‹ Correspondance inédite de l'empereur Napoléon avec le commandant en chef de l'artillerie de la grande armée. Pendant les campagnes de 1809 en Autriche, 1810-1811 en Espagne et 1812 en Russie. Avec un fac similé autographe de Napoléon, et des notes historiques et topographiquesChapitre 6 sur 13 · XL · texte numérisé non relu

XL

» Monsieur le général La Riboisière, il faat envoyer 3 ou 4,000 fusils de rempart à Raab.

x> Sur ce , etc.

» A BrûDn , i 4 septembre 1809.

» M. le général La Riboisière , le château de Brûnn est en très bon état ; faites donc partir le premier convoi d'artillerie demain et successivement , afin qu'ils soient arrivés en 4 ou 5 jours. Le premier convoi sera composé de 3 pièces de 18 , avec 700 boulets par pièce , et 100 coups à mitraille avec la poudre nécessaire; d'un affût de rechange et de 6 pièces de 6 , avec 500 bouJ^ts et 200 coups à mitraille par pièce. Le deuxième convoi qui par^ tira 24 heures après , sera composé de 3 pièces de 12 et de 6 pièces de 6. Le troisième convoi sera composé de 2 obusiers et de 4 mortiers , avec le même nombre de coups à tirer par pièces. — Ce qui fera en tout 24 bouches à feu ; vous ferez ajouter à chaque convoi , 100 fusils de rempart : ajoutez-y aussi une provision de grenades. Envoyez une compagnie d'artillerie complète » ayant au moins 100 hommes avec les 3 officiers présens. Envoyez également un officier supérieur d'artillerie ferme et vigoureux avec un garde-magasin. Faites partir 300 mille cartouches d'infanterie , des artifices et tout ce qui est nécessaire pour bien armer et approvisionner cette place. Elle sera certainement assiégée ; il faut donc qu'elle soit armée le 25, et en état de pouvoir se défendre le 26.

» Sur ce, etc. Napoléon.

1» Brûnn, 17 septembre. »

1» Monsieur le général La Riboisière , l'armée dltalie a 8 compagnies d'artillerie à cheval françaises et 1 italienne , ce qai fait 9 compagnies ; cela est beaucoup trop. Il faudrait retirer de cette armée les compagnies d'artillerie à chetal du 4^ régiment , en y laissant celles du V^ qui seront suflBsantes , et employant les compagnies d*artillerie à cheval du 4*^ régiment datis la cava* lerie. Il y a beaucoup trop de personnel d'aftillerie à pied à l'armée d'Italie, puisqu'il y a 8 compagnie!) françaises et 7 italiennes. On pourrait retirer les eompagnie^^ du 4'' régiment h pied.

h Je désirerais que la réserve de la garde fût (!omposée de compagnies du même régiment d'artillerie à cheval. Aujourd'hui ^ il y en a de deux régimens. Je ne vois point sur votre état de situation quel est le personnel de Tartillerie qui se trouve à Clagenfnrth ; je n y vois pas non plus le personnel de l'artillerie qui se trouve à Raab. Je voulais d'abord donner des ordres pour des change^ mens à faire dans le personnel de l'artillerie ; mais j'attendrai un rapport de vous. L armée d'Italie a trop d'ar« tillerie et n'a pas assez de pontons. Je désire qu'au lieu d'avoir 3 pontons» elle en ait 10, y compris les 3 que vous lui avez envoyés , afin qu'elle puisse jeter tin pool de 30 ou 40 tOfses< Elle doit avoir les chevaux nécessaires. Je vois dans votre état de situation que vous n'a* vez que 1,500 boulets de 12 à Vienne* Je suppose que c'est une erreur de chiffre.

1» Sur ce 1 etc.

» Schœobrun , 20 septembre 1809. »

» Napoléon.»

» Monsieur le général La Riboisière ^ le 1 8 septembre, il n'y avait aucune pièce arrivée de Laybach à Clagenfurth ; M n'y avait pas de poudre ; rarlillerie de cette place était dans le plus mauvais état. II n'y avait que 2 pièces de 12, 4 de 6 , 2 de 3 , 1 obusier, i ,000 cartouches d'infanterie et 30 canonniers. Cependant cette place peut être assiégée d'un moment à l'autre ; faites-moi connaître les mesures que vous avez prises , et qui me tranquillisent sur la situation de celle place. Pourquoi laissez'vous à Trieste 22,000 fusils, 1 ,000 sabres, 1 ,900 gibernes, 1,400 ceinturons , etc. , et pourquoi ne faitesvous pas évacuer tout cela sur Palma Nova ?

» Sur ce , etc.

* Schœnbrûn, 26 septembre 1809,

» Napoléon. »

» Monsieur le général La Riboisière , remettez-moi Tétat de situation de mon artillerie au 10 octobre.

» 8 octobre 1809.

» Napoléon. »

(c Monsieur le général La Riboisière , mon intention est de réunir à Passauloutes les pièces d'artillerie autrichienne qui sont à Vienne, à Brûnn et à Lintz ; d'y réunir également tous les boulets, la poudre, les afiTûts, objets de rechange et matériel d*artitlerie de toute espèce* Vous organiserez à Passau un magasin et vous mettrez à la tète un garde-magasin français qui aura la comptabilité de tous ces objets.

» Lorsque tout sera arrivé à Passau , je le ferai évacuer sur la France ^ ou je le -laisserai pour la défense de la place, mon intenlion étant d'avoir aux deux points de Passau et de Salzbourg deux places fortes. Après la signature de la paix , on aura un mois pour évacuer Vienne, un autre mois pour évacuer Molk, un mois pour évacuer Lintz, Toute lartillerie de Raab, deGratz, sera dirigée sur Laybach pour servir à Tarmement de la place que j*ai l'intention d'établir sur la Save. Tout ce qui se trouve à Clagenfurlh doit être évacué sur Wislach qui nous reste.

» Sur ce, je prie Dieu , etc.

» Schœnbrûn, 9 octobre 1 809.

» Napoléon. »

« Monsieur le général La Riboisiére, la paix a été signée ce matin. Mon intention est que demain^ au plus tard après demain , avant midi, les fortificalions de Vienne saillent (l)Si vous pouvez même faire sauter de suite un bastion , vous le ferez. On ne saurait trop tôt exécuter cette mesure. La garde reçoit des ordres pour partir; . les 30 pièces d'artillerie de la réserve ne feront pas partie de lartillerie de la garde, elles resteront à votre parc ; voici les termes d'évacuation : la Moravie sera

(1) Cette lettre est delà plus haute importance; elle est Texpression de la politique de Napoléon vis-à-vis de l'Europe. C'est un argument de plus eu faveur des forti Bcations des capitales. Si cette lettre eût été connue lors de ]a discussion de îa loi sur les fortifications de Paris, elle eût bien certainement servi d'autorité au ministère.

évacuée en 15 jours, Vienne et la Hongrie dans un mois, la haute Autriche et la Styrie dans deux mois et demi. Par les conditions de la paix, le cercle de Wisllach, la Garniole ; et depuis les confins de la Garniole le Talweg de la Saxe depuis la Garniole jusqu'à la Bosnie , m'est cédé. Toute lartillerie qui est à Gratz et à Raab, je la destine à être déposée dans la Garniole pour armer un camp retranché que je veux établir sur la Save, ce qui fera plus de 100 bouches à feu avec ce qui est à Laybach. Toute lartillerie qui est h Clagenfurth sera évacuée sur Wisllâch , où je veux établir une tète de pont-sur la Drave, et d'où d'ailleurs elle pourra être dirigée sur Osopo. Il vient beaucoup de convois de l'armée d'Ilalie; conlremandez-Ies et chargez le général de l'armée d'Italie de les faire diriger sur les dépôts d'Italie. Toute l'artillerie qui est à Vienne, à Brûnn , à Lintz, doit être évacuée sur Passau ; mon intention n'est pas de la céder à la Bavière , mais de la tenir à Passau pour l'armement de la place, sous la garde d'un gardemagasin français, de sorte que je puisse la faire venir en France, les circonstances changeant. Le temps d'évacuation est à compter du 17; c'est donc le 17 novembre qu'il faudra avoir évacué Vienne, et le 3 novembre qu'il faudra avoir évacué Brûnn. Les fers coulés ne manqueront pas à l'Autriche, elle a une si grande quantité de forges qu'elle ne peut manquer de réparer promptement cette perte. Mon intention est que vous calculiez mes intérêts indépendamment de (oute idée politique et que vous vendiez aux agens autrichiens les bombes et les boulets s'ils ne sont pas nécessaires pour l'armement de Passau ; mais il ne faut pas prendre en consi-

déralion Xiàie d'enlever à l*ennemi des fers coulés. » Sur ce, je prie Dieu , elc.

» Scliœnbrup, 14 octobre 1809,

» Napoléon. »

c( Monsieur le général La Riboisière,

D L'armée va se diviser en deux parties : celle qui évacuera sur ritalie , et celle qui évacuera sur le Rhin, Vous sentez que la distance entre elle sera énorme ; il faut donc penser à réunir les mêmes corps d'artillerie qui se trouvent faire partie de l'une et de l'autre. Les troupes qui évacuent sur Tltalie sont celles connues sous le nom d'armée d'Italie et de 11'' corps. Ayez donc soin que les troupes d'artillerie pour l'Italie soient composées des l^S 2** et 4^ régimens d'artillerie à pied et 1*' et 4" régimens d'artillerie à cheval ; des mêmes bataillons du train, des mêmes compagnies d'ouvriers, et du S"" ba-taillon de pontonniers. Tout ce que vous aurez dans les autres corps appartenant à ces régimens » bataillons et compagnies y doit être dirigé sur l'Italie. Ayez soin que les quatre bataillons du train soient composés de deux bataillons principaux et de leur his ^ a6n que l'encadrement puisse se faire sans déplacement de troupes. Ayez soin que ces bataillons soient au grand complet en hommes et en chevaux , même plus de chevaux que moins. Ainsi donc , l'artillerie de l'armée est divisée en deux 9 partie sur l'Italie , partie sur le Rhin. Sur le Rhin elle sera divisée en trois parties : une partie en Allemagne , sous les ordres du duc d'Auerstaedt ; une partie rentrera en France ; une partie ira en Espagne

mon intention est qu'il n'aille en Espagne ni matériel ni personnel, mais seulemeqt des attelages avec le personnel des attelages. J'ai besoin pour TEspagne de 2,500 chevaux. Je désire qu'aussitôt que l'évacuation aura comiuencé, vous dirigiez S,5Q0 chevaux iiur Strassbourg, servant aux évacuations; ils laisseront leur matériel à Tarsenal de Strasbourg, et s'en iront haut le pied , ou avec des munitions qui seront désignées par le ministre pour se rendre à Bayonne. Les chevaux qui rentreront en France seront sur-le-champ disséminés chez les paysans. Mais comme il faut trois mois avant que Tévacuation soit terminée, j'aurai le temps de vous donner ces ordres*

» Sur ce y je prie, etc.

iSchoenbruD, 14 octobre 1809.

'^'t**IbKRw^ f * "

DEUXIEAIE PARTIE.

LETTRES RELATIVES A l'eSPAGNB ET A L'ORGANISA- TION DE L** ARTILLERIE.

a Monsieur le général La Riboisière, faites-moi an rapport qui me fasse connaître : 1^ de combien de chevaux est composé l'équipage de siège pour Lérida? 2^ de combien de chevaux est composé l'équipage de siège pour Gindad Rodrigo? 3^ de combien de pièces et de chevaux est composé l'équipage de siège du 8^ corps? a-t-il les 36 pièces qu'il devait avoir , ainsi que le double approvisionnement et les caissons dHnfanterie nécessaires?

» Sur ce, etc.

» Paris^ 8 mars 1810. »

» Napoléon. »

)> Monsieur le général, vous m'avez remis un état de i'arlillerie de ma garde. Je vois qu'une partie est portée comme existant au grand parc de siège. Je ne comprends pas cette dénomination. Il me semble que j'ai ordonné que ce parc fût dissous, que les autres corps prissent les pièces el que le personnel rentrât. Faites-moi connaître

s'il n'y aurait pas moyen d'envoyer ce qu'il y a à Baugency, au dépôt de La Fère, el s'il y a à La Fère des écuries suffisantes pour recevoir les chevaux. » Sur ce, je prie Dieu, elc.

» 10 octobre 1810.

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