‹ Correspondance inédite de Henri Heine: avec une préface et des notes explicatives-- (volume 2)Chapitre 14 sur 52 · DECLARATION · texte numérisé non relu

DECLARATION

« Après avoir toujours opposé dans ma jeunesse un imperlurbafile silence aux fréquentes attaques des feuilles publiques contre ma personne, on peut facilement penser qu'aujourd'hui, endurci et refroidi par l'âge viril, je suis devenu fort indifférent à ces choses, et que les intérêts généraux que je défends peuvent seuls m'engager à réfuter certains mensonges anonymes des journaux. Je déclare donc, relativement à l'article daté de Paris, et publié dans la Gazette de Leipzig du 12 novembre, que je n'ai jamais sollicité une place du gouvernement . prussien, et que mes jugements sur la Prusse n'ont eu nullement jusqu'ici, pas

i. La Gazette de Leipzig, du 1 2 novembre 1833, contenait un article de Paris qui rapportait comment Heine avait été cruellement mystifié, par une lettre anonyme. Il était question dans cette lettre (qu'on lui avait envoyée à Boulogne, où il prenait les bains de mer) d'une mission d'officiers prussiens qui devaient venir à Paris pour lui brûler la cervelle ; sur quoi, Heine, effaré, aurait invoqué la protection du préfet de police Gisquet, et du chargé d'affaires de Prusse. C'est à cette occasion que Heine publia, dans la Gazette d'Augsbourg, la déclaration ci-dessus.

plus qu'ils ne l'auront dans la suite, leur point de départ dans un refus que j'aurais essuyé à cette occasion. Je déclare, en outre, que jamais la folie ne m'est venue de dire que je n'aurais qu'à me montrer on Allemagne pour y faire éclater une révolution. Je déclare fausse aussi une assertion non moins niaise : à savoir que j'ai sollicité ou voulu solliciter la protection de M. le préfet de policé Gisquet^ ou de Son Excellence. M. de Werther, contre lès menaces d'officiers et de nobles prussiens. Je déclstrè qUe j'ai envisagé ces menacés comme des fanfaronnades, et que j'ai seulement engagé mes amis à faife en «orte avec moi qtie les chercheurs d'affaires prussiens, cas échéant, reçussent la satisfaction méritée. Je déclare aussi que je n'aurais point produit une lettre confirmant ces menaces, si mes adversaires n'avaient pas prétendu que cette lettre était une invention de ma part; elle sera, d'ailleurs, publiée dans mon plus prochain ouvragé, ce c(ui ne serait guère eii place si elle ne portait pas avec elle la marque de l'authenticité et si je ne savais fort bien aussi par qui elle m'est parvenue. Quant à l'insinuatiort anonyme qu'on a vQiilu me mystifier au moyen d'une lettre

supposée, qui m'aurait été envoyée à Boulogne, ce grossier subterfuge n'a pas besoin d'explication.

» Paris, le 19 uoyembre i833. »

Page 1