A M. DE GRIGNON
catvAUiB sa L'OROaa nu aoi, conRESPOsoAiiT sa L'acADÉiiia DES SCIENCES.
Uontbard, le 8 octobre 1778.
M. de Tolozan', monsieur, a passé quatrejours à Montbard, et il a dû vous écrire que nous vous avions regretté. Il a voulu voir M. votre fils, et lui a témoigné tous les sentiments d’estime et d’amitié que vous méritez. Il lui a fait une exhortation i Laquelle je me suis réuni, pour lui faire sentir qu’il doit se conduire de manière à ne vous pas déplaire; et il nous a paru par ses réponses que nous avons au moins réussi i le faire dilférer sur un établissement que vous n’approuvez pas. 11 se propose d'aller vous voir à Saint-Dizier lorsque vous y passerez; mais avec cela je crains fort qu’il ne per-
siste dans son projet, car il a loué une maison à Rougemont, et les habits de noce sont déjà, dit-on, tous achetés, et il soutient de plus qu’il n’est pas possible de renouer le ma- * riage projeté*.
iM. de Tolozan a dû vous écrire pour vous engager, monsieur, à revenir à Paris plus tôt que vous ne comptiez, et je crois en effet que cela est nécessaire pour avoir le temps de faire vos rapports au conseil et donner de la solidité à votre commission. D'ailleurs je serais très^ise que vous fussiez Paris pendant les mois de novembre et de décembre; car je pars d'ici le 25 ou le 26 de ce mois pour n’y rester que jusqu’à Noël, et, quelques affaires que vous puissiez avoir dans la province, je crois qu’il faut préférer celles de Paris.
Je vous remercie des informations que vous me donnez au sujet des mines de charbon de terre du Dauphiné. Je vois avec regret qu’il n’y aura guère moyen d’en tirer parti. Il faut espérer qu’on sera plus heureux dans la mine de Vassy, dont nous aurons incessamment la concession, et où j’ai dit à ' M. de Tolozan que vous seriez le maître de l’inspection des travaux. A'ous voyez, monsieur, que ceci presse encore votre retour, et que par toutes sortes de raisons vous ferez bien d’arriver à Paris le plus tôt qu’il vous sera possible.
J’ai l’honneur d’être avec tout attachement, monsienr, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Buffo.x.
(Inédite. — Appnrtient à M. de Grignon, qui s biqa touIu nous en donner communication.)
CGXXIV
A QUENEAU DE MONTBEILLARD.
Au Jardin du Roi, le B janvier 1779.
J’étais déjà informé, mon cher bon ami, du décès de M. Potot de Montbeillard', et, quoique ce ne soit qu'une quene
CORRESPONDANCK
de mort, je n’en suis pas moins affligé. Nous travaillons à obtenir un traitement honnête pour sa veuve et ses enfants.
• M. le comte de Maillebois s'y porte de très-bonne grâce, et ce ne sera pas notre faute s'ils ne sont pas bien traités.
Voilà les beaux coucous finis. Snivenl trois articles de ma composition; après quoi l’on imprimera vos huppes et guêpiers, que j’ai trouvés très-bien , comme tout ce qui sort de votre plume. Les têtes-chèvres et hirondelles finiront le volume.
Vous vous êtes aperçu, mon bon ami, que dans le quatrième volume on a très-mal à propos*transposé réciproquement le verdier à la place du bruant. C’est une fauté dont il faut tenir note pour en faire mention àl’errata du cinquième volume, dont les gravures sont presque achevées, et qui doit par conséquent se publier bientôt.
Mon rhume, qui me retient depuis un mois en chambre, est diminué depuis que le froid est augmenté. Cependant, comme nous avions ce matin sept degrés et demi, je n’ose encore m’exposer à prendre l’air; mais dès qu’il s’adoucira, j’irai le respirer sur la montagne de Montbard. .Mon fils vous assure de son respect et fait ses compliments à son camarade d’il y a dix ans*. Permcttez-moi de l’embrasser comme notre camarade d’aujourd’hui. J’écris un mot à ma bonne amie sur la perte qu’elle vient de faire.
Büffon.
(Inédite. — De la collection de Urne la baronne de La Frcsnaye.)
CGXXV
A MADAME GUENEAÜ DE MONTBEILLARD.
Au Jardin du Roi, le 5 janrier 17î9-
Si je pouvais, madame et bonne amie, tempérer votre affliction en la partageant, je serais moi-même soulagé d’une
partie du chagrin que je ressens de la perte que nous venons de faire. Je joins mes sollicitations à celles de tous ses amis pour que les pauvres enfants soient un peu bien traités, et j’ai quelque espérance que nous réussirons. J’écris par ce même courrier à votre cher mari, et je lui marque que je serai dans peu à Montbard. J’espère que j’aurai le bonheur de vous voir tous deux et de vous renouveler les sentiments de tout l’attachement et du respect avec lesquels je serai toute ma vie, ma très-chère madame, votre très-humble et trèsobéissant serviteur.
Büffon.
(Inédite. — De la «lUecÜon de Urne U baronne de La Fresnaje.)
GGXXVI