‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 54 sur 133 · CCCLVIII · texte numérisé non relu

CCCLVIII

AU PRÉSIDENT DE RITFEY

Mombard, le 23 septembre 1786.

Vous m’avez fait un sensible plaisir, mon cher et ancien ami, de me donner des nouvelles de votre santé. Je suis bien aise qu’elle se soutienne mieux que la mienne, dont le mauvais état m’a empéché de vous répondre promptement. Mais combien ce que vous me dites de l’Académie me chagrine! Ou’il est fl'icheux de voir une telle scission dans une société qui ne peut remplir le but de son institution que par l’union de ses membres, et qui périra nécessairement, si la communion fraternelle qui doit régner entre eux est rompue! M. de Morveau peut avoir quelques torts; mais n’y aurait-il pas contre lui une animosité un peu trop grande de la part de l’Académie? Ne mettrait-on pas un peu trop de chaleur dans tout ce qui le concerne? Je crois, par exemple, que le logement qu’il réclame lui est dù. Dans toutes les Académies le secrétaire est logé, et il se sert ou dispose à son gré de l’appartement qui lui est destiné. Pourquoi l’.Académie de Dijon aurait-elle un usage contraire à celui de toutes les autres?- Je crois encore que M. de Moneau, beaucoup ])lus connu que M. Caillet', qui peut avoir du mérite, mais dont j’ignorais le nom , avait plus de droits que lui à la place de secrétaire ’. Quant aux quatre mille livres dont vous parlez, il faut savoir de quelle manière elles ont été données par les États, afin de se conformer aux vœux des donateurs*. Je ne peux donc rien prononcer là-dessus, parce que j’ignore la forme de la donation. Au reste, mon cher et ancien ami , vous qui prenez à cœur les intérêts de l’Académie, je vous invite de tout mon pouvoir à rétablir autant qu’il sera en vous la paix dans cette compagnie. Ce sera le meilleur usage que vous puissiez faire de l’influence que vous devez néces-

saircinent y avoir. Votre santé d’ailleurs en ira mieux, et cette seconde circonstance est le premier motif du conseil que je vous donne. Adieu , mon cher et ancien ami , je vous remercie de toutes les pièces de vers que vous m’avez envoyées, et je vous embrasse de tout mon cœur comme je vous aime.

(Inédite.— De la collection de M. le comte de VesTrotte.)

CCGLL\

A M. TllOUIN.

Montbard, le 18 octobre 1*86.

Vous avez très-bien fait, à votre ordinaire, mon cher monsieur Thouin, en donnant à Mme de .Matignon' les arbustes et les plantes pour la serre chaude de .M. le baron de Breteuil; et je suis persuadé qu’ils seront fort aises d’avoir été servis aussi promptement.

Je donnerai volontiers à .M. Leblond* des lettres de correspondant, lorsque je serai de retour à Paris. Vous pouvez, en attendant, lui donner la liste des {liantes et gi’aines que vous désirez qu’il nous envoie pour le Jardin.

11 ne faut pas négliger non plus l’alfaire de M. Uiéritier’, afin que le ministère d’Espagne n’ait plus aucune plainte à faire.

Le sieur Régnier désirerait savoir dans quel temps il serait néccs.saire d’aller à Paris pour placer sa mécanique .Mais comme elle est entièrement achevée, nous pourrions peutêtre le dis|ienser de ce voyage; c’est l’avis de M. Verniquet , et j'attendrai le vètre avant de rien faire dire au sieur Régnier, qui serait bien aise de jouir de la petite gloire de son ouvrage.

Adieu, mon très-cher monsieurïhouin, c’est toujours avec

une égale satisfaction que je vous renouvelle les sentiments de mon estime et de mon attachement.

Le comte de Buffon.

(Inédite. — Conservée dans les archives du Muséum.)

CCGLX

• AM. DE FAUJAS DE SAINT-FOND

Au Jardin du Roi, le 17 janvier 1787.

Arrivez, mon cher monsieur, du moins aussitôt que les belles oranges, que Je ne veux savourer qu’avec vous; arrivez, parce que votre affaire, pour vous rapprocher de moi', et dont j’ai déjà parlé, exige votre présence, et qu’elle ne peut se terminer sans prendre langue avec vous. Ne tardez donc pas, je vous en prie, et soyez bien persuadé de tous les sentiments d’estime et du véritable attachement avec lesquels j’ai l’honneur d’étre, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Le comte de Buffon.

(Inédite. — De la collection de .\I. de Faujas de Saint-Fond.)

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