‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 53 sur 133 · DE BUI’EON · texte numérisé non relu

DE BUI’EON

parti, soit pour la gloire de notre ami, soit pour l’utilité présente.

Je suis toujours dans l’horreur des chicanes, et mécontent de ma santé. Je soutfre jour et nuit, sans cependant être plus mal que je ne l'étais en sortant de Montbard. Adieu, ma bonne amie; dites-moi si vous avez écrit au docteur* votre situation, et, si vous ne l'avez fait, écrivez et ne vous lassez pas de vous plaindre; cela est très-important*. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Buffon.

(Inédite. — De la collection de M. Henri Nadaiilt de Buflbn.)

A M. RIGOLEY

Au Jardin du Roi, le 9 mars i:86.

J’ai l'honneur de vous envoyer, monsieur, le billet que je viens de recevoir de M. Mesnard, intendant et administrateur des postes ', par lequel vous verrez que vous pouvez vous mettre en possession, quand il vous plaira, de la direction du bureau de Montbard.

Comme vous m’avez témoigné monsieur, que vous désiriez avoir mon buste’, je l’ai commandé, et on doit me le rendre ces jours-ci. Je vous donnerai avec le même plaisir la suite de mes ouvrages qui vous manque; mais il est nécessaire que vous me marquiez le nombre des volumes que vous en possédez, et s’ils sont in-4° ou in- 12, reliés ou brochés, afin que je puisse vous assortir d’une manière satisfaisante.

J’ai l’honneur d’être avec tout altachement, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Le comte de Buffon.

(luédite. — Commuuiquée paf Mme Morel.)

GCCLIIl

AU DOCTEUR HOUSSET

Au Jardin du Roi, le 15 mars 1*86.

Il y a déjà quelque temps, monsieur, que l’on m'a remis de votre part deux exemplaires très-bien reliés de votre ouvrage Sur les écarts de la nature'. J’en accepte un pour moi avec toute reconnaissance; mais il faut que vous ayez la bonté de me dire à qui vous destinez l’autre. Je n'ai tardé à vous libre réponse que pour prendre le temps de lire ce bon ouvrage; et c’est avec satisfaction que j’ai vu la justesse de votre discernement et la précision de vos observations, qui toutes sont fort intéressantes. Comme je vais passer la saison d’été à Montbard, je serais enchanté que vos occupations vous permissent de venir y faire un petit séjour’; j’aurais le plaisir de vous témoigner de vive voix les sentiments d’estime et de considération que vous méritez, monsieur, et avec lesquels j’ai l’honneur d’.étre votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Le comte de Buffon.

(Cetlo lettre a été publiée par le docteur Housset dans ses Mémoires physioloffiijiies et d’Uistoire rtalurelle, t. II, p. 31'i.)

A M. RIGOLEY

Au Jardin du Roi, le 22 mars 1786.

Je vois par votre lettre, monsieur, qu’il vous manque onze volumes in-4“ de mes ouvrages. Je viens de les faire prendre chez le libraire, et je vous les enverrai avec le buste, ou plutôt je les ferai conduire avec mes équipages lors de mon retour à Montbard, sur h fin du mois prochain. Ces volumes ne

seront que brocliés, parce que je ne connais pas la reliure des volumes précédents, et que d'ailleurs vous en avez deux qui ne sont que brochés.

M. .Mesnard m’a dit cpje vous feriez très-bien, monsieur, de vous mettre en possession et exercice du bui'eau de la poste, au premier avril prochain.

J’ai l'honneur d’étre, avec tout attachement, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Le comte de Buffon.

(Inédite. — Communiquée par Mme Morel.)

CGCLV

AU MÉ.ME

Au Jardin du Roi, le 14 avril 1786.

Je reçois, monsieur, votre lettre du 10 courant, et je vous remercie de l'honnéte service que vous avez bien voulu me rendre. Je renvoie par ce môme courrier le billet et le protêt à il. Guéi ard, notaire, en le priant d'aller lui-inénie à Seinur pour les remettre à M. Labbé fils mon procureur, et conférer de cette affaire avec M. Labbé avocat et M. Le Mulicr, qui sera de retour à Semur mercredi. J’ai oublié de marquer à M. Guérard de vous rendre, monsieur, les 3 livres 15 sous de frais que vous avez payés; mais je vous les rendrai moiméme à mon retour, ou bien, comme je pourrais les oublier encore, je vous prie de lui demander ces 3 livres 15 sous.

Comme mon départ est assez prochain, j’ai pensé, monsieur, qu’au lieu de vous envoyer à Joigny la caisse qui contient le buste et les livres, je pourrais vous en épargner le port en la joignant à mes équipages, qui partiront par le coche d’Auxerre avec mes gens, et je compte que ce sera sur la lin de ce mois ou dans les premiers jours de mai.

Je suis bien aise que vous ayez pris possession du bureau

de la poste, et je crois qu’en cette qualité vous ne payez point de port. Cependant, comme je n’en suis pas sûr, j’ai cru devoir contre-signer cette lettre.

Recevez mes remercîments, monsieur, et tous les sentiments du véritable attachement avec lequel j'ai l'honneur d’étre, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Le comte de Buffon.

(Inédite. — Communiquée par Mme Morel.)

GCGLVI

A M. THOUIN

Montbard, le 10 juin 1786.

J’ai reçu, mon cher monsieur Thouin, votre lettre en date du 5 courant, avec l’état des dépenses de la quinzaine échue le 3, ainsi que votre arrêté de compte, et le tout est parfaitement en règle. Comme il ne vous reste entre les mains que 225 livres 14 sous 4 deniers, j’écris à M. Lucas de vous remettre une somme de 2400 livres pour subvenir à la dépense des deux prochaines quinzaines.

Vous avez très-bien fait de donner à .AI. Lenoir les arbres qu’il désirait, et, lorsque vous aurez occasion d’aller le voir, je vous prie de lui renouveler les assurances de mon dévouement, et à Mme de Xanteuil celles de mon tendre respect. M. de La Millière', dont je vous envoie ci-joint la lettre, n’a fait aucune 'attention aux bonnes raisons et aux motifs que j’ai exposés dans le mémoire qui lui a été remis au sujet du pavement de notre rue*, et je ne crois pas qu’on vienne à bout de rien obtenir de AI. de La Alillière, à moins que .M. I^enoir no lui en fasse parler par AI. le contréleur général. Il faut, mon cher monsieur Thouin, tenir quant à présent ceci secret, afin de ne pas dégoûter AI. Boursier et les autres qui pourraient acquérir quelques parties de mon terrain.

Je VOUS remercie de ce que vous me mandez au sujet de la visite de M. l’Archiduc’. M. Daubenton m’a écrit qu’il était accompagné partout de M. d’Angeviller, qui aura sans doute ajouté quelques mots d’éloge à ceux que ce prince donnait à notre Jardin. J’aime beaucoup aussi l’iiistoiredu mari bourru, parla gaieté avec laquelle vous me la racontez.

Je pense qu’il est temps de faire travailler au mur de mon logement sur la nouvelle rue, et de le faire rabaisser comme nous en sommes convenus. Je vous prie d’en conférer avec M. V erniquet, qui me demande mes ordres à ce sujet. Je m’en rapporte à vous et à lui , et vous y mettrez le nombre d’ouvriers que vous jugerez nécessaire.

Quoique mon sommeil soit toujours interrompu quinze ou vingt fois par nuit, et que j’aie toujours des douleurs assez fréquentes, je ne laisse pas de conserver assez de force pour me promener matin et soir‘. 11 fait ici sécheresse al;solue, et nous épuisons l’eau de tous nos bassins et de nos puits.

Je vous réitère avec plaisir les sentiments de mon véritable attachement.

Le comte de Bcffon.

(Inédite, — Consenée dans les arcliivos du Muséum.)

A .M. DE FAUJAS DE SAINT-FO.NÜ

Monlbard, le 5 août 1786.

Je sens vivement, mon très-cher monsieur, combien je vous dois de reconnaissance de toutes les peines que vous avez prises pour mener à une bonne tin cette ennuyeuse et dangereuse affaire des charbons'. Je dis dangereuse, non-seulement pour M. de La Chapelle, mais pour moi-même, et je suis persuadé qu’il est, comme moi, très-reconnai.ssant de tout ce que vous avez fait. Il fallait, pour réussir, toute votre activité, votre droiture et vos lumières, et je suis persuadé

que l’ami Bergen aura concouru à faire avec vous quelque chose pour moi dans cette occasion. Je vous parle de lui, parce que c’est un homme que j’estime et dans lequel j’ai trouvé le double avantage d’un esprit net et d’un cœur droit. M. de La Chapelle est aussi un de ces hommes dont on peut faire un ami. Je n’ai pas reçu de ses nouvelles dejiuis mon séjour à Montbard, ou plutôt il ne m’a rien écrit sur cette affaire des charbons, et je voudrais savoir s’il est content. Pour moi, je serai très-satisfait si l'on me rend, comme vous me le faites espérer, les 12 000 livres que j’ai prêtées, sauf à perdre vingt-sept autres mille livresque j’avais fournies, comme intéressé dans cette affaire. Je sens que c’est à vous seul ([ue j’en aurai l’obligation et je vous en remercie d’avance, en vous assurant du désir que j’ai depuis longtemps et que j’aurai toujours de faire quelque chose qui puisse vous être agréable ou utile. Je ne puis vous répondre positivement de ce qu’il serait possible de faire; je m'en expliquerai avec vous à mon retour, et j’ai tout lieu de croire que je pourrai vous satisfaire, supposé que vous-même ne portiez pas trop haut vos esjiérances, qu’il faut jiroportionner à ma quittance’. Ce sera vers la fin d’octobre ou au commencement de novembre que je retourne à Paris. Je compte que j’aurai l’honneur et le plaisir de vous y voir plus souvent que dans votre dernier séjour. Je serai très-aise aussi de faire connaissance avec vos chers enfants. Je m’intéresse à tout ce qui vous touche, parce que je vous estime beaucoup et que je vous aime très-sincèrement.

Le comte de Buffon.

Voudriez-vous, mon cher monsieur, me faire le plaisir de rendre un petit service à un homme auquel je m’intéresse et dont je vous envoie le mémoire ci-joint? Si j’étais à Paris, je prierais M. Bergon de s’y intéresser. L’objet est si petit et la demande si juste, que j’en espère le succès.

(InéJitB. — De la coUeclion de M. de Faujas de Saint-Fond.)

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