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«( Monsieur le général La Riboisière , je désire que
vous m'apportiez le 22 , à huit ou neuf heures du soir, Tétat de l'artillerie de tous les corps, soit français y soit alliés, organisés comme je l'ai ordonné. Sa situation au 15 août et les améliorations et augmentations qu'oa pourra y avoir faites au 1*' septembre. Âpportez-moi également l'état de l'artillerie de siège des places de Pas* sau , Lintz , Vienne , Raab » Gratz , Glagenfurth » Lay«bach, etc. ; et l'état des approvisionnemens de la poudre et de ce qu*il y aurait de disponible.
» Sur ce, etc.
» Schœnbrûn, 19 août 1809.
i> Napoléon, d
i< Monsieur le général La Riboisière, la place de Vienne comprend la tête de pont deSpilz, qui a besoin au moins de 40 pièces de canon et de 10 mortiers; il reste donc 20 mortiers et 60 pièces de canon, c est-à*dire 80 bouches à feu. Il faut me soumettre le projet de leur distribution entre les différens bastions. La place de Raab n'a que 16 pièces de canon et 6 mortiers et obusiers. Je crois qu'il faudrait y envoyer les 4 pièces de canon de 6 ou de 3. Par ce moyen^ l'armement de Raab serait porté à 26 bouches à feu. La place n'est approvisionnée qu'à 300 coups par pièce. Gomme l'armement est peu nombreux, je pense qu'il est nécessaire de porter l'approvisionnement à 800 coups par pièce et à 400 coups par obusier et mortier. Glagenfurth, qui a 9 pièces de 18 » n'a que 1,600 coups à tirer, que 600 boulets de 12 et pint de boulets de 6 ni de 3. Il faut compléter l'approvisionnement de cette place à 800 coups i eo y complé-
tant Tarmement, la poudre el tout ce qui esl nécessaire. Il faut toujours avoir à Passau 2 millions de cartouches d'infanterie, en avoir 400,000 à Raab, 300,000 à Gratz et autant à Clagenfurlh.
)) Il y a à Vienne 20,000 boulets de 24 et il n'y en a que 1,800 à Passau. Il faudrait profiter des premières circonstances pour envoyer des boulets de 24 à Passau. 11 faudrait également pourvoir au reste de l'approvisionnement de Passau. Il faut, pour Tapprovisionnement de Vienne, 20,000 boulets de 1 8, 10,000 boulets de 12 et 20,000 boulets de 6, ce qui fait au moins 200 milliers de poudre. Je ne vois que 12,000 boulets de 18à Vienne. Il y en a 5,000 à Gratz. On pourrait en retirer 2,000, ce qui ferait 14,000 à Vienne. Il me semble que les mortiers sont suffisamment approvisionnés. Je vous recommande spécialement Raab , Gralz et Glagenfurth.
» Sur ce^ etc.
» Schœnbrûn, 26 août 1809. »
» Napoléon. »
« Monsieur le général La Riboisière , je vous ai envoyé un ordre pour porter l'artillerie saxonne à 36 pièces de canon. Voici la situation actuelle de cetle artillerie, divisée en 5 batteries, savoir :
Une batterie d'artillerie à cheval y 2 pièces de 6 et 2 obusiers, et 4 batteries d'artillerie à pied de trois pièces de 8 et d'un obusier de calibre saxon. Il y a de plus au parc, 5 pièces de 8 et 3 obusiers saxons, ce qui fait en tout 28 pièçeç. Jl paraît que les pièces de 8 et les obusiers
saxons sont d'un calibre particulier, ce qui rend néces-« saire de faire revenir à Vienne 6 pièces de 8 et 2 obusiers. Ces pièces serviront pour la place. Il faudrait les remplacer par 8 de 6. Il resterait encore à donner aux Saxons 8 pièces de canon pour arriver au nombre 36. Ces 36 pièces seront divisées en six batteries de 6 pièces chacune.
)i> En attendant que vous puissiez en fournir 36^ il faut en organiser au moins 30, afin qu'il y ait une batterie à cheval et quatre à pied. Le général Reynier me rend compte qu'il aura les canonniers et les chevaux d'artillerie nécessaires pour servir 30 pièces avec leur approvisionnement à 300 coups. Donnez donc sans délai les ordres pour retirer les 6 pièces de 8 et les 2 obusiers, pour les remplacer et pour porter d'abord à 30 le nombre des pièces ; les 6 autres seront fournies après. Mais par-dessus tout il faut un officier-général français pour commander toute cette artillerie. L'armée saxonne a aussi besoin de fusils. Ses fusils ne sont pas d'une aussi bonne qualité que les nôtres. Je donne ordre que les deux compagnies de pontonniers qui sont à Lintz rejoignent le corps saxon à Presbourg.
» Sur ce, etc.
» Schœnbriiu, 31 août 1809. »
» Napoléon. »
a Monsieur le général La Riboisière , donnez ordre sur-le-champ et par courrier extraordinaire, que 10,000 fusils prussiens, 4,000 mousquetons , 3^000 paires de pistolets et i ,000 sabres soient embarqués à Magdebourg
et dirigés sur Dresde, et que de Dresde ils soient sur-lechamp dirigés sur Varsovie pour servir à Tarmement des troupes polonaises.
D Vous écrirez à Dresde , au ministre de la guerre de Saxe, pour l'instruire de ces dispositions et pour qu'il prenne des mesures qui assurent Tarrivée de ce convoi dans le plus bref délai à Varsovie (1).
» Sur ce, etc.
» SchoetibriiD, 12 septembre 1809. x>
» Napoléon* »
» Monsieur le général La Riboisière , je vous prie de me remettre le 16 trois états arrêtés au 15 septembre » savoir : 1° un état de situation de Tartillerie de l'armée
(1) Au commencement de la guerre de Pologne (1807), Napoléon s'écriait : « Le trône de la Pologne se rétablira-t-il ; celte grande nation reprendra-t^elle son exislence et son indépendance? Du fond du tombeau renaîtra -t-elle à la vie? Dieu seul qui tient dans ses ftiains les combinaisons de tous les événemens^ est l'arbitre de ce grand problème politique ; mais certes, il n'y a jamais eu d'événement plus mémorable, plus digne d'intérêt. » Comme on le voit, la résurrection de la Pologne était le désir le plus fervent de l'empereur. Si , à Tilsit , il ne put y réussir, du moins en ci*éant le grand duché de Varsovie Il poâa la première pierre du monument. Il ressort de cette lettre et de celles qui suivent que Napoléon y travaillait incessamment, et que, vainqueur à Moscou, il eût mis la dernière main à son œuvre.
Mais ne dirait-on pas en lisant les réflexions de l'empereur en 1807, au plus haut degré de sa puissance, qu'il semblait prévoir l'instabilité de ses grands desseins pour l'avenir de la France et pour celui de la Pologne qui lui était étroitement lié.
par corps , faisant cotinattrd ce qui etiste et quand ce qui manque pourra elisiter ; 2® un état de situation de l'arlillerie de siège et de place ; 3° un état de situation du personnel et des^attelages, afin que ees trois états comprennent la sitdatioti totale de l'Af tili^rie et des magasifls ftd 15 septembre.
» J'avais demandé que les 4 pièces de la demi-lune de l'ouvrage de Spilz fussent placées sur affûts de siège. » Sur ce , etc. »
Schœnbrûn , i 2 septembre 1809.
» Napoléon. »
«Monsieur le général La Riboisière, remettez -itioi demain à la parade un état des munitions d'artillerie du cbâteau de Brûnn. Ayez soin qu'il y ait des boulets en proportion des pièces. Je crois qu'on estime qu'il faut dans cette citadelle 20 bouches à feu » dont 4 obusiers et mortiers et 16 pièces de canon. Envoyez un gardemagasin, un ofHcier d'artillerie et une compagnie dé 120 hoxnffîes pour servir rartillerië de cette forteresse* Donnez ordre aux côniiÉândatis de râftillérié dèi 2^ et 3^ corps de placer des relais , mon liitenition élànt d« faire partir les convois le 15. Je vous eliverrâi l'ordre de Brûnn même , où je me féùds après avoir visité Isl forteresse. Je suppose que vous ûxei rempli tiâes inlèn« tioiis pour Ilaab, et que les pièces seront approvisrôntléeâ à 300 coups, tant efî boulets qil'eiî mitfaîlle. Dans le prochain élat de situation que vous me remettrez, faitesmoi connaître le nombre dés pièces qui Sofit à Lintz. En général on se plaint que la place de Raab n'est pas assez
armée. Je désirerais donc beaucoup qu'on pût porler le nombre des bouches à feu à 30. Faites*moi un rapport là-dessus* » Sur ce, etc.
» Schœnbrun, 13 septembre 1809. »
» Napoléon. »
«Monsieur le général La Riboisière, je vous ai donné ordre d'envoyer de Magdebourg sur Dresde 10,000 fusils prussiens, 4,000 mousquetons, 3^000 paires de pistolets et 1,000 sabres destinés à Tarmement des troupes polonaises. Je vous recommande de mettre le plus grand secret dans cette mesure , de manière qu'ail ny ail que le ministre du roi de Saxe qui sache que ces armes sont envoyées à Varsovie. Je viens de consulter mes états de fartillerie ; ii en résulte que j'ai dans mes places d'Allemagne 10,000 fusils du calibre français , 13,000 du calibre au-dessus et 3,000 du calibre au-dessous. Total 26,000 fusils étrangers, car les 10,000 fusils de calibre français que je viens de porter en compte sont aussi des fusils étrangers. Je vois de plus porté sur ces étals , à l'encre rouge » ce qui, je suppose, veut dire à réparer, 7,000 fusils; j'avais donc 33,000 fusils étrangers dans mes places d'Allemagne. Faites-moi , dans la journée , un rapport là-dessus , afin que je vous envoie des ordres ; car je désire envoyer en Pologne une cinquantaine de mille de fusils. » Sur ce, etc.
» Schœnbrûu , 14 septembre 1809. »
» Napoléon. »