CXIX
Note 1, p. 55. — Becherches sur /fs volcan» e feint» du ViVarais et du Velay, avec u« discours sur les volcans brûlants, des mémoires analytiques sur les schorls, la zéolithe, les basaltes, etc. (Paris, 1778, 1 vol. in-f", 20 planches.) Buflbn, qui cite souvent et avec éloges cet ouvrage, auquel il emprunte parfois des passages entiers, dit, en parlant de l’auteur : t M. do Faujas de Saint-Fond a très-bien observé toutes les matières produites par les volcans ; scs recherches assidues et suivies pendant plusieurs années , et pour lesquelles il n’a épargné •ni soins, ni dépenses, l’ont mis en état de publier un grand et bel ouvrage sur les volcans éteints, dans lequel nous puiserons le reste des faits que nous avons à rapporter, en les comparant avec les précédents. » {Histoire des minéraux.) — De» matières volcaniques. Ce livre fut le plus important des ouvrages de Faujas de Saint- Fond , celui dans lequel, sans trop s’en douter, il jetait les fondements d’une science toute nouvelle , la géologie. Cette branche importante des connaissances humaines n’avait pas de nom encore. L’illustré Haily devait bientôt en développer les principes et en faire ressortir l’intérét.
Note 1, p. 56. — M. do Vaines était en effet bon juge d’une œuvre d’esprit. Les positions élevées qu’il occupa successivement dans l’administration des Gnances ne le détournèrent pas du culte des lettres. Mme de Vaines, dont les Mémoires du temps nous ont laissé un charmant portrait, avait ouvert son salon à toutes les illustrations littéraires; un souper en réunissait chaque mardi l’élite à l’hôtel de Vaines, connu alors pour sa généreuse hospitalité. L'abbé Delille fut un des habitués de ces réunions choisies. Lors do son voyage à Constantinople, en 1785, il adressa à Mme de Vaines une lettre dans laquelle l’ordre de Malte est fort maltraité. Mme de Vaines eut l’imprudence d’en laisser prendre des copies, et l’Ordre fut sur le point do faire un mauvais parti à l’abbé indiscret. M. de Vaines a laissé plusieurs ouvrages; on a recueilli, en 1791, divers articles publiés par lui dans les feuilles du temps. Ses Observations sur le papier-monnaie, et une brochure ayant pour titre : De quelques mots qui ont produit de grands crimes, parurent en 1790. On lui attribua aussi une autre brochure politique, d’une violence extrême, dont le comte de
* ET ÉCLAIRCISSEMENTS
ff .
Lameth avait d’abord passé pour être l’auteur, et qui parut en 1789, sous ce titre : Sur les préoccupations politiques du temps.
Note 2, p. 57. — Le cinquième volume des Suppléments à FUistoire rtaturelle renferme le traité des Époques de la nature, dans lequel Buffon a refondu et appuyé sur dos preuves nouvelles son traité do la Théorie de la terre. Il avait soixante et onze ans lorsque parut ce nouveau volume de son grand ouvrage, dans lequel il s’est surpassé lui-même. Malgré son grand âge, son style a conservé touto sa force, son imagination tout son feu ; jamais sa plume n’a été plus élégante, jamais il n’a déployé plus de hardiesse et plus de logique que dans ce nouvel exposé de scs théories et de ses systèmes.
Au mois d’avril 1779, Grimm dans sa Correspondance littéraire, annonce en ces termes le nouvel ouvrage de Buffon (t. X, p. 169) ; < Nous possédons enfin l’ouvrage de M. de Buffon, qui nous avait été annoncé depuis si longtemps, ses Époques de la nature. De tous les écrits de cet homme célèbre, c’est celui qu’il prétend avoir médité le plus, celui qu’il semble avoir travaillé avec une prédilection toute particulière ; celui qu’il regarde lui-mémo comme le dernier résultat, le plus précieux monument de toutes scs études et de toutes ses recherches. Si le système établi dans cet ouvrage ne parait pas & tous ses lecteurs également solide, on avouera du moins que c’est un des plus sublimes romans, un des plus beaux poëmes que la philosophie ait jamais osé imaginer.... Lorsque M. de Buffon envoya la première ébauche de son système à l’Académie de Berlin, M. Euler lui fit observer que les géomètres ne manqueraient pas de lui objecter que, si la comète, en tombant obliquement sur le soleil, en eût sillonné la surface et en cù^fail sortir la matière qui compose les planètes, toutes les planètes, au lieu de décrire des cercles dont le soleil est le centre, auraient au contraire, à chaque révolution, rasé la surface du soleil , et seraient revenues au même point d’où elles étaient parties, comme fait tout projectile qu’on lancerait avec assez de force d’un point de la surface de la terre pour l’obliger à tourner perpétuellement. A cette objection M. de Buffon répondit que la matière qui compose les planètes n’est pas sortie de cet astre en globes tout formés, mais sous la forme d’un torrent dont le mouvement des parties antérieures a dù être accéléré par celui des parties postérieures ; que cette accélération de mouvement a pu être telle, qu’elle aura changé la première direction du mouvement d'impulsion, et qu'il a pu en résulter un mouvement tel que nous l’observons aujourd'hui dans les planètes.... Supposons qu’on tirât du haut d’une montagne une balle de mousquet et que la force do la poudre fut assez grande pour la pousser au delà du demi diamè-
NOTES
tre de la terre, il est certain que cette balle tournerait autour du globe, et reviendrait à choque révolution passer au point d'où elle aurait été tirée ; mais si, ati lieu d'une balle de mousquet, nous supposons qu'on ait tiré une fusée volante où l'action du feu serait durable et accélérerait beaucoup le mouvement d'impulsion, cette fusée, ou plutôt la cartouche qui la contient , no reviendrait pas au même point, comme la balle de mousquet, mais décrirait un orbe dont le périgée serait d'autant plus éloigné de lu terre, que la force d'accélération aurait été plus grande et aurait changé davantage la première direction, toutes thoscs éi^nt supposées égales d'ailleurs. J'ai entendu dire à M. de BuOfon lui-méme, que M. Euler voulut bien se contenter de cette fusée. Il n'est pas permis d'étre plus difScile que M. Euler, s