RÉCLAMATION
ce Obligé maintenant de vivre pour longtemps, peut-être même pour toujours, loin de ma patrie, j'éprouve un chagrin d'autant plus profond de tout ce qui pourrait induire le public allemand à se méprendre sur mes opinions. C'est ce qui peut avoir
lieu par la publication de mon livre sur la France^ recueil d'articles politiques écrits antérieurement pour la Gazette d'Ausbourg^ et qui devait être précédé d'une préface complétant l'ouvrage.
» Je n'aurais jamais publié le livre sans cette préface, où je pouvais présenter dans toute leur force les opinions qui ne sont qu'indiquées dans l'ouvrage et accomplir en même temps, en me prononçant sur d'autres sujets, un grand acte de civisme. Comment dire le sentiment de dégoût dont je fus saisi en recevant par lettre une épreuve de cette préface
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OÙ je pus me convaincre qu'on en âvâit supprimé plus de là moitié, et, chose plus fatale encore, que ces suppressions ne défiguraient pas seulement mes paroles^ mais les travertissaient en un langage servilel Je proteste préalablement ici contre toute interprétation erronée qu'on pourrait tirer de cette préface, et prie tous \eê journaux honnêtes de reproduire ces lignes.
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A VàANHAGEN
Paris^ le S8 mars 1833.
Je iie i>uis tt)UJoufs pas vous écrire. Aussitôt que je veut le faire, ma tête est comme prise de stupeur et mon cœur agité des mouvements les plus douloureut. Et je suis pourtant d'ordinaire si calme, si maître de moi 1 ,
Mais aussi il se passe en ce moment dans ma vie des choses qui attendriraient les pierres mêmes. Ce matin, je reçois la nouvelle de la mort d^on oncle de Geldern, à Dusseldorf, — et je le perds dans un moment où je sens plus profondément que jamais
ce malbôur^ Ahl chier V^rnbagen, j^ comprends maintenant 1q $ens 4e ces paroles pQn^î^i):)l^s ; (d^ viç est un cûmt>at I k^ Je «ul^ maintenant sur ^ ?trèc);e, et je voii$ le» amis tomber tout mU>ViT 4^ njioi. ClQ^re amie ^ aussi a toujours bravemei)^ ponibatjtu, et eU^ a bien mérité li^ laurier» Les larrpe^ da^jf ç^ j^o-
ment m'empêchent d'écrire. — Ah I pauvr^ss naal? heureux que nous somn^es* il nous faut combattre avec les pleurs dans les yeux I Quel champ de bataille que cette terre!
Aujourd'hui a paru ici, chez Heideloff, un livre de moi, en langue allemandi (un (rav§i) que NJ'ai fait pour f Europe littéraire). Je vous enverrai las deux versions. ïl y a là d^ bons coups d'épée, et j'ai fait rudement mon métier de soldat.
Cher Varnjiagan, ie sais que je voijs console mal. Mais personne ne peut consoler un homme, il n'y a que le temps qui y parvienne. Oui, le temps, le rusé Saturne, «ait guérir toute blessfire, -^ afin àiB pquvoir bientôt avec sa faux nous en faire une nouvelle dans le cœur.
Vou§ aure? bien compris pourquoi je ne vous al pas écrit à ta mort de Robert, et da sa femme.
!• Rahel (madame Varahagea d'Ease) moarut Ia 7 aATf 4333*
Adieu; écrivez-moi bientôt rue des Petits- AugustinSy 4, hôtel d'Espagne, — Je souffre toujours d'une main paralysée. Koreff estmon médecin. J'ai été fort malade. Toutefois, je suis resté actif. Jusqu'à ce que je tombe moi-même, je ne laisserai pas tomber le glaive de mes mains. Je reste jusqu'alors votre ami.
ÇXXXVIII
À HENRI LAUBB ^
Paris, lé 8 avril 1833.
Cher nouvel ami,
Vous ne m'êtes pas tout à fait inconnu; M. Campé vous avait déjà annoncé. Votre lettre m'a -été une consolation dans un moment où la mort me causait beaucoup de chagrins, et la vie de plus grands
1. L'un des ëcrivains dits de la Jeune Allemagne. — Emprisonné en i 83 4 et 18 36, en Prusse,4>oar délit de société secrète, il fut, en 18 48, député au parlement de Francfort, dont il a écrit l'histoire (il siégait au centre). Depuis lors, il a été directeur du Grand-Théâtre de Vienne. Il a écrit de nombreux romans, des drames, une histoire de la littérature allemande, dont il est question dans la correspondance de Heine, et des Nouvelle» de Voyage^ évidemment inspirées par les Reisébilder. Il rédigea pendant de longues années la Gazette du monde élégant^ organe principal de la nouvelle littérature. Depuis longtemps, il n'écrit plus. — Laube est né en 1806.
nOERESPONDANGE INEDITE H5
encore. Ces mauvais jours m* ont empêché de vous répondre plus tôt. Je vous ai envoyé mon programme pour la littérature allemande, et, aujourd'hui seulement, j'apprends par hasard qu'il n'a pu être affranchi que jusqu'à la frontière ; de sorte que, sans le vouloir, je vous coûte un port considérable. Mais j'estime que ce petit livre est remarquable. Il était nécessaire, après la mori de Gœthe, de soumettre au peuple allemand un compte de liquidation littéraire. Puisqu'une nouvelle littérature commence, ce petit livre est en même temps son programme, et, plus qu'à tout autre, c'était à moi de le tracer.
Je vous enverrai dans un mois mon portrait; dans six .semaines, une autobiographie. Quant à des Lieder^ je ne sais pas encore. Je suis surchargé d'occupations. — Ce que vous avez écrit sur moi m'intéresse fort. Envoyez-moi donc le numéro de l'Élégante où cela se trouve. Mon adresse est H. H, rue des Petits-Augiistins^ 4, hôtel d'Espagne, — Je ne comprends, pas ce que vous me dites au sujet de poésies de moi qui doivent être dans fa Franc Parleur. Je nô vois pas ce journal ici.
Schlesinger (celui de Paris, frère du Berlinois qui n. 9
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est réditeur du Franc Parleur) m'a demandé une fois, Tan dernier, quelque manuscrit, mais je ne sais plus quoi, et j'ignore si cela est arrivé à ce journal. D'ailleurs, j'étais en fort bons termes, autant qu'il m'en souvient, avec WilHbald Alexis, et je lui écrirai à ce sujet, puisque M. Schlesinger û'est plus ici. Ou plutôt, écrivez-moi vous-même avec détail de quoi il s'agit; je ne sais absolument rien d'un débat littéraire relatif à toutjjela, et dont vous me dites un mot. Oui, dans ce moment, j'ai tout à fait l'air sot de quelqu'un qui ne sait pas pourquoi les autres rient. — * Écrivez-moi bientôt un mot d'amiUé. £t, si je puis vous être ici littérairement de quelque utilité, disposez tout à fait de moi^.
AU IfÉMB
Paris, le iO juillet 1S33.
Mon vieil ami,
Je vous ai, en effet, traité dqj^ comme yn apcien ami en vous laissant jusqu'ici sans réponse, et me croyant pourtant à l'abri (|e fout mï^lenfendu de