PRÉFACE V
nail déjà en quelque mesure au public; soû génie poétique était vanté par les uns, contesté par d'autres; il avait des enthousiastes, des détracteurs, et sans doute des eavieux. Ses Mémoires, dès le début, devaient donc se ressentir de cette situation militante qui fut la sienne de si bonne heure, et qui dura jusqu'à la fin. Ceci ne veut pas dire assurément que cet ouvrage ne doive renfermer, à des points de vue très-divers, les plus précieux renseignements sur la personnalité de Henri Heine. Et pourtant, plus encore que dans ses Mémoires, nous irions le chercher dans ses Lettres, écrites évidemment, à toutes les époques de sa vie, sans préoccupation aucune de la publicité. C'est là, croyons- nous, que ses lecteurs auront le plus de chance de le rencontrer lui-môme, et de le prendre sur le vif.
Il est toutefois une portion de la vie de Heine sur laquelle sa Correspondance ne jette aucun jour, et que les Mémoires seuls nous feront connaitre ; ce sont ses vingt première» années^ son enfance à Dusseldorf, et ses premiers jours de jeunesse à Hambourg et à Bonn. N'est-il pas permis de supposer que cette partie de ses Mémoires sera celle qui aura le plus de prix et de charme? Les premières lettres du recueil que nous publions sont datées de Gœttingue, où Heine continuait ses études de droit, corn-