‹ Correspondance inédite de Collé faisant suite à son journal, accompagnée de fragments également inédits de ses œuvres posthumesChapitre 22 sur 110 · LETTRE XIX · texte numérisé non relu

LETTRE XIX

A Grignon, le 26 octobre 1776.

Je suis enchanté, mon cher fils, que votre afISeûre soit arrangée, et que vous nous arriviez à la fin de septembre. Nous serons encore ici. Nous ne comptons revenir à Paris que vers la fin d'octobre. Nous nous flattons de vous avoir vos jours fériés; et quand nous serons de retour dans la grand'ville, je veux que vous regardiez ma maison comme la vôtre. Si j'avais chez moi s^e-

ment une chambre à vous donner, je ne souffrirais pas que vous fussiez loger ailleurs. J'ai dëjk parlé à mon frère, et je parlerai à qui je pourrai, pour vous trouver gîte, mais gîte seulement. Ma femme, ainsi que moi, nous sommes d'avis que vous cherchiez un logement dans le quartier des Fermes, mais que vous, ne vous mettiez pas en pension. Le lundi et le vendredi, vous irez diner, quand vous voudrez , et tant que vous voudrez , chez Boulogne ; trois ou quatre autres jours de la semaine chez moi. Quand vous voudrez bouder, vous irez à l'auberge. Il y en a d'excellentes et de très-honnétes dans notre quartier. Cette façon de vivre vous coûtera moins qu'une pension, qui, d'ailleurs, est d'ordinaire fort maussade. Au reste, ce sera à vous à vous décider. Ma femme et sa sœur me chargent de leurs compliments et amitiés. Quant à moi, je vous estime et je vous aime plus que jamais, et j'aurai un très-grand plaisir à vous voir et à vous assurer, de cœur, que je suis votre meilleur et votre plus tendre ami.

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