‹ Correspondance inédite de Collé faisant suite à son journal, accompagnée de fragments également inédits de ses œuvres posthumesChapitre 75 sur 110 · FRAGMENT D'UNE LETTRÉ · texte numérisé non relu

FRAGMENT D'UNE LETTRÉ

lable, et d'ailleurs assez instruit pour me douter qu'on veut m'amuser et me tromper; et je soupçonne très-fort que cette éclipse ne reparaîtra plus en public.

Cependant, puisque Olympie a osé se montrer et que ses représentations sont suivies avec autant de vivacité que de courage, l'on ne doit désespérer de rien. Nous pourrions bien revoir l'éclipsé.

En attendant son retour promis par la Gazette^ je souffre tout ce que l'on peut souffrir de ce que cette Olympie tient le théâtre.

' Le badaud aime à la folie à voir officier monseigneur l'archevêque d'Ephèse, parce que celui de Paris est à la Trappe et qu'il ne peut plus le voir officier à Notre- Dame.

C'est là, sans badiner, une des causes de la réussite de ce catafalque de tragédie.

Joignez a cela la pompe des belles processions du clergé d'Ephèse ' , et des chastes religieuses qui servent, comme on sait, à ce clergé. Ajoutez ces reconnaissances incompréhensibles et impossibles , inadmissibles et nuisibles , terribles et risibles de ces sensibles personnages, que nous trouvons tous insensibles.

Et surtout n'oubliez pas le doux et l'agréable passetemps de voir de ses deux yeux parisiens brûler vive une

* « La pompe théâtrale était portée jusqu'à Texcès du ridin cule dans cette trag^édie. C'était une pantomime comme aux n danseurs de corde, un peu ennoblie cependant, mais plus » froide. Le spectacle du bûcher était misérable. 11 ne faisait » ni ne pouvait faire aucune illusion. » {Note de Collé.)

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