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rages des libraires de Stuttgart. Lewald m'écdvil aussi que je pourrais obtenir plus tard des soouiies plus considérables, mais que, maintenant, j'avais au moins l'avantage, en traitant avec Scbeibie,
de recevoir dix mille francs comptant par le .prochain courrier. Et je résolus d'écrire à ma mèfe et de vous offrir pour dix ans, aux mêmes condilions que j'aurais cons^oUes pour Scbeible, la pro^ priété de mes œuvres complètes. Ce n'est qu'aM milieu de la semaine dernière que j'ai r^oodu à Scheihle, afin qu'il ne se trompât sur mon science, se figurant que je cherchais à obtenir ime somme plus considérable d'un auljre éditeur, et que, pour cela, je ne lui écrivais pas. le lui écrivis «tors pour la première fois de ma vie,|lui répétant ee que, j'avais dit déjà à M. Hvas, à 'Savoir qu'avant de iiw conclure, je vous écrirais d'abord pour vous pro* poser l'afEaire, bien que je n'eusse malheureusemeni aucun espoir de succès; que j'agissais ainsi pour restCHT avec vous en bonne amitié, par oourtûisie,*-* et qu'aussitôt votre réponde arrivée, — une r^ouae négative, bien entendu, -<- je (emûaerais imméitia'*' tement avec lui, à des conditions peu différentes de celles qui avaient été proposées, assuré que j'étais déjà par Lewald qu'elles seraient acceptées. Ga<^
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diflérenees canoernaient : 1^ l'abandon d'une certaine semme, pour le cas où le gouvernement pru&sien^ dans un délai donné, ne se relècherait pas des rigueurs de* sa c^isure; i9 la condition que je mettrais ma biographie en tête de l'édition Gom«plèCë. ie savais toutefois par Lewald que ce der nier point n'était pas une condition sine qua non; et je dis à M. Scheible que, si je l'acceptais, mon idée n'était pas de donner une sèche esquisse biographique, mais un livre étendu, peut^tre plusieurs vofumes qui formeraient la conclusion des œuvres complètes, et embrasseraient toute l'histoire contemporaine avec ses personnages les plus marquante, l'Europe entière, toute la vie moderne^ l'Allemagne jusqu'à la révolution de Juillet, les résultats de mon séjour dans le foyer de la révolution politique et sociale^ le fruit de mes études les plus coûteuses et les plus-douloureuses, le livre qu'on attend tout particulièr^Bent de moi, — et que, pour ce livre, je demanderais des hono* raires tout à fait hors ligne, et un terme indéterminé pour livrer le manuscrit.
Vous voyez donc, très-cher Campe, que, dans cette occasion, je mérite plutôt votre éloge que votre
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blâme; qiie, pour conserver votre amitié, j*ai fait le plus grand des sacrifices — une perte de temps. Car, vous pouvez y compter, et vous le savez aussi bien que moi, j'ai le droit incontestable de publier une édition complète; de plus, je suis dans la nécessité de me procurer de l'argent dans un très-ccfurt délai; et pourtant c'est à vous d'abord que j'ai écrit j'ai perdu ainsi quatre à cinq semaines, je vous ai accordé des facilités de payement qui me font perdre une bonne somme d'intérêts, — et tout cela dans l'espoir que nous resterions peut-être ensemble! — Si maintenant vous avez trouvé un expédient, mon Dieu! j'en suis charmé jusqu'au fond de l'âme, et^ comme vous devrez convenir, en examinant de plus près ma manière d'agir, que je n'ai rien fait que de loyal et d'amical, vous verrez aussi que je consens à de réels sacrifices pour vous contenter, pour aplanir tout malentendu, et écarter pour la suite tout sujet de contestation. Si mon mal de tête me le permet, je vous enverrai aujourd'hui même un contrat où je vous concéderai plus encore que vous n'attendez sans doute; je compte sur votre acceptation. Je n'ai pas de temps à perdre, et, le mois prochain, c'est-à-dire dans quatre semaines, j'ai à faire de grands payements.
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... Sans cet affreux mal de tête, je vous parlerais avec détail du prochain livre que je compte publier. J'ai réellement commencé déjà à écrire ma vie; ce n'est qu'à cause des circonstances du temps que je retarde cette publication, à laquelle aussi je voudrais donner le plus grand éclat, et travailler longtemps; mais je traiterai volontiers dès maintenant avec vous pour cet ouvrage, cojnme je Tai toujours fait longtemps à l'avance pour mes écrits; et je crois que, si celui-ci forme la conclusion de l'édition com-^ plète, la valeur en sera incalculablement augmentée pour vous. Je pourrais l'ouvrir par une belle préface, et, pour cela, il me faudrait exactement savoir quand l'impression commencerait. Nous la nommerions une ff édition complète, revue, corrigée et augmentée. » Et, en effet, une fois pour toutes, j'aimerais à revoir mes écrits.... En grapillant ce qui est encore dispersé dans les journaux, et inédit, il y aurait bien de quoi faire un volume. Je ne vous demanderai rien pour ce volume, que vous ne pourrez, en aucun cas, faire paraître à part.
Ma tête me fait trop grand mal pour que je puisse vous écrire davantage aujourd'hui; l'essentiel était'
d'éloigner de moi tout soupçon d'improbité et de.
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duplicité. Demain, j'enverrai à ma mère la formule
du contrat, et j'éviterai avec soin, en la rédigeant, tout ce qui pourrait vous paraître obscur ou déplaisant, de foçon que vous puissiez me renvoyer tout de suite le duplicata signé, et que je ne perde pas de temps. — Souvenez- vous que je donne toujours volontiers plus que je ne promets. Fiez-vous à moi, comme vous l'avez fait jusqu'ici, et sachez bien que, du moment où mes intérêts matériels ne seront pas lésés, je ne démentirai jamais, même en aflkires, mon amitié pour vous.
AU MÊME
Paria» le 17 mars iB87.
Cher Campe,
J'ai bien reçu, dans une lettre de ma mère, la vétee du 9 courant. Je n'ai pas douté un instant de la bmnêfoi qu'elle respire, et je regarde notre affaire comme conclue dès maintenant. Je vous accorde volontiers le délai de huit jours que vous me demandez «ncore. Il est seulement fâcheux pour moi que les Stuttgartots se figurent, en attendant, que je les mène
GORRESPONDANGB INBD^TB S47
par le ûei& pour obtenir plus d'argent d'autres éditeurs (ce qui me serait assurément facile). Je me réjouissais déjà dé pouvoir écrire à Stuttgart que mon ami Campe, aussitôt que je lui eus proposé l'affaire, m'avait envoyé immédiatement toute la somme en éctts, c^est-à-dire en lettres de change. En tout cas, je leur dirai cela plus tard, aussitôt que j'aurai reçu, — vers le milieu de la semaine prochaine — le contrat signé par vous.
Je suis encore dans un grand embarras au sujet de la préface du Salon; je n'ai point reçu les épreuves, et je vous prie instamment d'écrire à l'imprimeur qu'il me les adresse*tout de suite. Gomme je n'irai point maintenaat à Strasbourg, et bien moins encore à Stuttgart ou à Baden-Baden, mais â Bbulogne-sur-Mer, aussitôt que possible, je vous prie d'envoyer la préface, du moment qu'elle sera publiée, au docteur Menzel, à Stutitgart, en lui transmettant mon adresse.
Vous savez mieux que personne que j'ai tardé longtemps à écrire cette préface; mais c'était mon devoir de l'écrire. Je suis curieux de voir si les Aile* mands, à propos de scandale, seront une fois encore injustes pour moi.
Jour et nuit, je m*occupe de mon grand ouvrage, le roman de ma vie; c'est aujourd'hui seulement que je sens tout le prix de ce que j'ai perdu, en fait de papiers, par l'incendie dans la maison dé ma mère. J'avais d'abord l'intention de ne publier ce livre que plus tard; mais je suis aiguillonné par l'idée de l'édition complète de mes écrits, et il faut que ce suit la première chose que le public reçoive de moi ; d'ici là, je ne publierai rien autre chose. Je vous ai déjà dit dans ma dernière lettre que j'étais heureux de pouvoir vous offrir ce livre, qui dépasse en intérêt tous ceux qui l'ont précédé. Vous savez que je ne fais pas le fanfaron, et je puis dès'à présent annoncer quelque chose de tout à fait extraordinaire ; car je connais le.public, et sais exactement à propos de quelles personnes, de quelles situations, et de quels événements, il aime à être éclairé et amusé. Je vous ai dit aussi que vous pouviez, toui de suite, traiter avec moi pour ce livre, mais que je ne pouvais rien vous dire encore de précis sur le moment où je vous livrerai le manuscrit, ni sur l'étendue de celui-ci ; en effet, le sujet s'étend sous ma main, et ce que j'évalue aujourd'hui à deux Volumes, pourrait plus tard ne pas tenir dans trois. Dites-moi loyalement ce que '
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VOUS pouvez me donner par feuille (format des Bei" sehilder^ et combien d'exemplaires vous ferez tirer? Et, quand vous aurez réfléchi qu'on peut compter ici sur un débit tout autre que pour mes écrits antérieurs, quand vous prendrez en considération Taccroissement de ma renommée et mon droit à prétendre davantage, et que vous m'aurez fait des propositions équitables, vous pouvez compter recevoir immédiatement, signée de moi, la pièce qui vous assurera la propriété de ce livre. Soyez convaincu que je désire avant tout vous obliger, et vous donner la meilleure preuve du prix que j'attache à la durée de nos relations. Nous ne sommes pas deux vieillards, et nous pouvons faire encore beaucoup l'un pour l'autre. — Votre ami.
A AUG. LEWALD
Paris, le 10 avril i837.
Très-cher Lewald,
Conformément à ma dernière lettre, je vous envoie quelques lignes pour ***; je pense qu'en acceptant déjà de l'argent, je lui montrerai qu'il peut at-
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tenAce avec c^ofifisiiee cette année mes envois de miM&userits. N'ouMiez pas de me dire s'il m'i»ito<riiM, et ^ohtUiers^ à tirer sur sa maison la susdite somme-. N'oubliez pas eela. — J'ai d^à mis la main SLViGrabèe* ; mais je n'écrirai plus rien avantd'aTOir reçu la biograpbîe de ce malheureux par Dulier.
A J. GAVPS
Paris, le !3 avril 1837.
Très-cher Campe,
J'ai bien reçu votre lettre du 5, avec le double du contrat signé; en voici une copie, munie de ma
i. Poëte dramatique, né en idOl,-^ ami de jeanesse de Heine à Beriin,mort misérablement à Detmold, sa ville natale, en 1836, après une vie de fantaisie et d'excentricités, abrégée par l'abus des boissons spiritueuses, où il croyait trouver les inspirations du génie. — Avec toute la différence qui sépare des esprits si différents, les Tragédie» de la jeun^se de Heine, que le public français a récemment appris à connaître, peuvent donner cpielque idée du drame romantique do Grabbe. — Frédéric Barbe' roîtsse, — Don Juan et Faust, — Napoléon, ou les Cent-Jours, sont des drames sans ambition, représentant des idées plutôt que des bommes, et offrant çà et là le plus bizarre mélange des figures, des réminiscences et des aspirations du romantisme. La dii^roportioB entre la puissance poétique et les visées, les iatentions souvent géniales de Grabbe, explique peut-être les soQflbttaces et les désordres de sa courte et malheureuse vie.
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signature, et dont je vous prie de m'aecuser rëM|H tion. Vous n'a¥ez pas d'idée combien je suis heureux d'être enfin débarrassé de cette affaire (entamée dans des eiroonstanoes si peu fa vodrables] . Au ton» au style, à i'éparpiUement de nies diernières lettre:^, TOUS aurez pu remarquer déjà combien il m'était pénible de traiter avec un vieux ami de mes propres intérêts, sans consulter avant tout les siens. Mais j'aurai bientôt occasion de vous convaincre de tout le prix que j'attache à eeux-d. Encore une prière : croyez à la parole que je vous donne d'avoir agi firanehement dans toute cetie affîûM; si le t^aips ae me numquait, je vous le prouverais à un cheiveu près.
Je ne sais pas encore si je fieni mai-^méme le prospectus de l'édition complèle^ Avant peu (mus eed entse nous), j'écrirai à Yarnhugen d'Ënse, et, si sa position en Prusse lui permet de Caire ce pro^ spectus à ma place, oeia aent elmblmiint avanlt^ geux. Je pense me réconcilier avec la Prusse, autant que le permettra mon honneur. — Ces jours-ci, je rédigerai une annonce préalable au public, telle que vous la désirez, et je vous l'enverrai. — Je projetais^ il y a quelque temps, de publier le Livre des chants^
avec une préface biographique écrite par un ami, d'y ajouter tout ce que j'ai composé depuis, en fait de vers, et de donner au tout le titre de Poésies. Mais la publication complète bouleverse tout ce plan : d'abord, parce que je donnerai moi-même une bio* graphie dans de grandes proportions, et que ce sera là mon plus prochain livre, — ensuite..., pour un motif qui, Dieu merci n'existe plus I
Il est heureux pour Menzel que je n'aille pas maintenant dans le midi de TÀUemagne ; à ce que j'apprends, il a déjà vent du danger qui le menace, et il racole des alliés; on m'écrit qu'il a eu connaissance de mon Antimenzéliade par le catalogue de la foire de Leipzig. Comment cela? Je ne le comprends pas. Recrutez aussi pour moi quelques champions, je veux dire des champions littéraires, car, en tout cas, fgncre coulera. Quant à lui, j'espère bien qu'il viendra sur le terrain, et je vous assure que je ne tirerai pas en l'air. — Votre ami .
AU MÊME
Paris, le 3 mai 1837.
Très-cher Campe,
De jour èû jour, j'attendais, avec une impatience inquiète, le résultat final de la Menzéliade; j'ai remis pour cela d'écrire, et c'est ainsi que vous n'avez pas reçu plus tôt les corrections au Livre des chants. Je vous prie de soigner l'impression avec une exactitude diplomatique; c'est mon principal livre, et je pense que vous le populariserez maintenant comme il le mérite, au moyen d'une série d'éditions. Pour épargner du papier, j'ai laissé de côté les dédicaces; je les mentionnerai en passant dans un mot de préface. Désirez-vous que le Nouveau Printemps soit ajouté BxxLivredes chants? Alovs^ ditesle-moi, et je vous enverrai les corrections. — Mais Menzel?Menzel? Je suis sur le point de partir deParis pour aller visiter l'antique Bretagne; je ne serai plus que huit jours ici, et je voudrais savoir d'ici là où en
est l'affaire. — J'accède volontiers à votre désir de II. 15
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publier une note pour annoncer que Tédition complète de mes écrits ne paraîtra pas de sitôt. A cet effet, j'ai écrit les Ugnes incluses, qui ont, à ce qu'il me semble, Tavantage de vous laisser la main libre pour le cas où vous voudrez avancer ou ajourner, selon vos convenances, cette publication. Le public pourra croire, grâce à cet avis, qu'elle est encore fort éloigaé^^iGt les (libraires Nexxoni tque le terme ^dépend uniquement de vous. — Je ne sais si je vous ai tirt <léjâ}quej'/avBis^c3rit,'eet iiiver, ime introduotien^à iBon QmohûUe, pour M. Jlvas, Tagent d'une maison quijnlest tout .à Ifaitinoonnue ; il m'a donné ^pottr De .tcaivailimiUetfraiics^ietaireQu maSieufeusenieBt «niénbange oe que j'ai jamais écrit deipius mauvais. <*-. J'avais :1a ;grippe .quamd j'ëcoivis oela, <et :aiitre6 fitoBesispaniblables, !poar un letops (fixé, sur comanandB,.etqiiftr besoin d't»Dgeiit.-^ J'éeniïraiiinoessamiBeat'à'YaTmhagen au sujet du prospectus en^es- -tiim; j'ai ausai à répondre ^à la demande pressante «qu^l^m'a^aiifte de lui «envoyer les lettres de Rafaël. Il Ignore que ees lettres — «peirt-èfcre plus ^fftme cinqirantaHie *— tnit été br&iëes dans un ineendîe. ehezma'mère.Il m'en reste ptiui^tant 'quelques-unes qu'>^tte in'« frites ioi sur te safint-^rmonisme, — tse
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qui^ est socti de plus important de sa plume. Je pense en iaive. usage pour, le récit «de ^ma vie, où je eompte .représenter en .pied «elle femme remairquable. «-— J'ai peu .travaillé cette dernière quinzaine : histoires de femmes et ihistoires d'hommes, iclest^àdire bavardages d'amour, et duels.
Je vous écrirai demain ou après-demain pour vous dire comment je m'y suis pris avec les lettres de change, que je n'ai pu envoyer pour l'acceptation à Hambourg, pendant que vous êtes à Leipzig. Je laisserai passer quelques jours encore avant de les négocier; il m'a suffi de montrer notre convention pour trouver dans Fintervartle des ressources, et me mettre à l'abri de la détresse. Que de tourments! que d'inquiétudes! La vie n'est réellement ique tracas continuels. — Je n'écris aujourd'hui que parce que je ne veux pas différer plus longtemps les corrections du Livre des chants.
Adieu. — Votre ami.
« Sur le désir de mon ami î.'Campe, propriétaire de^laiibratmelloffmann et Campe, je porte à la (um- Daissanœ du public qu'une éditioncompiète de mes
écrits, corrigée et augmentée, qui doit paraître dans la susdite maison, ne sera livrée à l'impression que lorsque l'auteur et l'éditeur pourront compter, sans être exposés à des malentendus, sur l'impartialité bienveillante de la censure prussienne.
* Paris, mai 1837. »