‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 20 sur 133 · CCXXXVIII · texte numérisé non relu

CCXXXVIII

A GUENEAU DE MONTBEILURD.

Monlbird, le 7 janvier 1780.

Mon intention , cher bon ami , est de garder M. Guillebert ' encore au moins deux ans , et quatre s’il est possible. Je ne sais d’ailleurs s’il voudrait entreprendre une autre éducation. J’ai quelques raisons d’en douter; au reste, il est assez avancé en mathématiques et très-instruit en littérature. Si M. le comte de Bissy attend cinq ou six mois, les circonstances pourront peut-être changer.

Vous trouvez donc, mon très-cher ami, que je n’ai pas mal pétri ma terre végétale? Elle était vierge et en valait la peine. Ce que vous m’en dites me fait le plus grand plaisir, et je vous remercie mille fois de l’attention avec laquelle vous avez la bonté de me lire.

Boffon.

(Inédite. — Communiquée par M. Léon de Montbeillard à M. Beaune, qui a bien voulu, & son tour, nous en donner connaissance.)

AU PRÉSIDENT DE RUFFEY

Montbard, le 12 janvier 1780.

C’est depuis environ soixante ans que nous nous aimons, mon très-cher Président, et j’espère que nous signerons encore 1800 comme 1780. Votre santé est bien plus ferme que la mienne. Cependant je vais; et tout homme sage doit croire qu’il vivra cent ans : il vaut mieux se tromper de cette façon que de toute autre. Ce que j’en sais de plus certain, c’est que je ne cesserai jamais d’avoir pour vous les mêmes sentiments que vous m’avez toujours connus.

DE BÜFFON,

J’ai cru vous avoir marqué que M. et Mme Necker n’avaient pas voulu acheter la terre de Montfort , parce qu’ils auraient été forcés d’y bâtir. La mort de Mme de Bouzonville< ne change-t-elle rien à votre projet pour cette vente? Êtesvous toujours décidé à vouloir plus de cent mille écus? Je crois que vous aurez de la peine à trouver ce prix.

A propos de H. Necker, il vient de jouer un assez bon tour aux Anglais; il a pris en emprunt des Hollandais 40 millions en effets sur la banque d’Angleterre. Les Anglais n’ont pas osé ne pas payer, crainte de faire banqueroute ; c’est, comme vous le voyez , tirer de l’argent de ses ennemis. Dieu veuille qu’on l’emploie avantageusement contre eux!

Mille tendres respects à Mme de Ruffey, et recevez les assurances de l’éternel attachement avec lequel j’ai l’honneur d’être , mon très-cher Président, votre très-humble et trèsobéissant serviteur.

Le comte de Büffon.

(iDidite. — Oe la coUeotion de H. le comte de VeaTTOtte.)

A L’ABBE BEXON.

Uontbard, le 20 janvier t780.

J’al reçu, mon très-cher monsieur, votre lettre du 14 de ce mois, et je désirerais bien que votre santé fût meilleure. M. Panckoucke, qui vient de passer un jour ici , m’a dit que votre rhume continuait, et j’en suis inquiet. Vous me ferez donc grand plaisir de m’en écrire un mot. Je vous conseillerais même de cesser tout travail. J’ai presque été obligé de discontinuer le mien pour un seul accès de fièvre ; ainsi ménagez-vous , je vous en prie; nous aurons toujours de quoi occuper l’Imprimerie royale. Je vous envoie ci-joint l’avertissement qui doit être mis à la tête de notre septième volume des Oiseaux • ; je crois que vous serez content de la manière

dont j’y parle de vous; œpendant voyez, moucher monsieur, si vous désirez encore quelque chose de plus. M. üueneau de Montbeillard a vu cet avertissement, et c’est par cette raison qu’il ne faudrait y rien changer. Cependant dites-moi naturellement si vous êtes aussi content que je le désire.

Vous trouverez aussi dans ce paquet votre article du pailleen-queue, avec assez peu de corrections; c’est un de ceux que vous avez le mieux écrits, et je m’aperçois de plus en plus que chaque jour vous vous -perfectionnez, et que la belle imagination ne vous abandonne guère. J’ai fait part à M. Panckoucke de l’ennui que me donne ce malheureux volume des quadrupèdes , qu’il faut refondre en entier. Quatre mois de mon séjour ici me sufQront à peine pour cette sotte besogne, et, après cette perte de temps, l’ouvrage ne vaudra encore rien ; car ce ne seront que des compilations , des copies de choses déjà données, et qui auraient été toutes neuves si je les eusse publiées il y a quatre ans. Je suis convenu avec M. Panckoucke qu’on imprimerait ce volume d’abord après mon retour à Paris. Nous avons compté qu’il y entrerait soixante-dix planches; et, comme M. Desève nous lanternerait peut-être pendant plus d’un an pour les faire graver, je suis convenu avec M. Panckoucke d’envoyer à M. Plassan vingt-huit dessins qu’il donnera à M. Bénard pour les faire graver à l’insu de M. Desève*, auquel je vous prie de n’en rien dire. C’est le seul moyen de pouvoir publier promptement ce volume, qui n’aura guère que trois cent soixante pages de discours; et j’enverrai en effet incessamment ces vingt-huit dessins à M. Plassan*.

Quand vous irez à l’Imprimerie royale, demandez, je vous prie , mon cher abbé :

1° Les bonnes feuilles du septième volume , qui me manquent depuis la page 424.

2* Dites à M. Mandonnet d’envoyer à M. Gueneau de Montbeillard les épreuves de la table des matières du sixième

volume , comme il lui envoyait précédemment les épreuves des articles de sa composition.

3' De m’envoyer à moi-môme les épreuves de la table du septième volume et celles de l’avertissement et de la table des chapitres. Il faudrait être entièrement quitte de ce septième volume avant de commencer le huitième. Ne négligez'pas, je vous supplie, de voir M. Desève , pour que les gravures de ce septième volume ne nous retardent pas trop longtemps , et vous me ferez plaisir de me mander où nous en sommes à cet égard.

Lucas m’a envoyé votre récépissé; ainsi cette petite affaire est en règle. Je vous embrasse , mon très-cher monsieur, et je voudrais bien vous embrasser ici.

Voilà aussi une lettre qu’on m’a adressée pour vous.

P. S. — Voilà une lettre de .M. Bâillon *, que je vous prie, mon cher monsieur, de lire avec M. Daubenton le jeune, et de lui faire de concert une très-honnête réponse.

(Publiée par François de Neufch&teau et par M. Flourens.)

Page 1