‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 28 sur 133 · A M. JUILLET · texte numérisé non relu

A M. JUILLET

Montbard, le 22 octobre 1781.

Monsieur,

L’honnéteté et la confiance avec laquelle vous avez la bonté de me faire part de votre avis au sujet de la répartition des impositions pour les presbytères, mérite assurément toute ma reconnaissance, et, de quelque manière que le Conseil puisse décider, je n’en resterai pas moins persuadé que votre avis est de la plus grande équité. Je ne conçois pas même qu’on puisse en avoir un autre. Les bois appartenant au Roi, soit qu’ils soient dans sa main ou aliénés avec redevance, doivent être imposés comme les autres terres du domaine, ou bien les terres et les bois des particuliers ne doivent pas l’être. Je suis persuadé, monsieur, que si vous insistez, cet avis si juste et si raisonnable prévaudra. Je voudrais même, s’il était possible, y joindre mes faibles sollicitations. Je vais à Paris dans trois semaines; j’en parlerai pour mon compte, et sans m’autoriser de votre lettre, à M. Joly de Fleury ' et à M. de Forges ’. La décision contraire n’est venue, comme nombre d’autres, que du zèle des administrateurs des domaines, qui, ayant malheureusement part au produit des revenus domaniaux, cherchent à les augmenter par tous moyens; cependant la justice réclame, et je vois avec la plus grande satisfaction que vous en êtes ici l’organe. Cette haute qualité m’inspire les sentiments de la plus grande estime, et c’est avec le respect le mieux fondé que j’ai l’honneur d’être, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Le comte de Buffon.

(Inédite. — Conservée aux archives du département de la Céte-d’Or, et eonunuuiiiuée par H. RMsignoL)

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