‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 104 sur 133 · CCCXXXIX · texte numérisé non relu

CCCXXXIX

Note 1, p. 187. — Le 14 janvier 1785, le docteur Housset avait écrit à Buffon :

( Je m’empresse, monsieur, de m’informer de l’état de votre santé, et de vous prier de recevoir l’assurance de mon attachement et des vœux que je forme journellement pour votre conservation, qui devient de plus en plus précieuse au monde savant, dont vous êtes l’ornement

NOTES

et la gloire; mes sentiments ne peuvent point paraître équivoques; je ne suis que l'organe do la voix publique ; le Pline français sera toujours l'objet de mon admiration et de mes hommages.

* On me marque, monsieur, que l’ouvrage que j’ai eu l'honneur de mettre sous vos auspices, et que vous avez bien voulu agréer, ne pourra paraître que dans trois mois. Je m'estimerai pour lors trop heureux si vous voulez bien l'honorer d’un de vos regards; cette marque de votre attention me ferait contracter une dette éternelle de reconnaissance, mais n'ajouterait rien aux sentiments que je vous ai voués.

c Ma santé se ressent do l’inclémence de la saison; mon infirmité réveille toujours ma sensibilité à chaque révolution du temps, et ne me permet pas de faire pour la république des lettres autant que je le désirerais ; la dissipation convient peu à mon état, et je me trouve en quelque façon soulagé, lorsqu’après avoir fait mes visites auprès des malades. Je rentre dans mon cabinet et reprends mes travaux académiques. >

(Cette lettre a été publiée par le docteur Housset aux pages 311 et 312 du tom« II de ses Uemoiret phÿsioloÿiques.)

Note 1, p. 187. — Il s’agit de la fêle de Gueneau de Montbeillard, qui se célébrait chaque année dans sa famille avec un certain éclat, et é laquelle BulTon ne manquait jamais d’assister lorsqu’il se trouvait à Monlbard.

Note 2, p. 188. — Lauberdiére était alors, on l’a vu plus haut (Note 1 de la lettre ccxxvii, p. 323), directeur des forges de Buffon. Il venait de faire perdre à leur propriétaire, dans une faillite malhonnête, plus do 100 OGO livres. BufTon était en procès avec lui pour obtenir une reddition de comptes et ensuite une exécution sur scs biens.

Note 1, p. 188. — La perte considérable que Gt supporter à BufTon le fermier de scs forges, lui fut d’autant plus sensible qu’elle était imprévue. BufTon avait dans Lauberdiére une entière conGance , et ce dernier paraissait satisfait du marché qu’il avait conclu , lorsque sa fuite à l'étranger vint révéler un déGcit important, et amena uneca-

ET ÉCLAIRCISSEMENTS

tastropbe inattendue. Trois ans avant ce désastre, Ballon renouvelait le bail de ses forges et donnait à son fermier un témoignage de sa satisfaction. L’acte qui fut alors passé entre les parties ne me parait pas dépourvu d'intérét ; il a trait à une des créations de Buffon et • concerne une des branches importantes de son revenu. L’original, que je transcris littéralement, est écrit en entier de sa main :

f Nous soussignés, Georges-Louis Leclerc , comte de Buffon d’une part ;

« Et Jacques Alexandre Chesneau de Lauberdière et , de mon autorité dame Anne Nicolle Le Roux mon épouse, d'autre part, sommes convenus de ce qui suit , savoir :

I Que nous, lesdils sieur et dame de Lauberdière, ayant pris à titre do bail par acte passé devant Guérard , notaire à Monibard ,

' le 1”' août 1777, de nous comte de Buffon , les forges de Buffon pour neuf années qui ont commencé le 1" mai 1775, et ensuite, par second bail passé devant Favier, notaire à Paris , le 23 septembre de ladite année de 1777, pour neuf autres années, à commencer au l'^mai 1787 et finir le 1" mai 1796;

t Lesdits sieurs et dame de Lauberdière, désirant do continuer de tenir à bail lesdites forges pour un plus grand nombre d’années ; nous comte de Buffon , voulant leur témoigner la satisfaction que j'ai de leur bonne gestion, avons consenti à continuer lesdits baux pour sept années de plus, dont la première commencera le l" mai 1796 , et finira au 1°' mai 1803 , aux mêmes clauses et conditions portées et énoncées dans les baux précédents, c’est-à-dire pour la somme de vingt-six mille cinq cent livres* par chaque année, payable par moitié de six mois en six mois, au moyen de la jouissance des mêmes terres et prés qui y sont énoncés et d’une coupe annuelle de cent cinquante arpents do. bois, suivant l’état détaillé.... Fait double à Monibard, le 24 décembre 1782. >

Note 2, p. 188. — Mme de Lauberdière, dont le mari avait eu envers Buffon de si grands torts, et qui fut elle-même victime de la mauvaise administration d’un homme léger et imprévoyant, parait en effet avoir été, dans cette circonstance malheureuse, digne du plus grand intérêt. Buffon mourut sans avoir |>ris de parti au sujet du règlement des affaires de ses forges; la surveillance à laquelle l’obligea leur exploitation, dont il demeurait de nouveau seul chargé, les graves préoccupations que lui causaient alors les travaux du Jardin du Roi, ne lui permirent pas de terminer celte triste affaire. Trois mois après sa

* Différentes redevances importantes non stipulées au contrat faisaient monter la bail à 35 000 livres.

NOTES

mort, à la date du 5 juillet 1788, M. Boursier, notaire, chargé par le comte de BuSou fils de surveiller les intérêts compliqués d’une fortune considérable, mais dès ce tempe embarrassée, écrivait à ce dernier : t La position de Mme de Lauberdiére est très-malbeureuse, étant dans la plus grande misère et à la charge d'une famille peu fortunée. Le désordre des affaires de son mari, dont elle est la victime, la laisse sans aucune ressource. Son désistement du bail ne lient à rien et vous sera donné. Le tort irréparable que vous a fait son mari ne doit point détourner d’elle les marques de bonté que vous êtes décidé à lui donner, et qu’elle n’ose réclamer par elle-même dans ce moment. M. Le Roux, beau-frère de cette dame, homme très-délicat, qui traite dans ce moment cette affaire avec M. votre oncle, l’a prié de vous exposer ses besoins et ses malheurs. Je n’ai rien fixé avec M. votre oncle au * sujet de l’indemnité annoncée, mu réservant de vous en écrire; mais, d’après la conversation que j’ai eue à cet égard avec M. votre oncle, il m’a donné à entendre qu’il désirait que je vous engageasse à la porter à 24 000 livres. Cette bonne œuvre vous assurera votre tranquillité et la reconnaissance la plus louclianle de la part de Mme de Lauberdiére et de sa famille. »

Le dernier fermier des forges do Buffon fut un sieur Quesnel, dont la gestion parait n’avoir pas été plus heureuse que celle de Lauberdière. < Il avait cependant la réputation d’un galant homme avec une fortune bien réelle, écrit M. Boursier au comte de Buffon lu 11 mai 1790; je me rappelle même qu'il n’y a pas six mois, vous vouliez lui vendre vos forges moyennant une rente viagère. Je ne peux concevoir comment, en aussi peu de temps, il aurait pu déranger ses affaires à l'entrcpriae de vos forges s

. CCC.X.'LXIl

Note 1 , p. 189. — Il est encore ici question d’un des nombreux procès que Bufl'on eut à soutenir, tant nu sujet de sa fortune particulière qu’au sujet des affaires du Jardin du Roi. Il s’agissait celle fois d’un procès relatif aux forges de Buffon et auquel donna naissance entre Buffon et le marquis de La Guiche, héritier du président de Rochefort, un titre que je possède et qui est ainsi conçu :

« Je, soussigné, déclare que, par déférence pour M. le président de Rochefort, je ne prendrai aucune mine do fer dans la partie du terrain du finage d’Étivey, qui est à droite du grand chemin en allant à Paris, dans lequel terrain il fait tirer de la mine pour l’usage du fourneau de sa terre d’Aisy, et que, si j’ai besoin des mines de fer d’Éti-

ET ÉCLAIRCISSEMENTS

vey pour le fourneau que je compte établir dans ma terre de Buffon, . je ne les prendrai que dans la partie do terrain qui est à gauche du même grand chemin, lequel nous servira de limite commune à cet égard, ce qui a été accepté par M. le président de Rochefort et signé double entre nous.

« Fait à Rochefort, le 25 octobre 1767.

c Le comte de Düffon. »

Les forges d’Aizy, dont M. de La Guiche était propriétaire, et dont M. Rigoley, auquel sont adressées plusieurs lettres de Buflon insérées dans ce recueil, était le fermier, tiraient leur minerai de la commune d’Élivey, où venait aussi s’alimenter le fermier des forges de Buffon. Pendant toute la durée de son bail, M. Rigoley, on a pu le voir par les lettres que lui adressait Buffon, entretint avec ce dernier les meilleurs rapports. En 1784, M. Rigoley quitta la forge d’Aizy et M. Humbert, son successeur, contesta à M. de Lauberdicre, fermier des forges de Buffon, le droit d’extraire son minerai sur le territoire de la communed'Élivey. Lemarquisde La Guiche, prenant parti pourson fermier, assigna M. de Lauberdière devant le juge de la marque des fers à Dijon. Buffon, de son côté, adressa une requête au Conseil pour demander l’évocafion de l'affaire. Le procès se jugea au Châtelet. Les prétentions du maixiuis de La Guiche furent repoussées. Il en appela au Parlement de la sentence des premiers juges; mais les grandes affaires dont celte compagnie était alors occupée, son exil à Troyes, retardèrent indéfiniment la solution do celte affaire. La mort de Buffon arriva avant que le procès ne fût jugé. Il se termina par une transaction intervenue entre le marquis de La Guiche et le chevalier de Buffon, agissant au nom de son neveu, dont il gérait les intérêts.

Entre les mains de la veuve du comte de Buffon, les forges fondées par son beau-père devinrent une source intarissable de procès , et les pertes considérables que lui firent éprouver des gérants infidèles ne contribuèrent pas peu à amener la ruine totale d’une fortune à laquelle la Révolution avait porté la première atteinte. En 1840, elle était obligée de se dessaisir des immeubles , très-importants encore, qu’elle avait pu conserver jusqu’à ce jour. H. Hiimbert- Bazile, qui tenait note des événements importants arrivés dans une famille dont il avait entrepris d'écrire l'histoire, s’exprime ainsi dans son manuscrit, à la date du mois do décembre 1840 :

c Mme de Buffon vient de vendre à des spéculateurs de Paris , moyennant la sommede 1500000 francs, le reste des biensquo son mari lui a légués. Elle conserve son château de Montbard et ses dépendances, et environ 15 000 francs de revenus, toutes dettes acquittées. *

NOTES

Noie 2, p. 190. — La Hollande s’arrogeait alors le droit de fermer l’ouverture do l’E$caut. En 1784, l'empereur d’Autriche Joseph II demanda la liberté du fleuve. La Hollande refusa. La conséquence de ce refus fut une rupture entre l’Autriche et la Hollande, et l’annonce d'une guerre prochaine. Durant le temps où elle préoccupait les esprits, la question de l’ouverture de l’Escaut donna lieu à un grand nombre de brochures dans le sens des deux opinions opposées. L’avocat Linguet publia des Considérations sur l'ouverture de l'Escaut, dont l’empereur fut tellement satisfait qu’il accorda à leur auteur une pension considérable, et fil répandre l’ouvrage par son ambassadeur. La querelle de l’Autriche intéressait la France, qui, sacrifiant les liens de famille aux intérêts de la politique, avait, dès le début, déclaré qu’elle appuierait les prétentions de la Hollande. La reine Marie- Antoinette se montra vivement affectée de ce désaccord entre le cabinet de Versailles et le cabinet devienne; elle-même négocia près do son frère, et obtint de lui qu’il cédât. Elle obtint plus encore; car Louis XVI fut choisi comme médiateur entre l’Autriche et la Hollande, qui s’en remirent toutes deux à son arbitrage. Par le traité signé à Fontainebleau le 10 novembre 1785, Louis XVI obtint pour son beau-père, l’empereur d’Autriche, le fort Lillo et quelques portions de territoire, mais l’Escaut resta fermé. On vit avec plaisir se dissiper les craintes d’une guerre dispendieuse, et dont les charges auraient augmenté les diflicultés déjà trop réelles du moment et le défleit considérable du trésor. La reine montra une grande Joie de l’heureux Succès de cette négociation, et les fêtes de Versailles, un moment suspendues, reprirent leur cours. On lit à ce sujet, dans les Mémoires du temps : « 8 janvier 1785. — Les bals de la Reine ont recommencé cet hiver, pour la première fois, le mercredi 27 décembre. Sa Majesté ne s'y rend qu’à dix heures et ne danse point, à cause de sa grossesse. Le retour d’un genre do plaisir uniquement destiné pour les femmes de la cour, et auquel Sa Majesté ne participe que des yeux, fait présumer avantageusement de la paix, puisque les premiers bruits de rupture avec son auguste frère l’avaient déterminée à rester dans la retraite et dans la douleur. > L'Escaut demeura fermé jusqu’à la prise de la citadelle d'Anvers, en 1832. Aujourd’hui la navigation de l’Escaut est libre, moyennant un droit fort minime que les Hollandais perçoivent à l’embouchure du fleuve.

Note 3, p. 190. — La Reine accoucha, à la fin du mois suivant, d’un prince qui reçut le nom de duc de Normandie, malheureux enfant né sur les marches d’un trône et destiné à succomber, quelques années plus tard, dans les murs d’une prison, aux mauvais traitements d’un in-

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fâme geôlier, t Le soir même de l’accouchement, et moins de deux heures après, disent les journaux du temps, le duc de Normandie fut baptisé par le grand aumônier, en présence du curé de la paroisse de Notre-Dame. Il fut tenu sur les fonts par Monsieur et par Madame Élisabeth de France, au nom de la reine de Naples, le Roi étant présent et le duc de Chartres seulement. Par une circonstance assez bizarre, les autres princes et princesses n’ont pu se rendre assez tôt pour s’y trouver. Après la cérémonie, le prince ayant été reconduit dans son appartement, M. de Galonné, grand trésorier des ordres du Roi , lui porta le cordon et la croix du Saint-Esprit, fconformément aux ordres de Sa Majesté. Le Roi, ainsi que la cour, après le baptême, assista au Te Deum , chanté dans la chapelle du château par la musique de Sa Blajesté. La Reine sortie du travail, le comte de Saint-Aulaire, lieutenant des gardes du corps du Roi, de la compagnie de Villeroy, de service auprès do la Reine, alla à Paris, par ordre du monarque, annoncer cette heureuse nouvelle au corps de ville, qui s’était déjà rassemblé d'après les ordres que Sa Majesté lui en avait envoyés peu de temps auparavant. Le comte de Vergennes , ministre des affaires étrangères, rentré chez lui, dépêcha des courriers extraordinaires aux ambassadeurs et aux ministres de France dans les cours étrangères, pour leur faire part de cette nouvelle. Tous ces courriers partirent dès le soir, et moins de trois heures après l’accouchement de la Reine. Les autres ministres ont également fait part de cette nouvelle dans leurs départements. Le lendemain , les princes du sang ont complimenté le Roi à ce sujet. »

Le 24 mai suivant, la Reine vint à Paris, en grande pompe, faire ses dévotions à Notre-Dame, c Le Roi lui qpait accordé que les deux régiments des gardes françaises et gardes suisses bordassent la haie, depuis la porte de la conférence, où elle a pris ses carrosses, jusqu’à Notre-Dame et Sainte-Geneviève. Elle a d'abord remercié Dieu de la naissance du duc de Normandie, et, par une dévotion particulière à la patronne de Paris, s’est réunie aux prières publiques pour demander à Dieu la fin de la sécheresse. Elle est revenue dîner au château des Tuileries. Le canon des Invalides, de la Grève et de la Bastille a tiré, et le petit bâtiment le Daui>hin a fait feu des deux bords. L aprèsmidi, Sa Majesté est allée à l’Opéra voir Panurge, avec Madame Élisabeth ; ensuite souper au Temple chez M. le comte d Artois.... Il n y a point eu do : « Vive le roil Vive la reine! » durant tout le cours de la marche de Sa Majesté, ce qui l’a sensiblement aflligée. Elle a été très-applaudie, au contraire, à l’Opéra, et a répondu à ces acclamations par des révérences plus multipliées et plus gracieuses encore que de coutume. » {Mémoires de Bachaumont.)

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NOTES

Le premier enfant de Louia XVI fut une 6lle. Dne dame de la cour, la comtesse de Bussy, femme d’un grand esprit et, ii l’exemple de la comtesse de Boufilers, de la maréchale de Mirepoix et de la marquise de Maupeou, un peu poUte, avait, lors de la première grosscsM de la Reino, annoncé la naissance d’un dauphin. Sa prophétie ne se réalisa pas, et, le jour où la Reine lui en Gtdes reproches, elle répondit par l’impromptu que voici :

Oui, pour fée étourdie à vos traits je me livre;

Mais si ma prophétie a manqué son effet,

II faut vous l’avouer, c’est qu’en ouvrant mon livre J’avais, puur le premier, pris le second feuillet.

Dans CO temps où les productions faciles de l’esprit recevaient toujours bon accueil, chacun se mêlait un peu de poésie. A en croire le marquis do Fulvy, lui aussi poëte, et poète du meilleur ton et du meilleur goût, un paysan do sa terre, située en Bourgogne, non loin do Monlbard, aurait fait, ù l’occasion des couches delà Reine, le couplet suivant .

De Louis et d’Antoinette

C’ qui nous vient est toujours bon ;

Not’ emur a ce qu’il souhaite,

Que ce soit 8Ue ou garçon ; .

Frèr’ com’ sœur, et sœur com’ frèr’ ,

C’est un enfant à chérir :

Tous du côté d’ père et d’ mère,

Pour être aimés, ont d’ quoi tenir.

Note k, p. 190. — Celte lettre est la dernière do ce recueil qui soit adressée à Guencau de l|ontbeillard. Au commencement de l'année 1785, il souffrait déjà du mal dont il mourut quelques mois plus tard. Buffon a dit en partant do l’amitié ; c C’est de tous les attachements le « plus digne de l’homme et le seul qui ne le dégrade point ; l’amitié n’é-

mane que de la raison , l’impression des sens n’y fait rien; c’est l’âme de son ami qu’on aime, et pour aimer une âme i^faut en avoir une, il faut en avoir fait usage, l’avoir connue, l’avoir oomparée et trouvée de niveau à ce que l’on peut connaître de celle d’un autre. » En traçant ces lignes, Buffon songeait à la douceur des liens qui l'unirent à Gueneau de Montbeillard ; la constance de ce solide attachement ne se démentit jamais. ,

Buffon apportait dans l'amitié toutes les vertus sérieuses de son grand caractère; il était ami sûr, tendre, compatissant et dévoué. Le meilleur et le plus incontestable témoignage de ce sentiment, qni dément la sécheresse prétendue de son coeur, est dans la constance et la profondeur des affections qui se groupèrent autour de lui. Leprési-

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