IV PREFACE
vie) existent. Sa famille en possède le manuscrit, ainsi que tous les fragments inédits qu'il a laisses. Ces Mémoires seront-ils publiés, et à quelle époque? Le seront-ils dans leur intégrité, et Henri Heine, après sa mort, sera-t-il plus heureux que Byron? Je l'ignore. Mais ce que je crois pouvoir dire, c'est qu'ils ne répondront pas dans une plus grande mesure que sa Correspondance à ce sentiment de curiosité et d'intérêt vraiment humain, vraiment personnel, dont je parlais il y a un instant. On peut juger, par bien des parties des ouvrages de Heine, de ce que doivent être ses Mémoires. Peut-être môme (et certains détails de sa Correspondance nous autorisent à le penser) des passages plus ou moins considérables de cet écrit se trouvent-ils çà et là dans ses œuvres : ainsi le fragment étendu, intitulé Aveux de Vauteur, et qui termine les dernières éditions françaises du livre de V Allemagne, D'ailleurs, les Mémoires de Heine ont été écrits en vue du public. Il était encore, il est vrai, jeune étudiant à l'université de Gœttingue, qu'il en fait déjà mention dans ses lettres à Mosès Moser; mais, à cette heure matinale de sa vie, les premiers rayons Tle la gloire étaient déjà tombés sur lui ; il avait publié quelques-unes de ses poésies, et ces deux tragédies singulières^ Almansor et Ratcliffy toutes débordantes du lyrisme de la jeunesse. Le poëte de vingt-deux ans apparie-