CC.XXXIX
Note 1, p. 75. — Mme de Bouzonville était la fille cadette de la baronne de La Foresl de Montfort, et la belle-sœur du président de RuITey.
Note 1, p. 75. — L'avertissement mis en tête du septième volume des Oiseaux est ainsi conçu ;
c Depuis quarante ans que j’écris sur l’histoire naturelle, mon zèle pour l'avancement de celte science ne s’est point ralenti; j’aurais voulu la traiter dans toutes ses parties, ou du moins ajouter à ce que j’ai déjà fait l’histoire des oiseaux et celle des insectes ; mais comme ces deux objets sont d’un détail immense, j’ai senti que j’avais besoin de coopéraleurs, et j’ai engagé mon très-cher et savant ami M. de Montbeillard, l’un des meilleurs écrivains de ce siècle, à partager ce travail avec moi ; il a rempli une partie do cette tâche pénible jusqu’au sixième volume do cette histoire des oiseaux : et désirant aujourd'hui s’occuper assidûment do celle des insectes, à laquelle il a déjà beaucoup travaillé, il m’a prié do me charger seul do ce qui restait à faire sur les oiseaux : ce septième volume, et les deux suivants qui termineront l’ouvrage, serontMonc tous trois sous mon nom; néanmoins ce qu’ils contiennent no m’appartient pas en entier, à beaucoup près. M. l’abbé Bexon, chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris, déjà connu par plusieurs bons ouvrages, a bien voulu m’aider dans ce dernier travail ; non-seulement il m’a fourni toutes les nomenclatures et la plupart des descriptions, mais il a fait de savantes recherches sur chaque article, et il les a souvent accompagnées de réflexions -solides et d’idées ingénieuses que j’ai employées de son aveu, et dont je me fais un devoir et un plaisir de lui témoigner publiquement ma juste reconnaissance.... >
Note 2, p. 76. — Desève et Bonard, graveurs employés à dilTôrentes époques par BulTon, pour dessiner les planches de son ouvrage. L’Histoire naturelle renferme pou de dessins du dernier, tandis qu’elle en contient un grand nombre dus au crayon de Desève.
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Note 3, p. 76. — Pla«san fut avec Panckoucke l'éditeur de l'Histoire naturelle ; dans les derniers temps de la vie de BufTon, mais surtout après sa mort, il demeura seul chargé du placement de ses ouvrages.
« Je viens de terminer ave*M. Plassan, écrit le 18 septembre 1790 M. Boursier au comte de Budon; il m'a dit qu'il s'était présenté chez lui le porteur d’un bon de M. votre père, pour se faire délivrer gratuitement un exemplaire complet in-4 de scs ouvrages; ce porteur est M. l'abbé Miller..,. M. Verniquet m'a témoigné le désir qu’il avait de compléter son édition in-4, qu’il a reçue de M. votre père.... > En 1796, le libraire Plassan, avec son associé Bernard, fit hommage au conseil des Cinq-Cents du premier volume d’une nouvelle édition des CEuvres de Montesquieu, dont il était l'éditeur, ainsi que du buste de ce grand écrivain. Cette démarche lui valut la clientèle du Conseil et la faveur du gouvernement.
Note 4, p. 77. — Emmanuel Bâillon, mort dans un ége avancé, en 1802, était correspondant du Cabinet du Roi. L'Histoire naturelle, où son nom est souvent cité avec éloges, lui doit un grand nombre d'observations sur les oiseaux de mer qui fréquentent les côtes de Picardie. Il a écrit l’histoire d’un oiseau rare nommé harnache, dont, suivant lui, BufTon n'a donné dans son livre que des notions imparfaites. Il excellait, en outre, dans la préparation des oiseaux destinés à figurer dans les collections. Le Cabinet du Roi lui dut des sujets fort rares, choisis parmi les oiseaux de mer et de rivage qui visitent les côtes de l’Océan. Chaque année, bien que le Jardin du Roi n'eùt pas encore de ménagerie, il envoyait à BufTon un certain nombre d’oiseaux vivants, que ce dernier faisait élever avec soin.
Note 1, p. 77. — Stéphanie-Félicité Ducrest de Saint-.\ubin, comtesse de Genlis, naquit le 25Janvier 1746 et mourut le 31 décembre 1830. La comtesse de Genlis eut pour BufTon une affection tendre et dévouée, qui dura autant que sa vie, et dont elle reporta une grande part sur le jeune comte do Buffon, après la mort de son père. La Harpe, qui, par un esprit de rancune auquel il cédait trop souvent, était devenu pour Mme do Genlis un critique aussi sévère qu’il avait été jusqu’alors un juge indulgent, dit en parlant de son admiration sans réserve pour l'auteur de l'Histoire naturelle ; t II ne faut pas l'on croire dans ses jugements littéraires, toujours dictés par la passion et l'esprit de parti ; et certes personne ne croira sur sa parole que M. do
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BuITod, dont le défaut est précisément d’avuir un style trop uniforme, soit beaucoup plus varié que Voltaire. Mme de Genlis n’était pas obligée, dans un livre de morale, d’assigner ainsi les rangs en littérature, et tout ce qu’elle nous apprend, c’est qu’elle n’aime pas du tout Voltaire, et qu’elle aime beaucoup M. de Buflbn, ce qui n’est ni fort instructif, ni fort intéressant, et ce qui surtout n’est point une excuse pour juger si mal tous les doux. «
L’amitié do Buflbn pour Mme de Genlis se refroidit jin moment; ce dernier, qui protégeait le chevalier de Bonnard et qui , avec l’appui du comte de Uaillebois (Voy. la note 2 de la lettre cm, p. 281), l’avait fait entrer au Palais-Royal, fut très-mécontent des procédés de Mme de Genlis vis-à-vis du chevalier. Le jour où elle fut nommée gouverneur des enfants du duc de Chartres, le chevalier de Bonnard demanda son congé, et Buflon eut quelque peine à pardonner à Mme de Genlis le tort qu’elle faisait à son protégé.
Je possède deux billets écrits par la comtesse de Genlis au Gis de Buflon ; le premier, à la date du 14 avril 1788, le jour même de la mort du grand naturaliste. Il est ainsi conçu :
« Souflrez, monsieur, que mes regrets et mes pleurs se mêlent aux vôtres. Celle que ce grand homme honora du nom de sa Qlle, et qui a pour vous l’attachement d’une sœur, a le droit de pleurer avec vous. Quand vous le pourrez, venez me voir un moment, mandez-moi le jour et l'heure, je serai seule. Vous trouverez un cœur aussi profondément touché que le vôtre. Noua parlerons de vos affaires; peut-être, par ma tante*, pourrais-je ne vous y pas être inutile. Je désire beaucoup aussi voir M. do Fuujas. Auriez-vous la bonté de le lui dire?
« J’ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble et très-obéissante servante,
« Ducrest-Sillery **. »
Un autre billet écrit par la comtesse de Genlis à Faujas de Saint- Fond peu de jours après la mort de Buflon , témoigne de la part qu’elle prit aux difficultés de toute nature qui vinrent soudainement assaillir le jeune comte de Buflon. Par Mme de Montesson elle s’employa activement pour assurer au Gis la survivance du père; de.s engagements avaient été contractés, et ses démarches furent inutiles; on aime cependant à savoir qu’elle les a entreprises.
i Mme de Sillery, écrit-elle, aura l’honneur de recevoir demain di-
* Mme de Montesson, mariée secrètement au duc d’Orléans.
•* Mme de Genlis prit successivement le nom de comtesse do Siüery, puis celui de Mme Brulard.
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manche, entre quatre et cinq heures, M. de Faujas, avec le plus grand plaisir. Elle sera de toutes les manières charmée de causer avec lui; et elle a môme quelque chose à lui dire de relatif à l’affaire qui doit intéresser si vivement tous ceux qui sont attachés à M. le comte de Buffon. Elle' remercie H. le comte de Buffon , le tils, de son aimable billet, et elle le prie de compter à Jamais sur elle comme sur la sœur la plus tendre, et qui partage du fond de l'àme tous ses intérêts, i
Note 2, p. 77. — On lit dans les Mémoires de Bachanmont :
« 13 mars 1780. — Entre tous les compliments que Mme la comtesse de Genlis a reçus au sujet de son Théâtre pour les jeunes person nes, celui qui l’a le plus flattée est la lettre de M. de Buffon, qu’elle répand avec complaisance et qui mérite d’étre conservée, comme marquée à un point d'originalité rare. «
Ce recueil de comédies de société n'était pas le coup d'essai de Mme de Genlis en ce genre ; tout enfant elle composait déjà des charades, des pastorales et de petites pièces qu'elle faisait jouer à Bourbon-Laiicy, dans sa société.
Le premier volume de son Théâtre à l’usage des jeunes personnes parut en 1779. Elle n’étail jusqu’alors connue dans les lettres que par trois comédies imprimées dans le ramasse des dames, et dont les titres sont : L'amour anonyme, les Fausses délicatesses et la Mère jalouse. Elle avait fait construire dans son hôtel do la Chaussée-d’Antin un théâtre sur lequel elle faisait jouer par ses filles, dont l’une devint Mme de La VVestine, et l’autre lady FiU-Gérald, les pièces qu’elle avait composées. D’autres enfants de l’âge de MMIlcs de Genlis complétaient la petite troupe de ce théâtre , aux représentations duquel il était fort difficile d’étre admis. Mlle Sainval donnait à ces artistes improvisés des leçons dans le genre tragique. Mme de Genlis s’était chargée de les instruire dans le genre comique. Les différentes pièces qui figurent dans son Théâtre à l'usage des jeunes iiersonnes, furent pour la plupart composées en 1776, et représentées chez elle par ses filles et leurs jeunes amies. La Harpe et le chevalier de Chastellux, deux familiers de la maison, mirent, par les vers qu’ils lui adressèrent à ce sujet, les soirées de Mme de Genlis fort à la mode. On vint y applaudir le jeu des acteurs; on y applaudit aussi le talent de l’auteur, qui, conseillée par des spectateurs privilégiés, réunit les différentes pièces du répertoire de sa petite troupe, et les donna au public. L’auteur n’admet pas dans ses pièces un seul rôle d’homme, et les intrigues d’amour en sont soigneusement écartées. Son livre eut un grand succès , et fut presque aussitôt traduit en rusfc et en allemand. En 1780, Mme de Genlis fit paraître trois nouveaux volumes, que Grimm, dans sa Cor-
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respondance (l. V, p. 78, de l’édition de 1812), apprécie de la manière suivante : c Ces nouveaux volumes soutiendront la réputation du premier. C'est la mémo morale présentée avec toutes les grâces de rimagination la plus heureuse et de la sensibilité la plus douce. Il est impossible de rendre la vertu plus aimable et d’intéresser le cœur par des impressions plus pures et plus innocentes, s En 1785, parut le dernier volumeduThéâtre d'éducation. Palissot a dit, dansses Mémoires sur la littérature, que cet ouvrage devait lui donner « le plus de droits à l’estime de son siècle et peut-être de la postérité. > Mme de Genlis était, des le temps où parurent les premiers volumes de son Théâtre, de la société intime de BulTon. Elle venait souvent à Montbard, où elle passait l'automne; elle amenait ses filles avec elle, et le soir, on jouait quelqu’une de ses pièces. Mlle Daubenton, depuis comtesse de BulTon, était au nombre des acteurs ; Gueneau de Monlbeillard, son grand-oncle, était l’organisateur en titre de ces fêles d’intérieur et de famille, faisait la musique des couplets qui y étaient chantés, et trouvait souvent l’occasion d’un compliment à l’adresse de l’auteur. J’ai sous les yeux différcnlcs pièces de vers, toutes de circonstance, auxquelles un â-propos habilement saisi donnait un charme tout particulier. Un soir que sa jeune nièce venait de jouer avec Mlles de Genlis la pièce des Deux Flacons, qui se trouve dans le second volume du Théâtre à f usage des jeunes personnes, il la prit sur ses genoux, et lui débita de mémoire, en lui offrant deux flacons, l’un blanc, l’autre rose, l’impromptu suivant :
Le don du plus grand pris, le don le mdins utile.
Passe chez bien des gens pour le plus beau des dons;
Je t’offre donc mes deux flacons;
Le prix t’en est connu, jeune et chère pupille.
Premier point; après quoi je l’avouerai tout franc Que je ne sais lequel, ou du rose ou du blanc.
Te sera le plus inutile.
Le même ^oir, et sur le même sujet, Mme de Genlis eut aussi un compliment olîert de façon à en augmenter le prix.
Aux soirées du Jardin du Roi, on rencontrait souvent Mme de Genlis et sa mère. Mme de Genlis en faisait le charme en chantant d’une voix vibrante quelques romances dans le goût du temps, qu’elle accompagnait elle-même sur la harpe. On trouve dans les Œuvres de Lebrun une ode adressée à Mme de Genlis, qui avait quelques jours auparavant chanté au Jardin du Roi l'Ode du poète au comte de Butfon sur ses détracteurs, mise en musique par Mlle de Bcauménil.
t Je me souviens, ditM. Ilumbcrt-Bazile, à la page 93 du tome I de ses Mémoires, qu’un malin (en 1782), on me remit un paquet à l’adresse
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de M. le comte de BufTon. • C’est, dit-il en l’ouvrant, un manuscrit de c MmeGenlis. » Il me passa la lettre d’envoi pourlui en faire la lecture. Mme de Genlis lui envoyait le manuscrit des Veillées du château, en le priant de le lire et de lui donner son avis. Comme M. de Buffon avait une grande estime pour Mme de Genlis, il me pria de parcourir son ouvrage et de lui en rendre compte. J’écrivis sous sa dictée une lettre dont Mme de Genlis se fit honneur, et dont elle vint le remercier peu , de jours après l’avoir reçue. *
Note 1, p. 78. — Dupleix de Bacquencourt venait d’être remplacé par Charles-Henri de Feydeau, marquis de Brou, qui remplit la charge d’intendant de la province de Bourgogne, de 1780 à 1783.
Note 1, p. 80. — La Sorbonne n’ayant pas donné suite à son projet do censure contre le livre des Époques, la réponse de BufTon ne fut pas rendue publique. On a vu plus haut (lettre ccxxxiv, p. 68) avec quelle répugnance il entrevoyait la nécessité où il allait être de s'occuper d'une explication aussi sotte et aussi absurde que celle à laquelle donna lieu sa Théorie de la terre; aussi confia-l-il à l’abbé Bexon le soin de rédiger le premier projet de sa réponse à la Sorbonne. M. Flourens (Des ManuscriLs de Buffon, p. 254) a reproduit les objections do la Sorbonne, et la réponse qu’avait préparée l’abbé Bexon. (Voy. sur ce curieux incident de la vie de BufTon la note I do la lettre ccxxxiv, p. 331.)
Note 2, p. 80. — Charles-Guillaume Lambert, né en 1726, mort le 27 juin 1793, sur l’échafaud révolutionnaire, fut successivement conseiller au parlement de Paris et maître des requêtes. 11 avait été aussi attaché comme premier commis aux bureaux de M. de Beaumont, intendant des finances. En cette qualité, il devait veiller aux réparations des bâtiments dépendant du domaine de la Couronne. Or, comme BufTon tenait du domaine, à titre de seigneur engagiste, le vieux château fort de Montbard, il est probable que Lambert, dans sou zèle de fiscalité, réclamait quelques redevances dont le montant était contesté, ou cherchait à limiter le droit de jouissance du seigneur engagiste. Buffon , qui n’endurait pas aisément la contradiction , et qu’une
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injustice irritait profondément, ne ménage pas les expressions pour qualiller le procédé de Lambert, et s'en plaint à Mme Necker avec une extrême vivacité. On ignore d'ailleurs quelle fut l’issue de celte contestation.
En 1787, lors de la retraite de M. do Villedeuil, Lambert fut nommé contrôleur général des rmanccs. Une fouilje du temps a tracé ainsi son portrait : « 11 était bon magi'lrat, il est plein de zèle : contre l'ordinaire de ses prédécesseurs, qui accordaient à peine une audience en quinze jours, il a annoncé qu’il en donnerait trois par semaine, il n'a point de distractions, point de maîtresses, point de spectacles, point de fêles; c’est, au contraire, un personnage austère, entiché de jansénisme, et dont on ne peut faire un plus bel éloge que celui de sa devise dans la société de Mme Doublet, dont M. de Carmontel avait dessiné les principaux coryphées ; on mil au bas du portrait de M. Lambert Vi'r et civi$. Du reste, il est entêté par caractère, il aime la contradiction et, dans les assemblées, prend presque toujours l’opposé de l’avis dominant et s’en lire avec esprit et sagacité. Toutes ces qualités malheureusement ne peuvent constituer un bon contrôleur général. »
Note 3, p. 80. — Bouvard deFourqueux était conseiller d’Élal depuis l’année 1768. Son père avait fait partie du conseil des finances établi par le régent, et s'était distingué, en 1716, par son énergique résistance aux mesures financières proposées par Law. Mme de Fourqueux, sa femme, a occupé une place importante dans la société du dix-huitième siècle. Elle était sœur de M. de Monlhyon, et a publié, sous le voile de l’anonyme, quelques romans estimés.
Note 4, p. 80. — Antoine-Jean-Baptiste-Robert Augel, baron de Monthyon, né le 26 décembre 1733, mort le 29 décembre 1820, entra de bonne heure au Conseil. En 1775 il devint conseiller d’Étal. On a de lui, sur les finances, un livre rempli d’intérêt, dont voici le litre : Particularités et Obseruatiotis sur les ministres des Finances de France les plus célèbres; Londres, 1812, m-8“. Il fut successivement intendant d’Auvergne, intendant du pays d Aunis, et chancelier du comled’Artois. Ses œuvres de bienfaisance cl des fondations intelligentes et généreuses, auxquelles il a consacré en totalité une fortune considérable, ont depuis longtemps signalé son nom à la reconnaissance publique.
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Note 1, p. 81. — Buffon était très-aimé de tous ses voisins et entretenait avec eux les meilleures relations. Je trouve (fans sa correspondance avec M. Humbert, maître de forges, une lettre à peu près semblable à celle qu’on vient de lire , et écrite dans des circonstances analogues.
« Le 5 septembre 1779.
* C'était à moi, mon cher monsieur, à vous envoyer en pareille occasion, et je n’ai pu trouver que des truites que je viens d’adresser, pour vous être remises, à M. le curé de Saint-Remy ; mais comment pouvez-vous, dans une occasion où l’on a besoin de toutes ses ressources, m’envoyer un beau pâté et une longe de chevreuil? Je les accepte néanmoins avec plaisir, en vous priant seulement de venir un jour de cette semaine avec M. votre fils et vos nouveaux mariés. Ne doutez pas, je vous prie, de l’intérêt que j’y prends et de tous les sentiments d’amitié avec lesquels j’ai l’honneur d’être votre trcs-humble et très-obéissant serviteur.
c Le comte de Buffon. >
Note 1, p. 82. — En 1768, le roi de Danemark vint en France; il visita Buffon au Jardin du Roi, et lui envoya l’année suivante une magnifique collection des richesses minérales du Danemark. Le roi de Danemark fut le premier des souverains étrangers qui vinrent tour à tour visiter la France. Ce n’est pas une des particularités les moins curieuses de ce temps, que ces voyages des souverains du Nord, venus à Paris tout exprès pour s’entretenir avec des hommes dont ils aimaient les écrits, et voir de près une société dont les autres capitales enviaient le bon ton et l’esprit. Ce ne fut point certes, parmi toutes les nouveautés du dix-huitième siècle, une chosesans importaneeque cette royauté de l’esprit, d’une date si récente, reconnue par la royauté de tradition et de race, qui traite avec elle d’égale à égale, lui envoyant des présents, et parfois même, comme Catherine 11 à Voltaire, des ambassadeurs. Jusqu’alors on avait bien vu les princes éclairés encourager les lettres ; ils s’étaient faits parfois les protecteurs des hommes qui
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les cultivaient avec honneur et succès; mais jamais ils n’avaient cherché à pénétrer dans leur intimité et à devenir leurs amis.
Note 2, p. 82. — Le Gis de Buffon achevait son éducation au collé;;e du Plessis. Les lettres précédentes nous ont successivement initié aux différents arrangements pris pour que le jeune Buffon reçût une instruction conforme à son rang et à lu carrière qu’il devait suivre un jour. A M. Laude, nous avons vu succéder, en qualité de gouverneur, M. Hemberger, qui Gt bientôt place à Vhommede Vaiognes, à M. Dallet. Depuis trois ans, M. Dallet avait été remplacé par M. Guillebert, homme de cœur et de savoir, qui fut le dernier précepteur du fils de Buffon. En 1780, le jeune comte de Buffon avait seize ans ; il habitait le Jardin du Roi avec son précepteur, qui le conduisait deux fois par jour aux cours du Collège du Plessis. Buffon se faisait rendre un compte exact des travaux et des progrès de son fils, et on lui envoyait à Montbard ses thèmes et ses versions. L'abbé Bexon avait aussi un * droit de contrôle sur ce gouvernement domestique, dont le plan et les moindres détails avaient été réglés d’avance. Une éducation auss complète porta ses fruits ; mais elle ne put néanmoins transmettre au fils le génie du père, son génie d’écrivain surtout. Le jeune comte de Buffon n’essaya même pas une lutte impossible. J'ai lu avec surprise, dans quelques biographies, que les ouvrages du père firent tort à ceux du fils, qui n'a jamais rien écrit. En pariant de ses prétendus ouvrages, on l’a évidemment confondu avec le chevalier de Buffon, son oncle, qui a écrit différents articles pour la Colleclion acadimique, et et qui a publié quelques morceaux de poésie dans les journaux du temps.