AU DOCTEUR LÉOPOLD ZUNZ
Berlin, le 22 inan 1829.
Cher Zunz,
,J*ai parlé hier au baron Gotta du livre que vous comptez écrire , et je l'ai trouvé disposé à le publier. Après cette ouverture, c'est vous-même qui pourrez le mieux vous entendre avec lui. Il loge à V hôtel de Brandebourg^ et on le trouve dans la matinée jusqu'à onze heures. Je lui ai dit que vous étiez prêt à disposer la forme extérieure du livre selon les besoins de h vente, et que votre ouvrage serait, tout à la fois, nécessaire aux théologiens comme un livre spécial, et intéressant pour les laïques et l'ensemble du public lettré, de sorte qu'on pouvait compter sur des lecteurs et des acheteurs de ces deux catégories»
Vous me trouverez toujours prêt à prendre en mains vos intérêts dans cette affaire ; car personne plus que moi ne désire de vous voir écrire votre ouvrage, et pour l'avantage de la science, et pour mon propre plaisir. Estime et amitié.
CORRBSPOIfDAIfCB INÉDITS f7
A FREDÉRIQUE ROBERT
Friedrichstrasse ^, le 2 mars 1829.
Madame,
Je suis invité aujourd'hui au delà du Jourdain, et il faut que je me refuse le plaisir de faire le long chemin -qui mène au bout de la Leipzigerstrasse^ et de revenir, par le même chemin, avec vous au concert. Crainte de malentendu, et par une attention délicate, je\ous explique la cause de mon absence.
Hier au soir, à onze heures, j'ai lu encore vos charmants vers, et mon cœur leur a fait une musique passionnée. Mais, ce matin, mon cœur est roide mort, et je ne suis moi-même que le cercueil animé de mon cœur.
Je suis l'un des plus infortunés monarques qui aient jamais vécu. Seul, le roi Nabuchodonosor était plus malheureux que moi, puisqu'il devait manger de Therbe assyrienne, qui sans doute était moins bien apprêtée que le gâteau borussien de ma-