I. Jugmpit de l/mii Bor^ sur Jï. Hiine
voyer sous bandes. A vrai dire, les attaques littéraires ne m'intéressent guère dans ce moment, car j*ai à souffrir d'attaques beaucoup plus sérieuses, — je veux dire celles que tout corps mortel doit attendre enfin de la nature. — De bien des côtés m'arrivent les plus admirables témoignages d'attachement, même de Hambourg, et je he puis m' empêcher dé faire copier un passage d'une de ces lettres et de vous l'envoyer.
Adieu, et soignez votre santé : je vous assure que c'est là, pour ûh auteur et un éditeur, chose beaucoup plus importante que toute la littérature, y compris les escrocs et les voleuirs qui, . dans le cas le plus honhête, volent des livres. — Votre ami.
CCXXXtV
AU MEME
Parie, le 11 mairà 1841.
Bien cher Campe,
Mon mal d'yeux, beaucoup plus grave cette fois que précédemment, m'a incommodé presque tout l'hiver : je ne puis presque pas lire, et je n'écris qu'avec la plus grande peine, Voilà le premier n^o-
lif pour lequel je n*ai pas répondu à vos dernières lettres. — J'y ai vu avec joie que vous deviez préparer une quatrième édition du Livre des chants. Dans ce but, il faudra que je revoie encore la troisième, non pour y apporter des changements, mais il s'y trouve des fautes d'impression qu'il n'est pas besoin de reproduire. Dans quinze jours, au plus tard, vous recevrez donc une liste de corrections, et vous pourrez commencer à imprimer ; quelques semaines après, je vous enverrai peut-être aussi une courte préface. Je vous le répète, cette quatrième édition me fait plaisir, parce que j'y découvre le sentiment du véritable public, qui n'a pris ni part ni plaisir aux intrigues des journaux contre moi ; j'ai reçu ainsi des lettres touchantes et des plus flatteuses. Un vieillard, de son lit de mort, m'a écrit des paroles d'enthousiasme et d'estime qui m'ont fait tressaillir.
 vrai dire, vous m*auriez fait infiniment plus de plaisir encore en m'annonçant une nouvelle édition du Boeme. Bien que je sache à quel fabuleux chiffre d'exemplaires vous l'avez imprimé , je croyais pourtant que le vacarme excité contre moi contribuerait au moins à avancer la seconde édi-
tien; je sais fort bien que vous la croyez prochainement nécessaire, mais je l'aurais souhaitée maintenant. Dites-moi donc quand j'y puis compter. Si c'est bientôt, et si vous m'autorisez à tirer sur vous les honoraires, — n importe à quel terme^ — cela me serait singulièrement agréable dans ce moment, où je suis malade ; vous ne pouvez vous figurer toutes les dépenses que mon état exige.
Je vous écrirais davantage aujourd'hui, mais mes yeux ne le permettent pas. — Saluez Gathy^ que je regrette d'avoir si peu vu; il ne savait pas que je fusse malade, et, par modestie, il s'est trompé sur la cause de la rareté de mes visites. Adieu. — Votre ami.
CGXXXV