‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 46 sur 133 · CCCXXVIII · texte numérisé non relu

CCCXXVIII

A MADAME QUENEAU DE MONTBEILLARD.

Au Jardin du Roi, le 7 noTembre 1784.

Je suis enchanté, ma très-chère et rupeet&blt eammèrs, de notre nouvelle alliance'. Ce sont les seules noces qui conviennent à mon âge, et je vous promets üdélilé pour le reste de ma vie. Le succès a été complet, puisque l’aimable accouchée et sa bonne maman désiraient un Dis. Chargez-vous, je vous supplie, de mon compliment pour elles, et je prends en effet grande part à leur satisfaction. La mienne serait complète, si je savais notre cher bon ami en santé parfaite; mais puisque cette toux si opiniâtre est fort diminuée, il y a toute espérance qu’elle cessera et qu’il sera rétabli tout à fait. Je le désire plus ardemment que personne, et je vous supplie de m’en donner de temps en temps des nouvelles.

J’ai bien soutenu la fatigue du voyage pendant les deux premiers jours ; mais le roulement sur le pavé, depuis Fontainebleau jusqu’à Paris, m’a fait rendre du sang, et je vais rester dans ma chambre huit ou dix jours pour ne pas m’exposer à de pareils accidents sur le pavé de Paris, que je ne fréquenterai d’ailleurs qu’avec précaution et le moins souvent qu’il me sera possible.

J’ai signé hier, avec M. de La Rivière, le contrat d’acquisition de la terre de Quincy*; je vous serai obligé, madame, d’en informer M. l’avocat Labbé, qui a pris part à cette affaire.

J’ai fait vos amitiés à mes enfants ; ils m’ont chargé de vous en témoigner leur reconnaissance. Ma petite belle-Dlle est toujours dans un état de langueur qui me fait peine, et je ne crois pas qu’elle imite de si tèt les procédés de -Mme de Chazelles.

DE BÜFFON.

Adieu, ma très-chère et respectable commère, il m’est sans doute permis de vous embrasser aussi tendrement que je vous aime.

Le Comte de Butfon .

(Inédite. — De la collection de Mme la baronne de La Fresnaye.)

GCCXXIX

AU DOCTEUR HOUSSET

Au Jardin du Roi, le 17 janvier 1785.

Je reçois, monsieur, avec toute sensibilité, les marques d’amitié que vous avez la bonté de me témoigner, et je lirai avec empressement votre ouvrage dès qu’il sera publié'; je fais aussi des vœux pour votre santé. Vous avez bien du temps devant vous pour la rétablir ; cependant à tout âge il ' faut se ménager sur le travail d’esprit, et même sur l’exercice du corps. Je ne me soutiens, à mon grand âge, que par cette compen.sation accompagnée d’une constante .sobriété.

J’ai l’honneur d’être, avec une respectueuse considération, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Le comte de Buffon.

(Cette lettre a été publiée par le docteur Housset dans ses « Mémoires physiologiques et d'IIistoire naturelle, » t. II, p. 311 et 312.)

GGGXXX

A GUENEAü DE MO.\TBEILL.\RD.

Dimanche, le 6 février 1783.

Je vous écris, mon cher bon ami, au moment de la fête', afin d’en être aussi près qu’il m’est possible ; séparés par l’espace, on ne peut se rapprocher que par le temps. Comme

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