En français, dans roriginal
3. Le prof. 'Hugo, doyen de la Faculté de droit de Gœttingue.
à BeriiB? Si tu revois une foi§ U )?el}ô Souabe, dislui que j'^î {i|it 1% connaiBs^nce de ^a coi^^ine, la Vépus de Médicis. Gafi^ ^st ppuptapt uo grajad hpmwe, presque aus^i gpain4 que ,^n gros pi^xmn^n^mï^ de Berlin, N. Friedricb§^tras§ip, 48 *.
AU MÊME
aqeUiçggie, I9 19 mars i^2i.
Cher Mo^er,
J|8 fépondr^i y^rljalepfept ^ fa (ett^g fif| 24 féyriep. Oui, jjç préf)t^é4ite \p plapj si j.e ne ipe 3j?ps pas trqp mi^l «dans ^^e qufnîaji^ej d'allep ^ Rertip et d'y passer quelques $eniaine3. No)i|S ^vf)ps ifp pipis (le yapances; la vie dp Gœtting}ie nie renjïlfpçriblement mél^pcplique : un voyagp qui fpe 3eppuera me fera du bien pour mes maux de tête, qui, de nouveau, me' tourmentent sans répit; et, ensuite,' je pourrais bien te faire croire que c est tQi qui nf^'attires Je plus à Berlin, et hier, tout le jp{ir, je mp le suis figuré; mats ce matin, au lit, je me jderjf^Pdais, à supposer que tu fusses ici et moi à Berlin,
i. Gans avait publie, en 48^0, on Commentaire sur Quaa.
CORRESPONDANCE INÉDITE loi
si je viendrais à Gœttingue? Mais pourquoi me casser la tête à découvrir les raisons qui me font aller à Berlin? Suffit, j'y vais. Je suis dépité d'apprendre que les Robert partent ce mois-ci pour Vienne. N'était cela, je me figurerais que je vais à Berlin pour ^madame Robert. Mais madame de Varnhagen..»?
)ui, je me réjouis de revoir cette charmante fenime. lais pourquoi encore me creuser la tête? Suffit, je is. Je t'écrirai avant mon départ, afin que tii jiisses^me louer pour quelques semaines une-cham-
tranquille.
|Ton long silence m'a fait passer de mauvaises ires et a réveillé en moi bien des pensées maukises. -— Hais est-ce ta faute si tant de mauvaises Doses sont ainsi latentes en moi, et apparaissent la moindre occasion? Ne dis à personne que je vais à Berlin; car j'ai de sérieux motifs pour désirer ïu*on ignore ce projet à Hambourg, jusqu'à ce que |e l'aie mis à effet. D'ailleurs, je ne veux pas dissier en visites les premiers temps de mon séjour. Tu rverras où j'en suis avec ma pauvre tête, et combien je dois m'interdire toute excitation. Je t'en prie à ^ayaflc^, qpgïî4 i^çm 5»roo§ »ndmbh, pa« un mot
tle Hegel ; prends des leçons d' Auerbach pour pou-
|j>2 OEUVRES DE HENRI HEINE
voir me dire beaucoup de choses fades et insipides; mets-toi dans la tête que je suis un sot comme Caïus et Titius, etc. Surtout ne me demande aucune preuve de vigueur, comme tu le fais dans ta lettre; que ma poésie soit morte ou non, et quoique puissent dire de moi nos gens esthétiques de Berlin, que nous importe? Je ne sais pas si Ton a raison de me considérer comme une lumière éteinte; je sais seulement que je n'écrirai rien aussi longtemps que les nerfs de ma tête me feront souffrir; je sens plus que jamais le Dieu en moi, et plus que jamais le mépris pour la foule; mais, tôt ou tard, il faut que la flamme de l'esprit s'éteigne chez Thomrne; d'une plus longue durée — peut-être d'une- durée éternelle — est cette flamme de l'amour (l'amitié n'en >est qu'une étincelle) qui pénètre de part en part notre pauvre corps fragile. Oui, Moser, si cette flamme était près de s'éteindre, tu pourrais être inquiet. Mais il n'y a pas de danger encore, je la sens brûler en moi.
J'ai envoyé dernièrement au professeur Gubitz un cycle dé petites poésies < pour être publiées dans
1. C'étaient trente-trois Lieder du cycle intitulé le Retour. Voir Drames et Fantaisies, 1865.
le Gesellschafter, Dis-lui de les faire paraître bientôt, et, si cela a lieu avant mon arrivée, fais-loi remettre par Gubitz huit exemplaires de ces poésies; car je ne les ai envoyées qu'à cette condition. .
Je désire que tu en fasses brocher trois exemplaires, chacun à part, et 4ue tu en envoies deux, sous bandes, franco^ à ma sœur. Adresse à madame Charlotte d'Embden, née Heine, N. Wall, 167. Tti enverras le troisième de. la même manière à M, le docteur Gristiani, à Lunebourg. — Pardonne-moi toute la peine que je te donne.
Je resterai sans doute ici jusqu'au 2 ou 3 avril, et, si alors les poésies sont imprimées, et qu'un exemplaire puisse encore me trouver à Gœttingue, j'aimerais que tu pu.sses me l'envoyer de la même manière. — Beaucoup de ces petits poèmes ne pourront te plaire, ni à toini à d'autres, et ils ont pourtant, surtout dans la forme, quelque chose de tout à fait original, et, par -conséquent, une réelle valeur.
Salue pour moi ton ami Lessman ; je me réjouis de faire sa connaissance.
Adieu ; aime-moi toujours, et conteiïte-toi de ce
que je suis et serai, sans rechercher subtilement ce
que je pourrais être. Ne va pas non plus mourir avant que je t'aie revu.
:^xxii
Magdebourg, le 4 avril 1824.
Il y a déjà quelques jours que je suis à Magdabourg, et mon ami Immermann, qui y vit raiaintenant, me retient ferme. Mais peut-être, demain, je m'arracherai de nouveau à lui, let partirai pouf Berlin par une occasion, ou avec la malle-poste. Dans N ce dernier cas, je t'adres3erai ma malle. Aie maiptenant la )3onté de louer pour moi, n'importe où, une chambre à la semaine si c'est possible, pas trop chère, mais aussi pas mauvaise. Non pas chez un juif, à cause de , et nulle part dans le voisinage d'un serrurier ou de quelque autre artisan frappeur; avise aussi à ce que la chambre ne soit pas contiguë à quelque appartement où l'on parle à grand bruit. Excuse-moi de te donner tant de peine, moi qui ne saurais t'en récompenser autre-*
ment que par mon amitié. Je ne me trouve pas trtST bien; j'ai pagsé upe mauvaise puit dans 1^ Hartz : rien (jue montagnes neijge^ses, et qjie Ip diable emporte son cher Blocksberg * ! — Les corbeaux voltigent toujours autour du Kiffhâuser, et le viei^:^ sire avec sa barbe rousse pourra patienter que/que temps encore.
Je ne saurai? rien ^ dire de lif agdebpurg^ si c^ n'est que cette ville enferme dan3 ses murs une magnifique cathédrale, et, dans ce njornent, (Jpux tyhr considjérables poètes. Uun est ton ami.
xxxni
A VARNHAGEN
Rprlip, le M avril m'*-
A Monsieur le Conseiller de Légation Vamkagen d'Ense,
Lorsqup je vous ai rencontré, Tannée dernière, à Hambourg, j'ai fort bien senti qu'il y avait dans votre manière d'agir avec moi qfjjelqqp chflsp fie
1. Sommité du Bi^ockep, célèbre par les sabbats diaboliques de la légende.
io6 OEUVRES DE HENRI HEINE
blessant; mais j'étais alors très-préoccupé, et je laissai tout passer autour de moi comme en un rêve ; plus tard seulement, quand je fus plus calme et plus éveillé, j'arrivai à la conscience claire que vous aviez réellement montré pour moi des façons blessantes , et que cela s'était même exprimé par un fait. Ce fait, c'est que vous avez qualifié carrément de non-vérité l'assurance que je vous ai donnée d'avoir demandé à Fouqué la permission de communiquer à mes amis la poésie qu'il m'a dédiée. Il est inutile de dire ici combien cela m'a causé d'heures de tristesse, et combien même le souvenir de tant d'attachement et de bonté que vous m'aviez témoignés autrefois, en a été troublé. Il est encore plus superflu de dire que je n'ai pas trouvé à propos de procéder dans cette affaire avec les formalités et arlequinades ordinaires, si peu conformes à notre caractère et à nos relations réciproques; j'ai préféré tout remettre au temps, le grand mé- (liateur. Celui-ci aura déjà fait quelque chose, et, pourvu que vous lisiez la feuille ci-jointe *, il vous
i. Voici cetfe feuille :
• A la demande «le M. Henri Heine, j'atteste que ce dernier, peu après avoir reçu^ dans le mois de juillet, une poésie que je
sera démontré que vous m'aviez fait grandement tort.— Ce qui précède est le motif pour lequel je ne vous ai pas écrit précédemment, et ne me suis plus ouvert à vous avec la confiance d'autrefois. Vous pouvez cependant être sûr que l'affection et la reconn£(issance que j'avais autrefois pour vous sont restées les mêmes, et que les sentiments de chagrin et de douleur que vous m'avez causés plus tard s'évanouissent de plus en plus chaque jour, et dans le moment même où j'écris ceci. Aussi je ne demande de vous aucun éclaircissement; je sais ce que vous pensez, cela me suffit, et je désire même, si cela se peut faire sans contrainte, qu'il ne soit jamais question entre nous de cette lettre que je vous écris pour obéir à un besoin de mon cœur.
J'attendsr encore beaucoup du grand médiateur, et j'espère qu'il vous permettra d'apprendre à mieux me connaître, et de vous persuader combien je suis votre ami.
loi avais adressée, m'a écrit pour me demander Taut^risation expresse de la communiquer à ses amis, parce qu'il ne pouvait pas répondre que Tun on l'autre d'entre eux ne la publiât. » Frédéric , baron de la Motte-Fouqué, major et chevalier.
• Berlin, le 10 avril 1824. »
188 OKUVBES nK HENRI HEINE
XXXJY
A M. MOSER
GoHlingiie, le i7 mai iSU.
Cher Moser,
Je suis revenu de Berlin en deux fois vingt-quatre Jieures; mercredi, à six heures, j'entendais encore dans la voiture le son de ta voix, et samedi, à six heures, résonnaient déjà à mes oreilles les accords ennuyeux des philistins et des étudiants de Goettingue. J*ai dû traverser Magdebourg sans voir Immermann. La poste ne s'y arrêtait qu'une demi-heure; il m'aurait fallu y passer plusieurs jours, si je Tayais manquée, et il me tardait trop de me remettre au travail. Me voici donc à Gœttingue tout à fait isolé, et j'écoute les Pandectes, ou bien je suis assis au fond de ma taverne, le cœur plein d'une langueur if)4é8pissal)l6, et d'un fatras juridique encore plus inconipréhensible. Je mp trouve assez bien, ma tête n'est p^§ epcQrp tput à fait Ubre, iT^ais au moins je n'en souftre pas. Je compte pour cet été être débarrassé de bien des misères, — je l'espère plutôt, car
il ne faut pas oublier que nous sommes dans l'exil (6oW^«); j'aurai peu à récrire cet été; à Berlin, au contraire, il se prisse chaque jour quelque chose qui lU^intéresse, et il faut que tu m^écrives beaucoup. , Aujourd'hui, je veux te faire une surprise agréable, en te confiant un message qui, entre frères, vaut bien niille écus. Il s'agit de présenter à la belle madame Robert le sonnet ci-inclus.'Ne le laisse voir auparavant à âme qui vive. Il ne vaut pas grand'chose, mais j'avais promis d'adresser une poésie à cette belle personne, et, pour une œuvre de circonstance ainsi commandée, où la convenance exigeait d'un côté, et de l'autre interdisait tout véritable sérieux, celle-ci n'est pas encore trop mauvaise, et plaira à la charmante jeune femme, et la réjouira, et pourrait bien rapporter au messager, s'il n'est pas trop timide, un tendre pourboire. Dans tous les cas, tu attraperas quelque chose, peut-être un grand éclat de rire.
Dis à la belle femme que je lui éprirai bientôt au sujet deVAlmanach^ et que je n'ai pas vu Immermann, mais que je lui ai déjà écrit pour le même sujet. — Si Rubo est de retour de son voyage, priele de te remettre le cahier de Meister qu'il m'a pro-
mis, et je te serai extraordinairement obligé de me renvoyer aussi vite que possible. — Comment se. comporte Gans? Est-il revenu à la raison? —A mon arrivée ici, j'ai trouvé un gros paquet de Rousseau renfermant le journal l'Agrippine^ avec le grand morceau de critique sur mes poésies, et plusieurs éditions nouvelles des œuvres de mauvais poètes rhénans, qui me les adressent avec les courbettes les plus profondément* respectueuses; enfin, le Livre des Sentences de Rousseau lui-même, qu'il m'a dédié d'une façon très-aimable. Je ferai en sorte que tu reçoives un exemplaire de ce petit livre, et tu .tomberas d'accorcl avec mol qu'il y a là de très-excellentes choses. — Salue toutes mes connaissances, surtout Zunz et sa femme.
Voici mon adresse : H. H. de D., studiosus juris^ chez Ebérwein, Gronerstrasse, Gœttingue.
Dis à Lehmann que je regrette de ne pas l'avoir vu avant mon départ, et que je lui écrirai incessamment. Salue aussi très-cordialement Lessmann, que je remercie pour l'aimable communication de sa Déesse : je m'en délecterai aussitôt que je l'aurai sortie de ma malle. Car je note ici, pour toi, que je viens précisément de recevoir la petite malle : je te
remercie de tous tes soins. Aime-moi toujours! et sois persuadé que je ne cesserai jamais d'être ton ami.
P.-iS. — Je te prie, fais dire à mon cousin Schiff que je n'ai pas encore trouvé la recette qu'il me demande; fais- le bientôt; autrement, le drôle me coûtera encore un port de lettre.