ALZIRE, ÉMIRE
ALZIRE
Eh bien ! veut-on toujours ravir à ma présence Les habitants des lieux si chers à mon enfance? Ne puis-je voir enfin ces captifs malheureux Et goûter la douceur de pleurer avec eux?
ÉlfIRE.
Âh ! plutôt de Qusman redoutez la fîirie ! Craignez pour ces captifs ! tremblez pour la patrie! On nous menace; on dit qu'à notre nation Ce jour sera le jour de la destruction *.
' On nous menace, etc.
Alztre, sur cette nouvelle, doit sortir de la scène (quelque part où elle soit, car on ne sait où elle est); elle doit courir à son père, à sou mari, à Alvarès, pour défendre la cause de ces malheureux dont elle ne parle au commencement de cette scène que pour préparer son entrevue avec Zamore ; ou plutôt c'est l'auteur qui Ta fait songer à eux, lorsqu'elle dit être occupée de tout autre chose.
On déploie aujourd'hui l'étendard de la guerre. On allume ces feux enfermés sous la terre ; On assemble déjà le sanglant tribunal.
Montèze est appelé dans oe conseil fiital. C'est tout ce que j'ai vu.
ALZIRE
Ciel ! qui m'avez trompée, De quel étonnement je demeure frappée ! Quoi ! presque entre mes bras, et du pied de l'autel, Gusman contre les miens lève son bras cruel ! Q^oi ! j'ai fait le serment du malheur de ma vie, Serment qui pour jamais m'avez assujettie ! Hymen ! cruel hymen ! sous quel astre odieux Mon père a-t-il formé tes redoutables nœuds?