‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 40 sur 133 · ÉCUYER DE LK REINE · texte numérisé non relu

ÉCUYER DE LK REINE

Monthard, le 30 juillet 1783.

Je suis très-sensible, monsieur le marquis, à l'intérêt que vous avez eu la bonté de prendre à ma maladie. Je ne suis pas encore parfaitement rétabli ; mais j’espère qu’avec du ménagement mes forces, que j’avais perdues, reviendront autant que mon âge le permet. Mon fils est à Paris, et je ne crois pas qu’il puisse obtenir un congé, à cause du voyage du Roi à Fontainebleau’, qu’on dit être décidé. Mille tendres respects à Mme la marquise de Genouilly et à vos aimables enfants. Je voudrais bien que ma santé me permît d'aller vous voir tous à votre charmante habitation ; mais je n’ose l’espérer, et je me borne à penser que vous voudrez bien me faire l’iionneur de venir ici lorsque vos affaires le permettront , personne ne vous étant plus sincèrement et plus respectueusement attaché que je le suis.

Buffon.

(Inédite. — Communiquée par Mme Morel.)

CORRïTSPONDANGE

AU PlU^SIDENT DE RUFFEY.

Montbard, le 3 août 1783.

J’ai reçu vos deux lettres, mon très-cher Président, et j’ai Fhonneur de vous renvoyer la petite charge que vous m’aviez laissée. J’ai des remercîments inlinis à vous faire de l’exactitude avec laquelle vous avez eu la bonté de faire mes commissions et de toutes les marques d’amitié que vous m’avez témoignées pendant votre séjour à .Montbard. Je désire que ces occasions de vivre avec vous se renouvellent souvent. J’ai fait part de votre épigramme, qu’on a trouvée piquante et vraie, et tout ce que vous faites et dites portera toujours ce cachet de vérité. .Mes respects, je vous supplie, et ceux de Mme Nadault à Mine de RulTcy : nous regrettons fort qu’elle ne vous ait point accompagné dans votre petit voyage.

J’ai l’honneur d’étre, avec un sincère et resjicctueux attachement, mon cher Président, votre très-humble et trèsobéissant serviteur.

Buffon.

(Inédite. — De la cotleclion de M. le comte de.Ve.iTrotte.)

A L’ABBÉ BEXO.N.

Montbard, le 17 août 1783.

Je conçois, mon cher monsieur, toute l’étendue de votre douleur. Je ne connais personne qui aime autant ses parents, et je vois, par l’extrême tendresse que vous avez pour votre digne mère , combien la perte d’un bon père doit vous être sensible'. Votre lettre m’a touché jusqu’aux larmes, et je voudrais bien pouvoir vous donner quelque consolation. I.a

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distraction vous serait peut-être nécessaire, et vous pourriez, mon cher ami, lorsque les oiseaux seront finis, venir passer quelque temps auprès de moi. Je crois que mon fils pourra bien obtenir un congé pour y venir dans le mois prochain, et il serait peut-être possible de vous arranger avec lui pour faire le voyage, en le prévenant que vous payeriez votre portion pour la poste , car il est toujours ruiné Je ne suis pas encore entièrement quitte des impressions d’une colique d'estomac qui m’a fort incommodé, et dont j’attribue la cause aux inquiétudes que m’a données la maladie de mon fils. Il ne faut pas le laisser partir avant qu’il ne soit parfaitement rétabli; il compte d'avance que ce sera j)Our le premier de septembre; mais tous mes amis me feront plaisir de l’engager à retarder de Imit ou quinze jours.

En remettant à l’imprimerie cette feuille, qui n’est venue qu’au bout de quinze jours , je vous prie de dire à Werkaven que je suis très-peu content de ce qu’il va si lentement sur ce second volume des minéraux, qu’il faut tâcher de finir dans le courant d’octobre , et cela sei’ait possible s’il voulait seulement donner deux ou trois feuilles par semaine.

J’ai fait votre commission auprès de Mme Daubenton, qui vous fait ses compliments. Elle n’a pas encore reçu réponse de Mme Necker.

Au reste , mon cher ami , je n’insiste pas sur ce que vous veniez à Montbard, parce que je sens que dans ces premiers temps votre respectable maman et votre aimable sœur ont besoin de se consoler avec vous ; faites-leur mes plus tendres amitiés , et soyez sùr de la part sensible que je prends à votre commune affliction.

Buffon.

(Publiùe par François de NeufehiUeau et par M. Flourens.)

CCGXVI

A M, LE COMTE DE BL’FFON

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