‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 14 sur 133 · A M. DE VAINES · texte numérisé non relu

A M. DE VAINES

UontLard, le 10 septembre 1778.

Qu’on serait heureux, monsieur, quand on a le petit malheur d’être auteur, si l’on ne donnait ses livTes qu’à des gens qui savent en juger', je ne dis pas comme vous, monsieur, dont le discernement est excellent, mais comme je voudrais au moins être jugé, avec justice et bonne foi ! Et cependant rien n’est si rare. Je ne vois que des éloges outrés ou des critiques injustes, et quoique votre lettre soit trop flatteuse, comme vous tirez du fond des choses tout ce qu’elle contient d'éloges, je vous en fais mes très-sincères remercîments , en attendant que j’aie l'honneur de vous voir cet au-

DE DUFFON.

tomne et de vous donner le cinquième volume des Suppléments’, que vous trouverez peut-être plus intéressant que le quatrième.

J’ai l’honneur d’étre avec un respectueux attachement, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Buffon.

(Tirée des archives de la Bibliothèque impériale, et publiée par U. Flourens.)

A GUENEAÜ DE MONTBEILURD.

Montbard, le 11 septembre 1178.

Mon très-cher bon ami, je suis pénétré de reconnaissance de tout ce que vous avez la bonté de Êiire pour moi. Vos premiers vers étaient d’un cœur sublime, et les derniers sont d’un esprit charmant*. Je ne crois pas que vous ayez jamais gâté personne, et vous ne voudriez pas commencer par votre meilleur ami. Je reçois donc vos éloges sans m’en enorgueillir; je les reçois comme les sentiments précieux de votre estime, qui fait la partie la plus essentielle de mon bonheur.

Nous sommes ici tous très-inquiets de la santé de Mme de Montbeillard. Assurez-la de mon tendre respect, et de la part que j’y prends en mon particulier.

Je crois que M. Deshayes* doit avoir actuellement son brevet, que j’avais fait expédier avant mon départ de Paris, et que M. Daubenton le jeune s’est chargé de lui envoyer; mais cela n’empêchera pas qu’à mon retour dans ce pays-là je ne lui écrive pour lui marquer notre satisfaction des notes et des mémoires qu’il a bien voulu nous communiquer.

Bonsoir, mon bon ami. Voilà un bon temps pour les vendanges de Chevigny ; vousvoyez que nous y pensons d'avance.

Buffon.

(Inédite. — De 1a collection de Mme la baronne de La Freana;e.)

GCXXII

A MADEMOISELLE IIIÎLEXE BEXON*.

Mombard, le D'octobre 1778.

Je vous prie, ma charmante enfant, de faire ma paix avec le méchant abbé, qui me gronde de ce que je ne lui écris pas, tandis que j'ai mille fois plus de torts avec vous, mademoiselle, et vous êtes assez bonne pour ne pas vous en plaindre. Vous verrez combien je vous en sais de gré lorsque je serai de retour, et je compte que ce sera avant la fin de ce mois. Mille tendres respects à votre chère maman, et mille amitiés, avec ces paperasses, à noire cher abbé, en attendant que j’aie l’honneur de lui écrire. .

• Büffon.

(Publiée par François de Neufehâtean et par M. Flourens.)

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