‹ Correspondance inédite de Grimm et de DiderotChapitre 34 sur 45 · X. Lf prince d(r Kaunitz-Kîttberg · texte numérisé non relu

X. Lf prince d(r Kaunitz-Kîttberg

DK GRIMM ET DIDEROT. aSg

maison d'Autriche. Le nom de cette auguste princesse serait compté parmi les plus grands de notre siècle, si cette église avait la consolation de la compter parmi ses bienfaitrices; mais rien ne manque à sa gloire, puisqu'elle a donné le jour à Joseph et à Léopold. Rien ne doit manquer à notre reconnaissance, mes frères, pour le don qu'elle nous destine, pour cette aimable Dauphine que nos vœux appellent, don t la gaieté et les grâces naturelles feront les délices de cette nation , et que nous proclamerions ici unanimement notre patrone, si l'ambition, l'hypocrisie et l'intrigue, n'avaient fermé aux amis de la vérité tout accès dans le séjour qu'on lui prépare. Au récit d'une mission si consolante et si glorieuse, je vois, mes frères, que le serpent de l'envie se réveille, qu'il s'approche de vos cœurs, et que tout en les entortillant , il vous offre de m'empoisonner de son souffle mortel. Ah! ne m'enviez pas un instant de satisfaction et de gloire , et jugez par le bonheur dont j'ai joui, de celui dont j'ai manqué de jouir pour mettre le comble au succès de ma mission. Il ne m'a pas été permis de pénétrer plus avant dans le Nord. Je n'ai point vu ce prince *, qui a su garder sur le trône les qualités du particulier le plus aimable, qui conserve, au milieu des fureurs de la discorde, la sérénité et le calme du sage, la passion de la philosophie et des arts qui fut celle de toute sa vie, et dont la bienveillance envers cette église doit remplir nps cœurs de la plus vive et plus respectueuse reconnaissance. Je n'ai point vu cette reine * célèbre en Europe par son génie, dont les dons sont héré-

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