PREFACE
qu'à quelques personnes de leur famille. Ces lettres, qui n'ont pu trouver place dans l'édition allemande de Hambourg parce qu'elles n'ont été publiées que récemment par la nièce de Varnhagen, mademoiselle Assing, et dont aucunct, jusqu'ici, n'avait été traduite en français, auront assurément, pour tous les lecteurs de Heine, un attrait particulier. On y voit quel prix avait à ses yeux l'amitié des personnes dont il honorait le caractère, — un prix telj qu'elle arrachait à son orgueil l'aveu candide des erreurs morales qu'il semblait s'avouer à lui-même.
A partir de 4835, c'est la correspondance avec M. Julius Campe, l'éditeur hambourgeois de Heine, qui tient la phis grande place dans ces volumes. Cette place serait plus considérable encore si les lettres de Heine à M. Campe, antérieures à 1835, n'avaient pas été détruites dans l'incendie de Hambourg, en 1842. Comme toutes les lettres écrites par Heine pendant son séjour à Paris, cette correspondance avec son éditeur se tait presque absolument sur la France, et se rapporte à des faits, à des débats, à des écrivains qui nous sont à peu près étrangers. Toutefois, bien qu'elle soit surtout précieuse par les lumières qu'elle jette sur la période littéraire et politique qui s'est close en Allemagne avec 1848, nous n'avons pas hésité à la reproduire. On aime à voir le poëte qui, de Hambourg, avait