W CORRESPONDANCE INÉDITE
pas, pu faire Taccompagnenent, ou qu'il serait le plus ignorant des musiciens. Cette sortie de Rameau l'engii* gta à écrire pour se venger de cet homme de génie ^ et il a enveloppé notre musique dans sa proscription pour cette seule cause , et sans être convaincu de ses dogmes en cette matière ' .
Homme vain et faux, il refusait de l'argent d'une main et demandait Taumône de Tautre» Crapuleux , méprisable, il a. épousé sa servante qu'il tyrannisa. Sans égard pour la vérité , il n'a composé son Discours sur les sciences et sur les arts que pour briller. Diderot lui dit qu'il serait trop commun de soutenir que les sciences étaient avantageuses aux sociétés humaines » et, indifFé«-
' Dans le huitième livre de se» Confessioms^ Roassean dit qu'il a été amené à écrire aa fameuse Lettre sur la musique française par suite des deux partis qui s'étaient formés à rOpéra, Pun pour ïa musique italienne, sous le nom de Coin de la reine y l'autre pour la musique française, sous le nom de Coin du roi, La lettre de Jean-Jacques produisit un effet incroyable; « elle est, dit Grimm, restée sans réplique, mal- » (jré cinquante libelles qu'on a faits contre l'auteur... et, ce » qui est difRcile à croire, ajoute-t-îl, c'est que M. Rousseau » a pensé être exilé pour cette hrocfanre» » {Çorreapondmneey ann^e 1754). Quant à l'algarade que, suivant Collé, Rameau aurait faite à Jean-Jacques, Rameau en était bien capable : car, sur la fin de sa vie, il avait vu commencer la popularité des virtuoses italiens, <c ce qui» noua apprend Diderot , le ren- » dait sombre, triste et hargneux. » Il eut aussi de \ih déi&é* lés avec d'AIembert au sujet de la musique; et, au surplus, c'était chose très-naturelle que le vieil auteur du Traité sur t harmonie s'élevât avec force contre des novateurs qui venaient brûler ce qu'il avait adoré toute sa tie^ et récipniquement.
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rent pour le Trai ou pour ie faux , il se décida à traiter la proposition inverse, par ie motif seul de son extrême singularité. Ce fait est de notoriété publique -parmi les ffea% de leUi«s^
Si les i)omes d'une lettre, mon cher ami , me permettmefit de voiis écrire davantage, j'aurais bien d'autres dioses à vous détaifler sur la duplicité de cet écrÎTnin , le plus éloquent d'ailleurs de son siècie. Logicien et piem d'une chaleur brûlante, je n'ai point été étonné qu'on ait été ia dupe généraleinent de ses sophismes , qu'il n'est pas aisé d'apercevoir, et que son style éblouissant empêche la multitude de démêler.
Assurez bien monsieur Totre père de mon amitié,
• Cette allég^ation, qu'on retrouve dans Marmoiitel (Mémoires), et dans Diderot lui-imôme (Vie de Sénèque), n'est nullement confirmée par Jean-Jâcques (livre VIII de ses Confessions)', Il y dit qu'étant allé voir Diderot, alors prisonnier au château de Yincennes, il fit part à cet ami du plan de son diflcoin», oaiiuae aussi de ia Prosopopée de Fabfieius, et que Diderot texiiorta ù damier J!essùr à ses idées et à concourir pour le prix proposé par l'Académie de Dijon. Il nous semble, quant à nous, que Rousseau n^ avait pas besoin, au cas particulier, des conseils de Dîdemt poor prendre parti contre les âcÂences et les arts; la théorie développée dans son discours est conforme aux principes de toute sa vie , au système (général qu'il avait adopté, car on peut dire, avec M. Villemain, que lean-Jacques est à ia fois ie représentcmt et le contradicteur de la philosophie de son temps; et, d'aillears, la théorie dont il s'agit, se trouve en ^rme dans une de ses lettres , écrite quelques années auparavant (1748), lettre dont Musset-Pathay a consigné un fragment dans son Histoire de la vie et des ouvrw^es de J, J. thusseau, t. H, p. 363.
aitisi que monsieur votre oncle, le timide, que j'estime • et que j'aime de tout mon cœur. Dites-moi des nouvelles de sa santé; elle m'inquiète.
Ma femme vous fait mille amitiés sincères. Elle voit, ainsi que moi, avec un vrai plaisir, que vous prenez le. mors aux dents et le chemin de devenir un homme estimable et utile. Vous n 'imaginez pas l'excès du tendre intérêt que nous prenons à vous, mon petit jeune homme. Quand vous seriez notre fils, je crois, d'honneur, que nous n'y en prendrions pas davantage, et je le signe.