A JOSEPH KLEIN
Hamboorg» Noël 4825.
Mon cher Jean Kreisler * !
Bien que nous nous soyons consciencieusement promis de nous écrire souvent, il s'est passé trois ou quatre ans sans qu'il soit venu à l'esprit de Fun ou de Tautre de tenir parole. Je puis fort bien m'excuser, pour ma part, en te donnant l'assurance que je n'ai pas souvent songé à toi. Mais, hier au soir, — le diable sait comment cela se fit! — j'ai pensé à toi, et bavardé de toi pendant toute une heure, et cela, avec le compositeur Albert Methfessel, à qui j'en ai tant dit de toi, de ton génie musical, qu'il a été vexé comme il faut de ce que je n'ai pu lui procurer sur-le-^champ ceux de mes Lieder que tu as si* excellemment mis en musique. Je t'avoue que j'aurais moi-même grand plaisir à
1. Personnage bien connu d'un des Contes fantattiques d'Hoffmann : le Chat Murr, avec, une biographie fragmentaire du maître de chapelle Jean Kreislê-,
264 œUVRKS DE HENRI HEINE
les entendre quelquefois; car aucun de ceux qui s*y sont essayés n'a réussi aussi joliment que toi S qui avais l'avantage spécial d'avoir la cervelle aussi détraquée que l'auteur des textes lui-même. Il faut pourtant que je convienne que plusieurs de ces compositions me sont inconnues, ainsi les mélodies d'un certain Ries de Berlin qui doivent être trèsgentilles. Notre ami Fr... m'a fait tort. — J'ai promis àMethfessel de l'écrire immédiatement pour te demander les compositions ci-dessus. Si tu le désires, il te procurera tout de suite un bon éditeur. On le presse, en effet, de tous côtés de recommander de bonnes mélodies. Quant à lui, il se -tourne tout à fait vers l'Opéra. Je ne doute pas qu'il n'y réussisse. Pour ce qui concerne un éditeur, je puis aussi m'en charger. Et pour le succès, de même. Si donc cela te plaît, envoie-moi par la poste les mé-
1. Il existe dans les œuvres musicales laissées par feu Joseph Klein, une fort belle mélodie, non publiée encore, pour le Lied de Heine intitulé les Deux Grenadiers, 'pendant longtemps la plus populaire de ses poésies, et qui fut écrite par lui à l'âge de seize ans (Poèmes et Légendes, page 167). Le Lied des Deux Grenadiers, chante devant Heine sur cette mélodie, en 1854. par quelques-uns des membres de la Société chorale de Colojfne, fut peut-être la dernière jouissance musicale du poëte, qui s'en déclara ravi.
lodies des Lieder^ aussi vile que possible; car je ne sais pas si je resterai ici plus de deux mois. Adresse : M. H. Heine, D^ Juris^ chez M. Maurice d*Embden, boulevard neuf, 167, à Hambourg. Cette adresse est sûre.
Écris-moi aussi, Kreisler, commeiït tu vas. Ma santé est meilleure. J'ai quitté Gœttingue en juillet, et fait un voyage pour ma santé. A Norderney, une île de la mer du Nord où je prenais les bains de mer, je me suis rencontré accidentellement avec
S Il s'est marié, afin que cette chère et bonne
et candide race ne disparût pas. — Je compte retourner à Berlin au printemps. En attendant, je suis devenu très-célèbre. C'est justice, déjà par ce seul motif que j'écris peu !
J'écris peu... Ici, une association d'idées m'amène à Jean-Baptiste Rousseau : n'as-tu rien appris de lui? A la fin, ma franchise maladive lui a déplu, et à bon droit, et il m'a prévenu dans toutes les formes qu'il rompant avec moi. Au fond, pour moi il est trop bon. Je l'aime et je l'estime. Félicite-le de ne pas me comprendre entièrement; il n'en sera que plus heureux sa vie durant, et moins en danger d'être emporté par le diable. N'est-ce pas que le
gaillard , — je ne parle pas du diable, mais, au contraire,'de Rousseau,— n'est-ce pas que c'est un bon enfant, une âme pleine de bonté d'âme? J'espère, avant qu'il meure, le revoir, et lui démontrer en riant que tout n'est qu'une plaisanterie, même l'amour, qui nbus fait faire des grimaces si particulièrement sérieuses. Johannes, compose-moi donc un brillant morceau de musique, où une moitié des auditeurs ne puisse se tenir de rire, et l'autre de pleurer. Jean, va souvent à l'église, compose beaucoup, écris-moi souvent, sois sage, salue pour moi Smets, fais-lui dire une messe à mon intention, et adieu!
A CHARLES SIMROGK ^
ilf . JCarl Simroçk^ de Bonn^ réfçrendmr^ &u tribunal de la vîlle^ à Berlin.
Hambourg, le 30 d^mbre tSSK.
Cher Simrock,
Tu m'as écrit une fois que l'un de nos compatriotes, Ries, avait mis en musique quelques-uns
1. Poëte et littérateur vivapt encore. Une 4ç se3 ppésie^. Aux trois couleHrs, lui fil perdre, sous Frédéric-Guillaume ÎH, la
de mes Lieder, Pourrais-tu me procurer ces compositions? Tu me rendrais un grand service. Une aimable cantatrice m'a supplié hier^ au soir, pendant trois quarts d'heure, de lui faire avoir quelques-unes de mes poésies en musique. Tu vois, cher ami, que, lorsque j'ai besoin des gens, je leur écris. Mais tu aurais bien mérité que je t'eusse écrit plus tôt; il y a du temps déjà que, YAlmanach des Muses m'étant tombé sous la main, j'ai vu par quelques rimes dont je t'ai tout de suite reconnu l'auteur, (jue tu penses encore à moi avec amitié, — à moi qui n'ai pas même répondu à ta chère lettre de l'hiver dernier! — Les excuses ne me manquent pas : — maladie, jurisprudence et paresse. J'ai été fort abattu par la première, mais cela va pourtant mieux. Depuis août; j'ai quitté Gœttingue; j'ai fait un voyage à l'île de Norderney, où j'ai pris avec succès les bains de mer; et maintenant, je veujc passer l'hiver ici, et retourner à Berlin avec les premières hirondelles* Là, j'espère te. voir. Je suis occupé aujourd'hui d'études historiques, et de préplace qu'il occupait dans la magistrature prussienne. Il est surtout connu par ses travaux sur Tancienne littérature germanique, et sel éditions d«8 Nibelungertj du Livre des héros, etc.
parations à des œuvres futures. Je fâi^peu de poésie.
Le bon accueil fait à mes premières productions ne m'a pas encore endormi, comme cela arrive trop souvent, dans la douce croyance que j'étais une fois pour toutes un génie qui n'a plus qu'à laisser couler sa chère et limpide poésie, et se faire admirer de chacun. Personne ne sent plus que moi combien il est pénible de donner en littérature quelque chose qui n'était pas là, et combien il est insuffisant pour tout esprit un peu profond d'écrire uniquement pour plaire à la foule. 11 te sera donc facile de comprendre que je ne puis répondre à bien des appels et à bien des espérances. C'est ainsi, par exemple, que mon ami Rousseau s'est irrité de ce que je ne l'aie pas vigoureusement soutenu dans ses entreprises poétiques, et même, il y a six niois, m'a formellement annoncé qu'il cessait d'être mon camarade, parce que je me suis exprimé sans détours avec lui sur tout ce qu'il y a de vide et de creux dans sâ journalisterie. Dis ce que tu voudras, il a réellement du talent, et mérite, ne fût-ce que pour son bon cœur, un meilleur sort dans la littérature. Mais que le diable emporte son activité' sans but! A
moi du moins, il me semble que, pour un esprit vigoureux, il est moins rebutant de faire quelque chose de mauvais que quelque chose de nul.
Ne ris pas, cher Simrock, de cet accès de sérieux grondeur; toi aussi, tu y passeras un jour, quand tu seras las de maintes choses qui peut-être t'amusent encore aujourd'hui. J'ose croire que nous avons en commun bien des manières de voir, et c'est ainsi que je m'explique comment beaucoup de mes poésies peuvent te plaire, à toi, Simrock, et comment, moi aussi, j'ai reconnu une affinité d'esprit dans plusieurs des tiennes que j'ai rencontrées dans le Gesellschafter^ ou VAlmanach des Muses, Nous n'en sommes plus l'un et l'autre aux premières effusions des jeunes années et des jeunes amours, et, quand parfois pour nous la poésie lyrique reparaît encore, elle est pénétrée de part en part d'un élément plus spirituel, l'ironie, qui, chez toi, se montre encore à la Gœthe, riante et amicale, tandis que, chez moi, elle a passé d'un saut à une sombre amertume. Je souhaite fort que ton ironie conserve ce coloris agréable, mais je ne le crois pas, et je crains de rencontrer un jour dans tes poésies moins de parfums de roses, et plus de belladone.
870 OEUVBBS DE HBNRI HEINK
Mais je voulais seulement l'écrire au sujet des compositions de Ries. J'en payerai volontierfi le prix si elles sont publiées, ou les frais de copie, au cas où elles seraient encore manuscrite^* Seulement, envoie-moi tout cela sans retard par la poste.
Et, maintenant adieu, et garde un amical attfchement à ton ami et compatriote.
A M. UOSER
HamboQrj^, le 9 jantiet i8f6.
Cher Moser,
J'espère que Cohn m'apporte uûe longue lettre de toi.
S'il n'est pas encore parti, renvoie-moi par lui, je te prie, les Tableaux de la mer. H faut que jô les revoie avant l'impression. — Quant à Dummlor, j'attends ta réponse. Dans l'intervalle, j'ai à peu près changé d'avis, et je ne suis plus décidé à faire réimprimer l'ancien Intermezzo., tandis que je compte introduire les nouvelle» petites poésies dans le livre où se trouveront les Poèmes de la mer, et le
COBRESPONDANCE INÉDITE Vi
Voyage du Hariz^ el n'en faire qu'un seul tout. Il ne s'agit donc plus que d'offrir à Dùmmler un volume d'environ dix-huit à vingt feuilles. J'écrirai ces jours-ci au conseiller Hitzig, pour traiter avec détail cet objet.
Ce g de Gubitz, malgré sa promesse écrite,
n'a pas encore publié, dans le Geselhchafter^ le
Voyage du Bariz. Le g n'aura plus une ligne de
moi.
Ne ris pas de mes misères. Le monde, il est vrai, est occupé maintenant de plus grands intérêts. Il y a eu ici de grandes bourrasques dans le monde mercantite, et, malgré mon isolement, j'ai dû ressentir l'effet de ces tempêtes. — Je vis tout à fait seul, je lis Tite-Live, je fais la révision de mes vieilles idées, tout en raffinant quelques idées neuves, et je n'écrisT rien qui vaille.
Quant à mes cirox)nstances extérieures, je ne puis et ne veux t'en parler que peu aujourd'hui. Je puis seuljdment te dire en confidence que cela va mieux pour moi que je ne le sais moi-même. — Celui qui s'entend le mieux à me tourmenter, c'est encore moi-même. — Au fond, je suis si agité, que je ne puis penser à rien en dehors de moi. Si seulement
fit OEUVRES DE HENRI HEINE
je retrouvais assez de calme pour écrire le Rabbin/
Mes seules relations ici sont les maisons de mes oncles, de ma sœur, du syndic Sieviliing, et du candidat Wohlwill. — Mon oncle se montre très-gracieux, très- gracieux. — Pour ma santé^ cela ne va pas trop mal, mais je souffre pourtant toujours. L'effet des bains de mer, à Norderney, semble avoir été bon.
Mais que fais-tu toi-même, bon et cher Mbser? Au milieu de tes travaux et de tes études multiples, t'esMl encore possible de m'aimer? Ici, je pense plus souvent à toi qu'à Gœttingue, parce que je Vis îrès-isolé. Je me réjouis fort du retour de Gohn. Il me montre beaucoup d'amitié, et m'a rendu de véritables services, chez mon oncle; ce qui est d'autant plus méritoire que ce dernier n'est entouré que de gens qui me sont hostiles. Je suis haï maintenant chez chrétiens et juifs. Je.me repens beaucoup de m'êtré fait baptiser; je ne vois nullement que, dès lors, les choses aient mieux tourné pour moi : au contraire, je n'ai eu, depuis, que malheur. — Mais'^ trêve là-dessus; tu es trop éclairé pour ne pas rire de tout cela.
CORRESPONDA.^CE INEDITE 273
Salue mon frère; c'est un bon garçon, et j'espère qu'il deviendra un homme.
I Â propos, si Cohn n'est pas encore parti, je le
prie d'acheter pour moi, à la librairie Maurer, un exemplaire de mes Poésies^ et de me l'apporter. Je lui rembourserai volontiers ce thaler. Je te dis ceci afin que tu n'en fasses pas l'avance. Mais Cohn se chargera-t-il du livre, lorsque dans la malle-poste on ne peut prendre que peu de chose avec soi? — Salue Lehmann, Zunz et sa femme. Mais ne dis pas à Zunz que j'ai mis le nom de Lehman avant le sien. Les fonds n'auront pas manqué de t'inquiéter aussi. — Peut-on acheter à part, à Berlin, la dernière livraison des Annales de Fienne? Je voudrais l'avoir; mais je ne, me soucie pas de payer, comme on le demande ici, l'année tout entière. Informe- toi. Cherche aussi à savoir, qui a écrit, dans les Annales^ l'article sur moi *. N'est-ce pas drôle? A peine suisje baptisé, on me vilipende comme juif. Je te le dis, rien que contrariétés dès lors. — Par exemple, on me fitoute ma'gloire de 1825.
Adieu; écris-moi beaucoup, particulièrement si
1. L*auleur de cet article ëtenda sur les Tragédie» de Heine était W. Hàriag.
274 («trVHBB DE HENRI REINK
tu me veux encore du bien. Wohlwill est malade. Ton ami.
AU MIME
Hambourg^ le 14 léyrier 1826.
Cher Moser,
Je t'écfiraî incessamment une lettre en règle, tout à fait en règle, et gaie. Aujourd'hui, je suis trop pressé et mal disposé. Je ne veux te dire que deux mots.
Notre ami Gohn, par sottise ou à bonne intention, m*a fait plus de mal que n*eût pu en machiner mon plus mortel ennemi. Pendant que je suis ici enfoncé jusqu'au cou dans le travail, et négligeant par cela même mes relations, mon propre beau-frère, qui me déteste, a répandu sur moi des bruits ignobles, (par exemple, que je jouais, etc*), et a mis en mouvement ton ami Gohn j qui, dans l'idée de m'être utile, a été répétant partout que j'étais oisif, que je manquais d'argent, que mon oncle devait m'en fournir, etc. Quand cela m'est revenu, j'ai fait comprendre à ce manant que le peu dont j'ai besoin ne me manquait
GÛRilBttf*UNDANUE INÉUltE 175
pas, et l'ai prié de ne plus se mêler de mes atfaires. J'ai mes motifs pour rester en bons termes avec lui jusqu'au mois d'août. Maintenant, quand tu lui écriras, ne dis pas uù mot de moi, de mes affaires, ne glisse aucun conseil à mon adresse, etc. Le drôle abuse de tout, et je dois me précautionner contre lui. — Si tu agissais autrement, moi qui ai déjà tant perdu dans la vie, je devrais me résoudre à renoncer aussi à toi et à ton amitié. Voilà mon dernier mo^t. Toi aussi, je te mets en garde contre de semblables amis. Il vous compromettent sans le savoir.
Je resterai ici un peu plus longtemps que je ne comptais. J'ai beaucoup de choses à terminer. II faut aussi que j'achève le Rabbin^ — malgré tes avertissements pusillanimes, — et il paraîtra dans la sejconde partie de mes récits de voyages, dont la première sera publiée à Pâques, chez Hoffmann et Campe (j'ai vendu celle-ci pour cinquante louis). Le Voyage du ffartz, outrageusement mutilé, doit y figurer, ainsi que les romances espagnoles que je t'ai envoyées, et les Poèmes de la mer^ que Cohn m'a dit avoir lus. — Tu me comprends. — Ne raconte à personne ce que je t'écris ici. Salue mon frère. Adieu.
AU UëME
Hambourg, le 24 février 1826.
Cher Moser,
Bien que fatigué de la tête, il faut que je t'écrive quelques lignes. — Je vois que tu en as fini avec le marquis de Posa, et que tu voudrais Jouer maintenant TAntonio.. Crois-moi, je ne suis ni le Tasse, ni fou, et, si j'ai exprimé si formidablement ma colère, c'est que j'avais mes motifs. Peu m'importe ce que l'on pense et ce que Ton dit de moi; mais il en est tout autrement lorsqu'on m'insinue à moi-même ce qu'on a dit ou pensé. C'est mon honneur qui est ea jeu. Je me suis battu deux fois à l'Université parce qu'on m'avait regardé de travers, et une fois même au pistolet pour un mot blessant. Ce sont des attaques à la personnalité même, et, ma personnalité une fois entamée, je ne pourrais plus vivre. — Maintenant, je vais tout te dire. Le mari de ma sœur,
COanESPONDANCE INÉDITE 277
irrité du jusl^ mépris que je lui témoignais, a voulu 3e venger en calomniant; partout ma personne et ma manière de vivre, et, entre autres vilenies, il a engagé Cohn. dans mon intéréL à parler clie^ mon oncie de ma mauvaise conduite, afin que celui-ci m éloignât de Hambourg* Colin, alors, doit avoirdit dans la maison de mon oncle que j'étais joueur, oisif, sans caractèren mal entouré, bref-, pis encore, soit qu'il ait voulu faire riniportant, ou que, par sottise, il ait cru ainsi nVétre utile. Gomme de telshomjnes, en se donnant des airs de protecteurs des aines, sont plus nuisibles et dangereux que des ennemis déclarés, J*ai dû te prier, quelles que fussent tes bonnes iiUen lions, de ne pas leur dire un mot de moi. Ces gens4à sont charmés do pouvoir appuyer leurs bavardages en déclarant que les amis les plus intimes de l individu en question les ont pressés a de faire quelque chose pour lui. w Ah \ ces mots seuls sutlîseiït à me rendre fou. — Moser, je sais que lu nV aimes, il n'y a pas dans mon âme la moindre mauvaise humeur contre toi : — mais avouc-le sans détour : qu est-ce que ce commérage q^*^ ^^ ^^ '^^^ sollicité par Cohn, et que le consei\^^ ^Uâ^Vo. ^\è par loi- de chercher pour moi . tt^î,^^"^^^^^ ^
27H OEUVRKt^ bE HENRI HEINE
Berlin ? Je suis hors de moi. Mon honneur est blessé jusqu'au fond; mais ce qui me mortifie le plus, c'est que la faute en est à moi, à mon abandon puéril, à ma franchise avec mes amis, ou le§ amis de mes amis. — Gela n'arrivera plus; je saurai au besoin prendre un air aussi sérieux que vous autres. Si je ne romps pas formellement avec Cohn, et ne lui dis pas avant le 1" août toute ma pensée, c'est que je ne puis faire autrement. C'est lui qui a embourbé le char, à lui de le désembourber. Si fu as encore quelque attachement pour un ancien ami, affermis Cohn dans sa résolution qu'il a du moias exprimée de réparer sa sottise, et songe que tu as contribué aussi, quoique indirectement, à me faire un chagrin inexprimable. J'en suis devenu tout à fait malade* Je ne peux presque pas écrire...
Écris-moi de nouveau, car dans ta lettre il u'y a réellement rien. — Salue nos amis. J'ai lu l'article de Gans dans le Korfl^mWaZ/j et n'en ai malheureusement pas compris la première moitié. La postérité comprendra d'autant mieux l'allemand de Gans. —Mon petit volume est en pleine impression ; dès qu'il sera prêt, je te l'enverrai. Ce livre m'est tout à fait indifférent; en général, il n'y a presque plus rien qui