Un mets excellent de la cuisine juire
imprimer sous ce titre : le Livre du voyageur^ première parité, les ouvrages suivants :
4° Un volume Intermezzo, à peu près quatre-vingts petits morceaux poétiques, la plupart tableaux de voyage, et dont tu -connais déjà trente-trois.
2^ Le Voyage du Harlz, que tu liras ces joursci dans le Gesellschafter^ mais incomplet.
3**Le Mémoire que tu connais sur la Pologne, complètement refondu, et préfacé.
4* Les Poèmes de la mer *, que tu trouveras en partie ci-joints.
Si le conseiller Hitzig voulait me faire un trèsgrand plaisir, il s'intéresserait à cette publication. Je lui écrirais même à ce sujet, s*il n'y avait pas quelque cbose d'odieux à ouvrir une correspondance en demandant ainsi un service. La question est, d'abord, d'ofifrir le livre à Dùmmler, comme éditeur; ensuite d'obtenir de lui des honoraires aussi forts que possible. Je lui dois encore quelque chose pour
1. Cette série de poésies que Heine, dans sa correspondance appelle tantôt les Poèmes de la tner, tantôt les Tableaux de la mer, tantôt la Mer du Nord, tout court, a été reproduite sons ce dernier titre dans ses œuvres françaises (voir Poèmes et Légendes, page 117. Paris, Michel Lévy frères, 1805). -^ C'est, à mon gré, la plus parfaite de ses œnvres poétiques.
des exemplaires de mes Tragédies dont il pourra retenir la valeur, bien qu'il m'ait promis de me les laisser à un prix modique, sur ma remarque que je ne les avais remis qu'à des journaux et à des4>er-^ sonnages littéraires, et dans le seul but de procurer au livre des protecteurs et des porte-vôix.
Il faudrait examiner avec Dûmrnler s'il ne serait pas à propos de faire réimprimer V Intermède lyrtqtAe placé entre les deux tragédies, d'y joindre le nouvel intermède *, et de faire paraître le tout à part, en un petit volume de dix à onze feuilles, sous le titre de Grand Intermède. Ce- volume formerait un tout de la plus haute originalité, et ne manquerait pas de nombreux amis, car il ne serait pas si facile de trouver son égal. Les autres morceaux indiqués plus haut (1. S. 3.) seraient très-suffisants pour former de même un volume à part. Tu peux, en tout cas, cher Moser, si Dûmmler était tenté, par un égoïsme d'éditeur facile à comprendre, de refuser le plan cidessus, lui dire de ma part que je renoncerais àtout honoraire pour la réimpression de V Intermède
i, Cetu» série figure d^ns les Œuvres françaises sous le raéinp Jitre, Vlntermezzo {Poèmes et Légendes, page 80. Paris, Michel Lé?y frères, 1865).
lyrique, de sorte qu'il n'aurait presque à payer que la moitié des feuilles composant le volume.
Je crois que Hitzig parviendrait facilement à décider Dùmmler.
La censure maltraitera probablement le Voyage du Hartz dans le Gesellschafter^ où je le publierai d'abord. J'espère, toutefois, qu'il pourra paraître en entier dans le Livre du voyageur.
Le Mémoire sur la Pologne sera. complètement remanié et très-augmenté. Des lettres de Varsovie, et les événements du jour m'engagent à le publier maintenant; je n'ai jamais attaché moi-même grand prix (et toi aucun) à ce travail ; mais d'autres m'assurent (ainsi Sartorius) que son contenu lui donne de l'importance, et qu'il attirera l'attention générale. Je pourrais t'en dire beaucoup là-dessus, si je ne savais que cet écrit ne t'a jamais plu.
Les Poèmes de la mer^ dont Cohn te remettra le manuscrit, te plairont, j'espère, d'avantage. Jedésire que tu ne les communiques à personne, si ce n'est au conseiller Hitzig, en le priant de les garder par devers lui. Tieck et Robert ont, sinon créé, du moins fait connaître la forme de ces poésies ; mais le contenu est ce que j'ai écrit de plus original. Tù
vois que, chaque été, je me dépouille de ma chrysalide, et qu'un nouveau papillon prend son vol. Je ne suis donc pas emprisonné dans une seule manière lyrique, dans les deux strophes malicieuses de mes petits Lieder.
Quant au second et au troisième volume du Livre du voyageur^ ils renfermeront, si Dieu le veut, une nouvelle espèce de Reisehilder^ des lettres sur Hambourg, et le Rabbin, qui maintenant, hélas ! est encore interrompu.
Ce matin, j'ai lu avec un vrai déplaisir la dernière livraison trimestrielle des Annales de Vienne, Il s'y trouve un examen critique de mes Tragédies^ ou bien plutôt de moi-même. Il faut que tu le lises, car il t'atteint comme moi, d'abord parce que, moi et Auerbach, nous te représentons, ensuite parce que tu es une partie de moi-même. — Je m'attends à des attaques pires encore. Que l'on rabaisse le poëte, peu m'importe; mais que l'on fasse des allusions si crues à mes circonstances privées, ou plutôt qu'on me fustige de la sorte, voilà ce qui m'est tout à fait insupportable. J'ai des chevaliers d'industrie chrétiens dans ma propre famille, etc.
Mes affaires n'ont jamais été pluK épineuses que
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dans ce moment. — A propos, veux-tu écrire une préface pour le Grand Intermède? Ce serait gentil, et tu aurais bien des choses intéressantes à dire.
Lundi.
Cohn, à qui je voulais remettre cette lettre, est resté ici quelques jours de plus, et je puis encore t'écrire quelques lignes.
J'ai fait visite à madame Bella Yeit, une aimable femme que je compte souvent revoir. Elle ne m'a pas vu dans mon humeur couleur de rose, et je veux lui montrer que je n'ai pas toujours un long visage sérieux. Sa conversation est agréable, et précisément réchauffante comme je Taime dans ce temps humide et brumeux d'hiver. Elle a des tournures vraiment charmantes. Nous avons parlé de Gans. Et. peut-on dans ce monde parler d'autre chose? Chacun le voit, chacun l'écoute. Alléluia f
Salue mon frère, Zunz, J. Lebmann, les Hillmar. Si j'avais du temps, j'écrirais à la doctoresse Zunz une jolie lettre juive. Me voilà bientôt parfait chrétien, car je fais le pique-assiette chez les riches israêlites.
Adieu; réponds-moi bientôt, et sois persuadé que
je t'aime et suis, de très-mauvaise humeur, ton grand ami.