‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 103 sur 133 · CCCXXVII · texte numérisé non relu

CCCXXVII

Note 1, p. 185. — Élienne-Jean-Pierre Housset, docteur en médecine de la faculté de Montpellier, premier médecin des hôpitaux d'Auxerre et de la généralité de Bourgogne pour les épidémies, membre de la Société des scienceset belles-lettres d’Auxerre, de celle de Montpellier, de l'Académie de Dijon, membre de la Société royale de médecine de Paris, a laissé des travaux estimés sur la physique expérimentale. Le docteur Housset fut un des premiers à s’occuper de cette science, à laquelle scs recherches ont fait faire de notables progrès. Il entretint avec Haller une correspondance qui dura plus de vingt années, et qui témoigne de l’intérêt que cet homme célèbre prit à ses recherches et de l’estime qu’il accorda toujours à ses travaux.

ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 501

Note 2, p. 185. — Cette lettre, publiée par le docteur Housset, à la suite des Mémoires physiologiques et d’ Histoire naturelle (t. 11, p. 241), est ainsi conçue :

c Auierre, le 19 octobre 1*84.

ç Monsieur,

« L'hommage que l'on rend aux grands talents et la vénération profonde que j’ai toujours eue pour les personnes qui jouaient le premier réle dans la république des lettres, me font prendre la liberté de mettre sous vos auspices mes Observations historiques sur quelques écarts ou jeux de la nature, pour senur à I histoire naturelle. A qui pourrai-je mieux consacrer cet ouvrage qu’à celui qui en a si bien suivi la marche, qui en a développé tous les secrets et l’a forcée de se déceler dans les moments où elle semblait le plus se voiler et se refuser aux recherches des plus curieux observateurs?

t Pardonnez-moi, monsieur, si je suis empressé à faire honorer un de mes enfants, que je ne chéris que par le rapport qu’il a avec les vôtres, qui font les délices du monde littéraire, x Je suis avec respect, monsieur,

< Votre très-humble et très-obéissant serviteur, e Housset. >

CCCXXYIII

Note 1, p. 186. — Buffon devait tenir avec Mme de Montbeillard, sur les fonts de baptême, l'enfant dont Mme de Chazelles venait d’accoucher. On a précédemment vu que l’heureuse réussite de ce mariage était entièrement due à ses bons soins. (Voy. la note 1 de la lettre ccLxv, p. 372.)

Note 2, p. 186. — Buffon acheta en 1784, du vicomte de La Rivière, la seigneurie de Quincy pour son fils, qui possédait déjà une terre près de Fontainebleau. Quincy fut abandonné par le comte de Buffon fils à sa première femme, en remploi de sa dot, lors de la séparation amiable qui intervint entre eux. Mme de Buffon vendit cette terre à H. Petit, procureur du Roi au bailliage d’Auxois, et ancien élu aux États généraux do la province, qui lui-même la céda à M. Humbert, dont la famille la possède encore aujourd’hui. Le 9 décembre 1790, les habitants de Quincy adressèrent au comte de Buffon une notification ainsi conçue :

c Le maire et les officiers municipaux de Quincy-sur-Armançon, can*

NOTES

ton de Montbard, district de Semur, département de ia Côte-d'Or, et à eux joint le procureur de la commune dudit lieu, conformément à la délibération de l'assemblée administrative du département do la Côted'Or du 17 novembre dernier au matin, concernant les armoiries et les fourches patibulaires, d'après les décrets de l’auguste Assemblée nationale du 19 juin aussi dernier, articles 2 et 3 ; Notifions à M. Leclerc, propriétaire d'un domaine à Quincy: 1» que tous actes quelconques où ledit sieur Leclerc prendra le nom de Buffon , seront invalides comme n'étant pas son nom do famille, et lui enjoignons de se conformer, à ce sujet, au décret ci-dessus dit. — 2» Que ledit sieur Leclerc, sous huitaine, fera ôter les cordons noirs et armoriés qu'il a fait mettre tant au dedans qu’au dehors de l'église de Quincy. — 3° Qu'il fera ciseler les arni(‘s de M. de Lu Rivière qui sont sur le cintre de la chapelle. — k» EnGn nous susdits et soussignés, déclarons fermement audit sieur Leclerc que si, sous huitaine, il ne se conforme pas au contenu de la présente notification, nous le dénoncerons au pouvoir judiciaire comme rebelle aux décrets et invoquerons 1a loi, afin qu’il soit puni comme réfractaire.... >

Les habitants de Rougemont, dont le comte de Buffon était seigneur, lui adressèrent dans le môme temps une notification semblable. Le comte de Buffon envoya ces deux pièces au président de l’Assemblée nationale en les accompagnant do la lettre suivante :

f Monsieur le Président,

c Je m’adresse à vous avec la plus grande confiance pour obtenir de l'Agsemblée nationale une justice éclatante des procédés que les mnnicipalités de Quincy ut do Rougemont, deux villages dont j'étais cidévant seigneur, ont eus envers moi. Je vous envoie les copies des deux écrits dont je me plains , et que les municipalités sont venues déposer chez le greffier de la municipalité de Montbard, chef-lieu du canton et ville dont je suis maire. J'aurai l'honneur de vous observer qu'à l’instant où j’eus connaissance de la promulgation du département de la Côte-d'Or au sujet des armoiries et des fourches patibulaires, j’envoyai sur-le-champ des ouvriers pour effacer tous les écuesons des armes de mon père qui étaient autour des églises, où on les avait placées à sa mort, et c’est après avoir agi ainsi que les deux municipalités dont je me plains ont fait les deux écrits ci-joints. J’ai, quelques jours après, fait effacer les litres noirs* qui régnaient autour

* Les litres étaient des rubans noirs ornés d’armoiries dont on peignait les églises après la mort du seigneur du pays.

ET ÉCLAIRCISSEMENTS

des églises, et même d’anciennes armes que ni mon père ni moi n’avions fait placer. Jo sollicite maintenant de la justice et de la sagesse de l’Assemblée nationale de blâmer et iraprouver la conduite imprudente des municipalités de Quineyet de Rougemont, qui ont excédé leurs pouvoirs, d’abord en s’avisant de déclarer invalides des actes qui ne sont pas faits et qui, quand ils le seraient, ne pourraient être déclarés non valides que par des tribunaux et non des municipalités; ensuite pour être venues faire injonction au chef de la municipalité de Hontbard dans l’étendue de son territoire, où les municipalités étrangères n’ont rien à dire ni à voir. Si ces municipalités s’étaient adressées à mes fermiers, qui demeurent dans ces arrondissements, je n’aurais rien à dire; mais il est contre toute règle qu’elles viennent à étendre leurs pouvoirs hors de leur arrondissement. Je joins ici la lettre que j’ai eu l'honneur d’adresser à monsieur le Président de l’Âssemblée nationale en juin 1790 (Voy. ci-dessus, p. 400, cette lettre fort remarquable),el j’ajoute que jamais je n’aurais dû m’attendre à me voir disputer en France un nom qui a tant honoré ce royaume, et surtout la partie de ce royaume où des gens malintentionnés et peu instruits se permettent do m’enjoindre de le quitter. Jo vous supplie, monsieur le Président, de mettre ma lettre et les pièces qui y sont jointes sous les yeux de l’Assemblée nationale , et je suis persuadé qu’indignée de la manière dont les municipalités se sont conduites vis-à-vis d’un citoyen honoré de l’estime publique, et qui a donné beaucoup de preuves de son patriotisme, qui n’est sûrement pas équivoque, elle ordonnera le blâme et l’improbation de la conduite de ces municipalités. Quelle que soit sa décision , j’attends la faveur d’une réponse.

« J’ai l’honneur d’être avec respect, monsieur le Président,

( Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

c Buffon. »

(lüédite. — Conservée aux archives de l’Empire.)

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