‹ Correspondance inédite de Henri Heine: avec une préface et des notes explicatives-- (volume 2)Chapitre 21 sur 52 · Chef dt bureau de la librairie Brodhag, à Stuttgart · texte numérisé non relu

Chef dt bureau de la librairie Brodhag, à Stuttgart

que je souffre de la grippe, et je crains que le travail ci-joint, la préface de Don Quichotte ne s'en soit' ressenti. Vous Tauriez reçu depuis longtemps si votre lettre, par la sottise du facteur ou du portier, ne m'était arrivée si tard; et puis j'ai dû complètement refondre le commencement quand j'eus reçu votre seconde lettre, où vous m'annonciez que le traducteur donnerait aussi la notice de Viardot sur la vie de Cervantes. En général, j'ai été contrarié de ne pas connaître les notes et autres explications dont le traducteur accompagnait le texte et de n'avoir vu jusqu'ici qu'un petit nombre de gravures sur bois. Et pourtant, il y aurait beaucoup à dire làdessus. Si vous voulez donner quelques notes à la fin du livre (mais, au nom du ciel, pas au bas des pages), je pourrais vous envoyer encore quelques mots de conclusion, une petite postface à Don Quickoite^ et comme, si je ne me trompe, vous publiez l'ouvrage en livraisons, cela serait favorable à la vente. Il va sans dire que je ne réclame rien pour

cela.

M. Lewald vous expliquera pourquoi je n'ai pas répondu à la lettre par laquelle la librairie Brodhag me réitère sa demande de connaître mes conditions

pour une publication complète, et pourquoi je traiterai vraisemblablement avec une autre librairie qui me fait des offres fort au-dessous de mon attente, mais me les fait d'une manière tout à fait positive ; — et TOUS aussi, vous comprendrez tout cela, pour peu que vous vous souveniez de nos conversations à Paris sur ce sujet. J'ai été surpris que, dans la lettre de la librairie Brodhag, il ne fût pBS feit mention du Don i^ickoite^ — et, comme c'est de vous seul que j'ai recuit cette occasion des détails et une remise, c'est aussi à vous que j'envoie mon travail, et non pas à la librairie, dont le personnel m'est incomm ; je vous prie, mon cher monsieur Hvas, dem'eiwoyer au plus tôt, à Parts, le restant des honoraires, cinq cents francs. le dis : aussi vite que possible, parce que je ne suis pas très en fonds.

Gomme je croîs avoir découvert «n vous une sagacité peu commune pour les afftiires de librairie, et que vous m'inspirez, d'ailleurs, la plus grande ^nfiance, je désire que vous songiez à moi quand l'occasion s'offrira d'utiliser mon travail et mon nom éans quelque grande entreprise Httéraîre. Soyez sûr tju'on sera bien vite d'accord avec moi. ïe vous^crtrai prochainement au sujet d'une aftiire pour la-

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quelle votre habileté me 9«ra peut-être fort utile. Je resterai vokHitiers en rolatioiiB d'affaires avec vous. La librairte Brodhag est pour moi une grandeur inconnue^ et je ne puis, sans connaître les personnes, m'engager dans aucune afiaire, surtout pas dans une affaire où lés intér^s les plus eonsidérablés scmt en jeu. Je vous prie, en tout cas, aussritât que vous voudrez ou pourres me dire quelque chose d'exact sur cette librairie, de n'y pas manquer; vous pouvez conq>ter «nr ma discrétîon. ^«^ Votre ttèanlévoué»

A J, CAMPE

Parif^ le i« mars iSa7.

Très-cher Campe,

J'ai bien reçu vos lettres du 30-et du Si février; je m'empresse de r^Km^re, à la demièiK surtout. «^ Je m'attendais bien de votne part à de la mauvaise humeur, et même i de grandes criailleries, mais non pas à une injustice manifeste. En dépit d'un mal de tête à me rendre fou, je veux vous montrer «ujourd'luii eombien je n'ai eesisé d'agir amitraletami avee voua.

Je n'ai pas fait de réponse aux propositions réitérées de la librairie Brodhag. Seulement, le chef de bureau de cette maison se trouvant à Paris, et ayant fait avec lui une petite affaire (c'est-à-dire une préface à Don Quichotte qu'il acheta de moi pour mille francs, et que je lui ai fenvoyée ces jours-ci), je lui parlai en ces termes de la proposition de cette librairie, relativement à une édition complète de mes écrits : « Je n'ai jamais contracté avec J. Campe pour une édition de mes œuvres complètes; je ne lui ai vendu que des ouvrages à part, pour une seule édition; je ne me suis engagé le moins du monde ni par contrat, ni par promesse verbale, à lui offrir une publication complète, avant de traiter pour cela avec tout autre libraire; j'ai même sujet d'être mécontent de lui comme éditeur, à cause d'histoires de censure, et de mesquineries 'd'honoraires; pourtant, je suis très-attaché à lui personnellement, et je serais très-fâché qu'il pût avoir le moins du monde à se plaindre de mes procédés; aussi, avant d^accepter l'offre que me ferait un autre libraire pour cette publication complète, je proposerais d'abord à* J. Campe de la faire aux mêmes conditions. B Je vous dirai plus tard le motif pour lequel

j'avais de la répugnance à traiter avec la librairie Brodhag, même pour le cas où vous n'eussiez pas accepté cette publication ; assurément, ce n'était pas pour un motif d'argent, car il est très-vraisemblable que cette maison ne m'aurait pas offert beaucoup moins de vingt mille florins, la moitié payable comtant, l'autre en rente annuelle (ce qui, il est vrai, ne m'aurait pas beaucoup avancé). Il n'est pas seulement vraisemblable, mais il est certain pour moi que, n'étaient les circonstances actuelles, la censure, etc., je] pourrais compter surplus de vingt mille florins; je vous certifie queCotta a dit à l'un de mes amis que, dans un temps moins difficile, cette somme serait fort acceptable pour un éditeur (il disait cela il y a un an). Sur l'honneur, je n'ai fait aucune proposition de ce genre ni à Gotta, ni à tout autre. Je n'attendais en aucune façon la lettre de Scheible^ Pendant huit jours, je la laissai sur ma table; mécontent de l'insuffisance de la somme, dépité de mes embarras d'argent, que je n'avais pas cachés à M. Hvas, et dont Scheible avait eu sans doute connaissance par les coitimé-

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