ACTE DE DÉCÈS DE BUFFON
L’an mil sept cent quatre-vingt-huit, le dix-huit avril, a été présenté en cette église le corps de messire Georges-Louis Leclerc, chevalier, comte de Buffon, seigneur de Montbard, marquis de Rougemont, vicomte de Quincy, seigneur de la Mairie, les Harens, les Berges et autres lieux. Intendant du Jardin et des Cabinets d’Hisloire naturelle du Roi, l'on des quarante de l’Académie française, trésorier
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perpétue) de l’Académie royale des sciences , membre des Académies de Berlin, de Londres etde Saint-Pétersbourg, de l'Institut de Bologne, de Florence et d’Édimbourg, de Philadelphie, de Dijon, etc., etc. Veuf de '* décédé d’avant-hier en
l’hôtel de l’Intendance du Jardin du Roi, égé de quatre-vingt-un ans; lequel corps a été présenté é nous curé soussigné, pour après le service solennel célébré dans cette église, élre transféré à Monlbard, diocèse de Langres ; ladite présentation faite en présence de messire Georges- Louis-Harie, comte de Buffbn, gouverneur de Montbard, capitaine au régiment deSeptimanie (cavalerie), son flis, de M. Geoiges-Louis- Nicolas, vicomte de Saint-Belin, officier an régiment de Bourbon (dragons), de messire Louis-Alexandre de La Rochefoucauld, pair de France, do l’Académie royale des sciences, de M. Claude Thiard de l’Académie française, etc., de messire Ëlienne-François Turgot, marquis de Soumont, etc., etc., de messire Mari&Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, secrétaire perpétuel de l’Académie royale des sciences, membre de l'Académie française, de messire Mathieu Tillet, chevalier de l’ordre du Roi, trésorier perpétuel de l’Académie royale des sciences, et autres soussignés.
Büffon, Saint-Belin, le duc de La RocHEFOUCAinj) , Bissv.
Le marquis de Condorcet, Turgot , Tillet.
DE Fenotl , Jeaurat.
Dubois, curé de Saint-Médard.
[Archives de l’hôtel de ville de Paris, paroisse Saint-Médard, folio 40 au verso.)
PROCÈS-VERBAL D’iNHUMATION .
Deux jours après avoir été présenté à l’église Saint-Médard , le corps de Buffon arrivait à Montbard pour y être déposé dans la chapelle seigneuriale, à la place qu’il avait pris soin de désigner lui-méme.
Les registres de la paroisse Sainte-Urse de Montbard contiennent le procès-verbal de son inhumation ; il est ainsi conçu :
c Messire Georges-Louis Leclerc, chevalier, comte et seigneur de
' Sur l’original, le nom de la femme de Butfon, Marie-Françoise de Saint-Belin, a été laissé en blanc.
•' C’est Claude de Thiard, plus connu sous le nom de comte de Bissy (voy. la Biographie uniterselle) ; il signe Bissy.
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Buffon, Quincy-Ie-Vicotnle, Rougemont, et autres lieux, de l’Académie frantaise, de celle royale des Sciences et autres, Intendant du Jardin du Roi et du Cabinet d'ilistoire naturelle, à Paris, décédé audit Jardin du Roi, 15 du présent mois d'avril 1788, après avoir été présenté à son église paroissiale de Saint-Médard, le surlendemain 18, a été inhumé par moi, curé sonssigné, le 20 du même mois, dans le caveau de sa chapelle de l'église paroissiale de Sainte-Urse, à Monlbard. A ses obsèques ont assisté messire Georges-Lx>uis-Marie Leclerc, chevalier, comte et seigneur de BufTon, Quincy-Ie-Vicomte, Rougemont, et autres lieux, capitaine au régiment de Septimanie, son fils; messire Antoine-Ignace do Sainl-Belin, chevalier, ancien capitaine au régiment de Navarre, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, seigneur d’Étaye, beau-frère dudit sieur comte de Buffon; messire Georges-Louis-Nicolas de Saint-Belin, chevalier, officier au régiment de dragons de Bourbon, neveu dudit seigneur comte de BufTon ; messire Benjamin-Edme Nadault, conseiller au parlement do Bourgogne, beau-frère dudit seigneur comte de Buffon; messire Bernard du Corail, officier au régiment de Lorraine (infanterie): les officiers de la justice de Buffon, Quincy-le-Vicomte, et autres lieux ; M. François-Pierre- Harie Gueneau de Mussy, écuyer, maire et lieutenant général de police de la ville do Montbard, et chevalier de la châtellenie de ladite ville, ainsi que les échevins, magistrats, officiers du grenier à sel, chevaliers de l’arquebuse , notables, ecclésiastiques de ladite ville et du voisinage, soussignés avec nous gouverneur de la ville de Honlbard. i
Pendant la Révolution, la sépulture de Buffon fut violée ; on prit, pour en faire des balles, le plomb qui garnissait son cercueil.
A la nouvelle de ce qui s’était passé à Montbard , la Convention nationale fit écrire à la municipalité la lettre suivante :
« UnERTé, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ.
« COUITÉ d’instruction PIBLIQUE.
• A TARIS, CE 4 VENTOSE, AN DEUXIÈME DE LA RÉPUBLIQUE B.XE ET INDIVISIBLE.
c Citoyens,
« Le comité a été instruit que la commune de Montbard s’est emparée du cercueil de plomb dans lequel étaient renfermés les restes do Buffon. Cet acte, auquel elle s’est crue autorisée pour l'exécution littérale de la loi, pourrait être interprété défavorablement par les mal-
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veillants, qui cherchent chaque jour de nouveaux prétextes pour calomnier notre sublime Révolution; l’enlèvement tlo ce plomb, destiné à foudroyer des hordes do barbares, pourrait être présenté comme une violation des cendres d'un homme que l’Europe compte parmi ses plus célèbres naturalistes. C’est à la commune à prévenir la calomnie; le comité vous invite, en conséquence, à placer sur la tombe de BufTon , avec quelque solennité, une simple pierre qui prouvera le respect que vous avez pour sa mémoire.
» ViLLAns, secrétaire. »
(De la collection de M. H. NailaiiU denufTon. — Publiée en 1815 dans la Revue archéologique, article : Uonblard et Buffon.)
Les instructions de la Convention ne furent pas suivies, et lorsqu’on 18s5, dans des circonstances bien tristes pour la famille, le caveau fut de nouveau ouvert, on trouva le corps de BulTon dans le cercueil provisoire où il avait été alors placé.