‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 30 sur 133 · CCLXXVII · texte numérisé non relu

CCLXXVII

A MADAME DAUBENTON

Au Jardin du Roi, le 22 janvier 1782.

On fait au premier jour de l’an un nouveau contrat avec la vie ; mais avec un ancien ami il n’est pas besoin de faire un pacte nouveau, et tous les jours sont égaux quand les sentiments sont toujours les mêmes. Aimer constamment est une rare vertu ; apprenez de bonne heure cette morale à la jolie Betzy. Vous m’avez fait grand plaisir de me donner de ses nouvelles ; je la baise et vous embrasse bien sincèrement.

La fête d’iiier* s’est passée sans tumulte et sans accident, grêce aux grandes précautions qu’avait prises M. le lieutenant de police. La reine est embellie de sa Couche*; un üauphin’ produit gloire et santé. Sa première couche avait un peu flétri sa beauté, et celle-ci paraît l’avoir augmentée.

J’écrirai dans quelques jours à mon frère. Faites-lui mes amitiés ainsi qu’à M. et à Mme Nadault*. Mon fils vous assure tous de son respect. Adieu, ma très-chère amie, je crois que je ne tarderai pas plus de six semaines à jouir du plaisir de vous revoir.

Büffon.

J’oubliais de vous dire que les observations sur les cygnes me sont arrivées trop tard. Je n’ai pas répondu dans ce temps à votre cher oncle*, parce que j’espérais pouvoir les employer; mais malheureusement les bonnes feuilles de cet article du cygne étaient entièrement tirées. Au reste, ses observations s’accordent assez bien avec celles que J’ai recueillies d’ailleurs. J’écrirai au premier jour au cher oncle , pour le remercier d’une lettre charmante qu’il a eu la bonté d’écrire à mon fils. Adieu, très-chère amie; dites quelque chose pour moi à votre ctière tante, qui est aussi une bonne amie.

(De la collection de U. Henri Nadault de BulTon. — Publiée par H. Flourena.)

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