, ainsi qu'il sera ciaprès énoncé, d’autre part.
f Lesquels, dans la vue du mariage proposé entre ledit seigneur comte de Buffon fils et ladite demoiselle de Cepoy, dont la célébration sera faite incessamment en face d’église, ont fait et arrêté les clauses, traité, conventions et conditions dudit mariage, ainsi qu’il suit :
€ De l’agrément et en présence de :
« M. le maréchal duc de Biron;
c 51. le marquis duSauzai, maréchal des camps et armées du Roi, grand'eroix do l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, gouverneur de Landrecy et major du régiment des gardes françaises;
« Et encore en présence :
( De M. le comte de Milly, cousin du futur; t M. le comte de Bissy, cousin du futur; f M. le vicomte de Larivièro, cousin du futur; e 5Ime de Clugny, veuve do M. le contrêleur général des finances, cousine germaine du futur;
< Mme 1a comtesse de Loréac, cousine maternelle du futur;
c M. Boullongne de Preninville, oncle de la future, é cause do Mme son épouse;
< M. Lafreté, oncle de la future ;
« Mme la comtesse de Roze, grand’tante de la future;
( Mme Peilloy, tante de la future; e 5111e Flore de Martinville, tante de la future;
« Mme Leroy, née baronne de Messey, cousine du futur;
€ 51rae Dillon de Martinville, tante de la future; c 5Ime de Boullongne, cousine do la future ;
« 51. Lafreté fils, cousin germain de la future; f M. Saulot de Bospin, cousin de la future; c M. le baron de Orimm, ministre plénipotentiaire du duc de Saze- Gotha ;
« M. Lenoir, lieutenant général de police;
« M. Necker, ancien directeur général des finances, et Mme Necker, son épouse;
• M. Dupleix de Baquencourt, conseiller d’État;
c M. Tolozan, maître des requêtes et intendant du commerce ;
NOTES
c H. Amelot, intendant de Dijon ;
< M. le président de Mazy;
« M. le comte de Hontmorin, gouverneur de Fontainebleau ; c M. Rigoley de Juvigny, chevalier, conseiller honoraire au parlement de Metz; a M. le marquis d’Âmezaga; c M. le marquis de Montalembert; t M. le comte de Maillebois; c M. le baron do Pondens; t M. le chevalier deChastelux; c M. le chevalier de Bonnard;
c M. de Varenne, chevalier des ordres du Roi, receveur général des finances de Bretagne;
c M. Varenne de Fenille et Mme son épouse ; f. M. Leroy, de l'Académie des sciences ; c M. Daubenton, de l'Académie des sciences ; c M. l’abbé Bexon, grand chantre de la Sainte-Chapelle ;
< M. Peyrac, ancien contrôleur général de la marine ;
( M. Anisson Duperrou, écuyer, directeur de l’Imprimerie royale; c M. d’Outremont, avocat au Parlement;
• M. l’abbé Junot;
c M. Dijeon, directeur des fermes du Roi; c M. Mesnard de Chouzy;
( Tous amis desdits seigneur et demoiselle futurs époux. »
Suivent les clauses du futur mariage, parmi lesquelles on remarque les suivantes :
c Art. 3. En faveur dudit mariage, ladite dame de Castera assure et constitue en dot à la demoiselle future épouse, sa fille, la somme de deux cent mille livres..., et ce pour remplir ladite demoiselle, d’abord et jusqu’à due concurrence, de tous les droits à elle échus tant dans la succession dudit seigneur marquis de Cepoy, son père, que dans celle de dame Anne de Beauharnais, son aïeule paternelle, veuve de M. Guillaume Bouvier de La Motte, chevalier, seigneur marquis de Cepoy....
c Art. 5. Comme aussi et en considération dudit mariage , ledit sieur abbé Bourdon a déclaré qu’étant lié d’une étroite amitié avec ledit feu sieur de Castera, ledit sieur de Castera lui a plusieurs fois confié l’intention où il était de faire à ladite demoiselle future épouse un avantage qui pùt lui procurer un bon établissement, et que, par suite de cette conQance, il lui a remis au mois de mai 1780 la somme de cent soixante-huit mille livres, qu’il chargea ledit sieur abbé Bourdon de convertir en billets des fermes ou autres effets actifs pour
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faire produire des intérêts à cette somme...; que lesdits effets et les intérêts qui en sont provenus, à compter du l"juin 1780, montent en capital à la somme de deux cent mille cent cinquante-quatre livres ; pour se décharger duquel dépôt, ledit sieur abbé Bourdon a présentement et à la vue des notaires soussignés remis audit seigneur comte de Buffon père, qui le reconnaît....
. ( Art. 6. De même, en faveur dudit futur mariage, ledit seigneur
comte de Buffon père constitue en dot audit seigneur futur époux son fils vingt mille livres de rente.... >
Aux avantages de la naissance et de la fortune, Mlle de Copoy en unissait un plus brillant encore. Elle avait seize ans à peine, et elle était déjà d’une remarquable beauté. Le comte de Buffon avait vingt ans. Une lettre écrite par lui quelques jours après son mariage à Gueneau de Montbeillard, le plus constant ami de sa famille, trahit la joie intime dont cette union de son choix, qui devait si tristement finir, avait alors rempli son cœur jeune et aimant; elle montre, en outre, qu’à vingt ans il savait déjà écrire avec grâce dans le meilleur style, et rendre sa pensée avec facilité.
f Eh! quel mérite y a-t-il donc à penser à vous? Qui pourrait vous oublier dès qu'on vous a connu? Vous avez laissé ici des traces si profondes qu’elles ne s’effaceront jamais. Il faut entendre le bon abbé Guyot parler de M. de Montbeillard ; il en parle si bien, qu’en vérité j’ai quelquefois envie d’en être jaloux. Et le grand docteur, et le petit, et mes amis... , etc., etc.
t Je suis content et heureux, je vous écris pour vous le dire. Si vous étiez plus près de nous, je vous le raconterais. Je suis fâché que vous n’ayez pas vu ma jeune amie, vous l’aimeriez. Quoiqu'elle n’ait que quinze ans et demi, sa raison en a davantage, et ses talents contribuent beaucoup à la rendre très-aimable.
< Mais en me recueillant sur mon bonheur, je ne puis pas ne point songer au vôtre. Homme excellent, sage et plus sage que tous ceux qui s'en vantent, eh quoi I seriez-vous toujours malade? N’avez-vous pas auprès de vous ces petits insectes, vos gros livres, ces malheureux à qui vous faites du bien, vos amis, votre cabinet, et surtout cette femme si rare que vous savez apprécier et aimer et qui ressemble si peu à toutes celles qu'on voit?... Enfin, esUce que vous ne chantez plus votre chanson? Je vous avertis que nous la chantons beaucoup, nous ; que les trois couplets que vous y avez joints pour les jeunes époux sont charmants, et qu’à force de les chanter tous je crois que notre cœur saura la chanson entière. J’ai été fidèle à la parole donnée, mais j’ai bien envie d’y manquer pour Monsieur, qui a
NOTES
demandé è M. Férèa tous les couplets faits à l’occasion de mon mariage. Ne pas lui donner ceux-là, c’est lui tout refuser; et comment refuser à lliérilier présomptif de la couronne?
■ M. le prince de Bcauvau m’a fait demander par l'abbé de La Cbau votre beau discours préliminaire. Je le lui ai envoyé.
c J'aurais voulu assister à la jolie fête que vous avez donnée au grand homme; j’aurais embrassé le saint et le panégyriste, et vivomenlapplaudi l’hymne chanté par des voix douces et des minois frais.... Je sais que vous avez donné une autre fête fort agréable à do belles dames do Paris, qui en ont été très-contentes.
« J'ai vu la dryade de Boulogne toujours affligée que vous l’ayez fâchée, et contristée du tort très-involontaire qu’a eu envers vous un rédacteur maladroit, qui est cependant votre sincère admirateur, et qui ne se doute pas qu’il ait pu avoir tort.... A propos de tort, vous savez mieux qu'un autre combien il faut être indulgent pour ceux qui nous aimentcordialemenl; vous l’avez été si souvent pour la personne dont vous me parlez, qu’il no vous coûtera rien de l’étre encore. On ne i-éforme ni le cœur ni le caractère. Le caractère est trop vif, mais le cœur est excellent. Avec de pareils êtres il faut aimer, souffrir, pardonner.
( Bonjour; pourquoi ne me dites vous rien du cher fils? Parlez-moi de lui et de moi à lui, Je vous en prie, àlille respects tendresau premier des Moutons * possibles, après celui qui a sauvé le monde. Le bon abbé et toute notre cour vous salue. Vous renverrez au petit docteur vos observations, et en échange il nous renverra matière à observations. »
(Cette lettre a été publiée par M. Bernard d'Héry dans la Fie de Buffon, donnée à la suite de ses OEmres complèles. Paris, an xij.
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Note 1 , p. 174. — t Nous avons recueilli et rassemblé pour le Cabinet du Roi, dit Buffon dans l’//is(oire des minéraum, une grande quantité de ces productions de volcans; noos avons proGlé des recherches et des observations de plusieurs physiciens, qui, dans ces derniers temps, ont soigneusement examiné les volcans actuellement agissants et les volcans éteints, i Plus loin il parle encore de cette acquisition en ces termes :
( M. de Saint-Fond a observé que le for est très-abondant dans toutes les laves, et que souvent il s’y présente dans l’étal de rouille,
* On sait uua la douceur du caract'ro de Mme de Moulbciltard lui avait fait donner, dans sa société intime, le nom de Jfouton.
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d’ocre ou de chaux. 11 m'a remis, pour le Cabinet du Roi, une trèsbelle collection en ce genre, dans laquelle on peut voir tous les passages du basalte noir le plus dur à l'état argileux. Les différents morceaux dè cette collection présentent toutes les nuances de la décomposition; l'on y reconnaît, de la manière la plus évidente, nonseulement toutes les modifications du fer, qui, en se décomposant, produit les teintes les plus variées, mais l'on y voit jusqu’à des prismes bien conformés, entièrement convertis en substance argileuse, de manière à pouvoir être coupés avec un couteau aussi facilement que la terre à foulon, tandis que le schorl noir, renfermé dans les prismes, n'a éprouvé aucune altération. i (Histoire des mitiéraux. — Des matières volcaniques.)
Note 2, p. 174. — On voit que Buffon, dans l'intimité, se servait des expressions les plus familières et no dédaignait pas le langage bourgeois; cetto invitation à dîner nous a paru digned’étre conservée, surtout à cause de sa franche bonhomie.
Note l,p. 174. — François Bousquet, médecin à Mirande, devint membre de la Convention, vota la mort do Louis XVI et fut, sous l'Empire, inspecteur des eaux minérales des Pyrénées.
Note 2, p. 175. — Louis-Auguste Le Tonnelier, baron de Breleuil, né en 1733, mort le 2 novembre 1807, entra au Conseil lors de la retraite d'Amelot. Il fut ministre de la Maison du Roi jusqu'en 1787, époque à laquelle il quitta volontairement les affaires. M. de Villedeuil fut son successeur. (Voy. ci-dessus la note 1 de la lettre cccvi, p. 477).
Note 3, p. 175. — Gustave III, roi de Suède, né le 24 janvier 1746, mort assassiné le 29 mai 1792, fitdeux voyages en France. Le 13 février 1771, alors qu’il n’étaitcncore que prince royal, il arriva à Paris avec le prince Charles, son frère. Adolphe-Frédéric, son père, étant mort le 2 mars 1771, il fut proclamé roi à Stockholm, et quitta précipitamment la France pour prendre les rênes de l’État. Au mois de juin 1784, à la suite de la révolution qu'il avait opérée, avec le concours du cabinet de Versailles, dans les institutions de la Suède, Gustave III, qui voyageait sous le nom de comte de llaga, vint pour la seconde fois à Paris. Il surprit tout le monde, même la cour, où il n'était pas at-
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tendu. On trouve dans les Mémoires du temps des détaüsjiiquants sur son entrevue avec le Roi :
t Lundi, 7 de ce mois, lorsque le comte de llaga est arrivé, le Roi ne comptait point sur lui, et Sa Majesté était allée à la chasse à Rambouillet, où elle devait donner à souper à vingt-cinq soigneurs. La Reine lui dépécha un courrier; il n'avait point ses voitures, il se Ot ramener par un palefrenier, et prévint Monsieur, qui était du voyage, de n’avertir de son départ qu’au moment du souper, dont il ferait les honneurs à sa place, au moyen de quoi sa garde-robe resta à Rambouillet. Le Roi, rentré dans son appartement, n’avait pas de clefs, n’avait point de valets de chambre ; il fallut un serrurier, et l’on appela les premiers venus pour habiller Sa Majesté. Ceux-ci, peu au fait, s’en tirèrent comme ils purent et d’une façon fort ridicule; en sorte que, quand le Roi vint chez la Reine pour trouver le comte de Haga, chacun eut peine ù s’empêcher de rire; la Reine lui demanda s’il donnait bal ce soir-lù et s'il avait déjà commencé la mascarade, ou s'il voulait montrer au comte de Haga une idée de l’élégance françeise. Il avait un soulier à talon rouge, un autre à talon noir; une boucle d’or, une autre d’argent, et ainsi du reste. Il fallut cependant qu’il demeurât de la sorte, dans la crainte d’étre pire. * {Mémoires de Bachaumonl.)
A la cour, le comte do Haga eut peu de succès : les hommes le trouvèrent trop sérieux, et les femmes peu galant. On raconte à ce sujet une anecdote qui, si elle est vraie, donne raison au jugement porté sur lui par les femmes de la cour. Un soir qu’il se trouvait à Versailles dans les petits appartements de la Reine, Sa Majesté chanta un duo avec Mme de La Roche-Lambert; on demanda au roi de Suède s’il avait pris plaisir à entendre Sa Majesté; il répondit t qu’il avait trouvé la voix de Mme do La' Roche-Lambert fort agréable, et que Sa Majesté chantait fort bien pour une reine. * S’il réussit peu à la cour, en revanche le comte de Haga eut un immense succès à Paris. Son goût pour les lettres et pour les arts, ses franches manières avec les gens de lettres, qui trouvaient près de lui un accueil aimable et facile, lui valurent do grands éloges. Le 15 juin, à l’Académie française, il assista à la réception du marquis de Montesquiou, dont les titres au fauteuil académique avaient été ainsi résumés dans une mordante , mais trop véridique épigramme :
Montesquiou-Fezcnsac est de l’Académie ;
Quel ouvrage a-t-il fait? sa généalogie.
Après la séance, le Roi fut conduit dans' la salle particulière des académiciens; il s’écria, en voyant leurs portraits qui garnissaient les
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murs, que cette tapisserie valait mieux que la plus élégante tenture des Gobelins. Le roi de Suède ne vit pas le Jardin du Roi, mais le jeune comte de BufTon lui fut présenté ; il lui parla de son admiration pour les- ouvrages de son illustre père, et promit, en apprenant que BulTon travaillait à une histoire des minéraux, d'envoyer à Montbard une collection complète des richesses minéralogiques de la Suède.
Note 1 , p. 176.,’ — De La Chapelle, premier commis de la Maison du Roi, fut lié avec Buffun de la plus étroite amitié; il ne cessa jamais de lui donner des preuves d'un dévouement sans bornes, et seconda de tout son pouvoir et de tout son crédit ses vastes plans pour le développement et la prospérité du Jardin du Roi. Il continua au fils de BufTon les sentiments qu’il avait voués au père, et, tant qu'il eut du crédit , il l'employa au service d'une cause dont il avait entrepris la défense. Le chevalier de BulTon, rendant compte à son neveu Tles démarches faites par lui dans l’intérét de ses affaires, lui écrit à la date du 21 août 1788 ; < M. de La Chapelle s'est chargé de les faire valoir près du ministre, qui doit bientôt faire un travail à cet égard avec M. le contrôleur général. Écrivez tout de suite à M. de La Chapelle; vous ne pouvez trop lui manquer de conQance et le remercier de tous les services qu’il vous a rendus et qu’il m'a promis, avec beaucoup de sincérité et d’affection, de vous rendre encore. >
Note 1, p. 177. — Il s’agit des négociations relatives à l’acquisition que devait faire le Roi des terrains autres que ceux provenant de l’ab- - baye de Saint-Victor, et précédemment achetés par Buffun en vue de l’agrandissement du Jardin.
Note 2, p. 178. — Depuis que les travaux d'agrandissement entrepris par ordre de BufTon au Jardin du Roi avaient commencé, il recevait lhaque jour des offres de services pour exécuter des plans et des projets rédigés sur une vaste échelle pour l’embellissement du jardin. BufTon rejeta les projets de M. Dufourny de Villiers, comme il avait repoussé ceux de M. de Beaubois, et les sentiments qu’il exprime à ce sujet, le guidèrent toujours dans l’exécution des pians qu il avait conçus pour augmenter l’utilité et l'agrément de l’établissement couQé à ses soins.
Il 37
NOTES
Note 3, p. 178. — A une époque toute récente, trois nouvelles statues ont été élevées à BiilTon : une en pierre, placée sur la façade de l'hétel de ville de Paris et exécutée en 1849, par Deligrand; une belle statue en bronze, duo au ciseau de Dumont, membre de l'Institut, achevée en 1854, et érigée à Montbardà l'aide d’une souscripUon nationale; une en pierre, par Oudiné, placée en 1835 sur les galeries extérieures du nouveau Louvre.
En 1795, Boissy d'Anglas disait à la tribune nationale : f Vous venez de venger les savants et les artistes de l’injustice do la fortune; il vous reste un devoir à remplir ; il faut transmettre leur gloire à la postérité par des monuments durables. Voltaire et Rousseau sont au Panthéon, cela no suffit pas; il est d’autres grands hommes dont les talents ont illustré la nation française; elle leur doit d’éclatants témoignages do reconnaissance. Pourquoi, dans nos places publiques, l'étranger ne s’arréte-t-il pas en contemplant la statue do Fénelon? pourquoi celles de Corneille, de Racine, de Voltaire et de Buffon no paraissent-elles pas à nos yeux?.... » Ce vœu fut entendu, et les principales villes do Franco se sont successivement enrichies de statues élevées on l’honneur de leurs grands hommes. Si, du temps de Buffon, ériger officiellement une statue à un homme de son vivant était un honneur sans précédent dans l’histoire, honorer la mémoire d’un homme célèbre par une statue élevée après sa mort a toujours été une distinction éclatante.
Note 4, p. 178. — Frédéric-Henri-Louis, prince de Prusse, troisième fils de Frédéric-Guillaume et frère du grand Frédéric, naquit le 18 janvier 1726 et mourut le 3 août 1802. Le prince Henri se distingua comme grand capitaine cl comme habile négociateur. En 1784, il vint à Paris sous le nom de comte d’Oels pour détourner le cabinet de Versailles do seconder les vues de Joseph II sur la Hollande. L''Académie française ayant, le jour où le prince Henri y vint, manifesté le désir d’avoir son portrait, il l’envoya à cette compagnie, et le chevalier de Bouffiers composa l'inscription suivante :
Dans cette image auguste et chère, - Tout héros verra son rival, •.
' Tout sage verra son égal.
Et tout homme verra son frère.
cccxxm
Note 1, p. 179. — Ëlisabeth-Amarante Joguesde Martinville, veuve
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de Jean-Baptiste do Castera', maréchal de camp, belle-mère du jeune comte de Buffon. (Voy. ci-dessua, p. 490.)
Note 2, p. 180. — Fils de Louis XV et de Hile de Romans, doTo* nue depuis Mme de Cavanac.
cccxxrv
Note 1, p. 180. — Le prince Henri de Prusse.
Note 2, p. 181. — Ce témoignage est pleinement confirmé par le bailli de Suffren, très-bon juge des qualités militaires, et dont le caractère indépendant n’est pas suspect de flatterie. On lit dans une lettre de l’illustre marin, écrite le 7 octobre 1784,1e passage suivant : « J’ai aujourd’hui à dîner chez moi le prince Henri, frère du roi de Prusse. Quand il ne serait pas frère d’un grand roi, le plus grand général de l’Europe, il serait encore à rechercher par son amabilité. »
Note 1, p. 182. — La visite du frère du roi de Prusse à Hontbard fut un nouveau témoignage de la haute renommée à laquelle était alors parvenu le nom de Buffon. Le prince Henri, le prince philosophe, conune on le nommait alors, montra plus que de l’estime pour le savant auquel il venait rendre hommage. Il manifesta les sentiments de la plus entière déférence et du plus profond respect pour le noble vieillard qu’il avait voulu connaître, et laissa les plus touchants souvenirs de son court séjour à Hontbard. Il demanda, dès son arrivée, à visiter le cabinet de travail dans lequel Buffon avait composé ses immortels écrits. On sait qu’en y entrant, il se découvrit avec respect, comme on le ferait dans un sanctuaire. Buffon était à Montbard seul avec sa soeur; le aoir au salon , avant le départ, Mme Nadault, sur la demande du prince, lut à haute voix le manuscrit auquel son frère travaillait alors : c’était l'histoire du cygne. Un an après cette visite, le jour anniversaire de sa naissance, Buffon reçut un riche cabaret en porcelaine de Saxe d’un travail exquis, et dont tons les sujets étaient tirés de l’histoire du cygne. Une lettre du prince royal accompagnait cet envoi. Buffon, par son testament, légua ce précieux souvenir à Mme Necker. J’ignore si sa famille le possède encore aujourd’hui. En 1789, le prince Henri vint de nouveau visiter la France.
NOTES
BufTon était mort l'année précédente. Le prince , voulant rendre à sa mémoire un dernier hommage, honora de sa présence la séance de l’Académie française dans laquelle Yicq-d’Azir prononça, devant un nombreux auditoire , l’éloge du savant dont la France pleurait la perte.
Note 1, p. 183. — Dans les premiers jours de l’année 1785, Mme Necker, dont la. santé était profondément altérée et dont la poitrine délicate donnait de sérieuses inquiétudes, partit avec son mari et sa fille pour Montpellier. Elle ne fut de retour à Paris que dans le mois de décembre de la même année. Sa santé ne s’était pas fortifiée; mais son état de souffrance et de langueur avait entièrement disparu.
Note 2, p. 183. — Étienne- Jean-Benoit Thevenin de Tanlay, conseiller au parlement de Paris le 16 mars 1731, fut élevé à la dignité de premier président de la cour des Monnaies un 1780 ; il succédait, dans celte haute magistrature, à René Choppin d’.Arnouville. Le père de M. de Tanlay avait acheté le beau château de ce nom de Philippe de La Yrillière.
Le château de Tanlay, dont l'architecture monumentale rappelle Chambord , n’est pas très-éloigné de Montbard ; il est situé à peu de distance de Tonnerre et peut être compté, avec le château d’Ancy-le- Franc , résidence des Clermont-Tonnerre , parmi les plus importantes constructions de la Bourgogne.