‹ Correspondance inédite de BuffonChapitre 76 sur 133 · CCLXVIII · texte numérisé non relu

CCLXVIII

Note I, p. 105. — Il s’agit de Mlle Lestre, qui venait d’épouser M. Perrault de Chazelle. (Voy. ci-dessus la note 1 de la lettre cclxv, p. 372.)

Note 2, p. 105. — Montbeillard s’occupait en ce moment de VHitloire des insectes , qui devait compléter l’Histoire naturelle, et qui fut publiée en partie dans l'Encyclopédie méthodique.

Note 1, p. 108. — On avait découvert une carrière sous le logement de BulTon, ce qui rendit nécessaires des travaux de consolidation. (Voy. ci-dessus la note 2 de la lettre ccxxvii, p. 375.)

Note 2, p. 108. — Il s’agit de l’acquisition de la maison du sieur Lelièvre, dont il a été précédemment question. (Voy. la lettre cclv, p. 91.)

Note 3, p. 108. — Dans une lettre au même, à la date du 28 octobre 1782, se trouve le passage suivant : c Lorsque vous pourrez envoyer dos graines à M. le vicomte de Qucrhoént, je vous prie de lui écrire au Croisic, en Bretagne, et de lui demander où il veut que vous les lui adressiez et par quelle voiture, si le paquet est gros. >

Le vicomte de Querhoënt, excellent observateur, envoya à Buflbn de nombreux mémoires sur certaines espèces d’oiseanx qu’il avait plus particulièrement étudiées ; son nom est plusieurs fois cité dans l’Histoire naturelle.

Note 1, p. 109. — Michel Adanson, né le 7 avril 1727, mort le 3 août 1806, fut un botaniste distingué. Il suivit l’arcbevéque d’Aix,

M. de Vintimille, qui était fort attaché à sa famille, lorsque ce prélat fut appelé au siés;e archiépiscopal de Paris. En 1748, il avait alors vingt-un ans, poussé par son amour pour les sciences et par son ambition de découverti>s nouvelles, il partit pour le Sénégal, où il demeura cinq ans. En 1757 parut une Histoire naturelle du Sénégal (1 vol. in-4"), qui fut goûtée de tous les naturalistes et de tous les savants. Élu membre de l’Académie des sciences en 1759, il fut, la mémo année, nommé censeur royal. Il a publié sur la botanique et l’histoire naturelle plusieurs ouvrages estimés. Mais ses ouvrages imprimés représentent la plus faible partie de ses travaux ; il a laissé de nombreux manuscrits et d’importants matériaux rapportés de son voyage au Sénégal. Il fit don au Jardin du Roi d’une grande partie des richesses qu’il avait recuedlies, et Buffon cite souvent son nom. En 1759 il publia, sous le pseudonyme de Ruga Carafa, une Lettre au comte de Buffon sur Us propriétés de la tourmaline.

Note 2, p. 109. — L'abbé Jean-Louis Giraud-Soulavie, né en 1751 à l’Argenticro dans le Vivarais, mort à Paris au mois de mars 1813, est plus connu par ses nombreux écrits sur Thistoire de son temps que par ses ouvrages scientifiques. Son premier ouvrage, ayant pour titre Histoire naturelle de la France méridionale, parut en 1780 (2 parties, 8 vol in-8"), et fut imprimé avec le privilège de l’Académie des sciences. La première partie est consacrée aux minéraux ; c’est celle à laquelle Buffon fait allusion, en relevant une des nombreuses méprises de sotf trop jeune auteur. L'abbé Barrucl, aussi du diocèse de Viviers, l’un des collaborateurs de l'Année littéraire, autrefois ami et familier de l’abbé Soulavie, dénonça son livre dans un journal appelé : Les Helviennes. Non content do celte première attaque, il publia contre son ancien ami un pamphlet dont le titre était : Genèse selon Soulavie, où, entre autres reproches d’impiété, il relève contre loi l’observalion qu’il a faite dans les montagnes du Vivarais do couches de coquilles avant les couches de plantes pétrifiées, tandis que, d’après le récit de Moïse, les plantes furent créées avant les coquilles. La Sorbonne s’émut d’une attaque aussi violente et aussi formelle. L’abbé Soulavie se vit refuser un canonicat de Viviers, qui lui était promis, une charge de chanoine qu’il était sur lo point d’obtenir, et fut privé de l’honneur de prononcer devant le roi un discours depuis longtemps agréé.. L’abbé Soulavie protesta contre un tel acharnement et de pareilles dénonciations, en attaquant son adversaire au criminel. La cause fut portée devant le Châtelet, puis, pour éviter le scandale, apaisée par l’intervention de l’archevêque. Do toute cette affaire, qui fit grand bruit, il est resté une suite de mémoires et d’ar-

ET ÉCLAIRCISSEMENTS. ' 379

ticles écrits par l'abbé Bamiel, et qui ont jeté quelque discrédit sur les systèmes de géologie de l'abbé Soulavie, en faisant fort habilement ressortir leur faiblesse et leur peu de profondeur. Les Éléments d'histoire naturelle, imprimés à Saint-Pétersbourg, furent le dernier ouvrage scientifique de l'abbé Soulavie.

Note 3, p. 109. — Le passage auquel Buffon fait allusion est ainsi conçu :

« Les os du prétendu roi Theutobocus, trouvés en Dauphiné, ont fait le sujet d’une dispute entre Ilahicot, chirurgien do Paris, et Riolan, docteur en médecine, célèbre anatomiste. Habicot a écrit dans un petit ouvrage, qui a pour titre : Gigantostéohgie (Pans, 1613, in-lS), que ces os étaient dans un sépulcre de briques à 18 pieds en terre, entouré de sablon. Il ne donne ni la description exacte, ni les dimensions, ni le nombre de ces os ; il prétend que ces os étaient vraiment des os humains, d’autant, dit-il, qu’aucun animal n’en possède de tels. Il ajoute que ce sont des maçons qui, travaillant chez le seigneur deLangon, gentilhomme du Dauphiné, trouvèrent, le 11 janvier 1613, ce tombeau, proche les masures du château de Chaumont; que ce tombeau était de briques, qu’il avait 30 pieds de longueur, 12 de largeur et 8 de profondeur, en comptant le chapiteau, au milieu duquel était une pierre grise, sur laquelle était gravé : Theutobocus rex; que ce tombeau ayant été ouvert, on vit un squelette humain de 25 pieds eldemide longueur, 10 de largeur â l’endroit des épaules, et 5 pieds d'épaisseur... La même année (1613), le docteur Riolan publia contre la découverte annoncée par Habicot un écrit sous le nom de ; Giganlomachie.... Un an ou deux après parut une nouvelle brochure sous le titre de : L’imposture decouverte des os humains supposés et faussement attribués au roi Theutobocus.... En 1618, le docteur Riolan répondit à ces dilTcrentes attaques par un écrit ayant pour titre; Gigantologie.... Au reste, continue Buffon après avoir examiné les différentes preuves apportées à l’appui de cette prétendue découverte, dans cette dispute, Riolan et Habicot, l’nn médecin et l’antre chirurgien, se sont dit plus d’injures qu’ils n’ont écrit de faits et do raisons; ni l’un ni l’autro n’ont eu assez de sens pour décrire exactement les os dont il est question; mais tous deux, emportés par l’esprit de corps et de parti, ont écrit de manière à ôter toute confiance. Il est donc très-difficile de prononcer affirmativement sur' l’espece de ces os... » (Epoques de la nature, extrait d’une des notes de la 6» époque.)

Note 4, p. 109. — Faujas de Saint-Fond avait débuté dans sa car-

NOTES

rim> scientiGqne par des poésies. Envoyé à Grenoble par sa famille aGn d'y faire son droit, il fuyait l'école pour parcourir les montagnes et allait chercher l'inspiration au milieu des sites les plus retirés des Alpes dauphinoises. Ces courses lointaines, l'aspect de ces masses imposantes, donnèrent à ses idées une direction nouvelle. Si le pittoresque aspect des montagnes charmait son imagination de poëte, les causes inconnues de leur formation, les révolutions succès* sives qui ont laissé sur chacune d'elles des traces faciles à reconnaître, furent autant de problèmes qui étonnèrent sa raison. Il arriva à la science par la poésie; son stylo s'en ressentit. Sous le géologue qui ne se connaît point encore, on retrouve souvent le poë’te qui ne peut parler des montagnes sans se souvenir aussitét des douces et profondes émotions qu'il dut à leurs poétiques aspects.

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