‹ Correspondance Inédite de la Reine Catherine de Westphalie, née Princesse de Wurtemberg Avec sa faChapitre 8 sur 20 · Moulard (le chevalier), intendant de la maison du roi · texte numérisé non relu

Moulard (le chevalier), intendant de la maison du roi

Cassel, 24 avril 1812.

Mon très cher père,

Je pense que vous daignerez m’excuser si mes lettres sont aujourd’hui moins fréquentes quelles ne l'étaient autrefois, j’espère que vous ne douterez pas pour cela de ma vive tendresse ; croyez, mon cher père, qu’aucune espèce de distraction, de devoir, de plaisir ou d’affaires ne me détournera jamais des sentiments filiaux que mon cœur vous a voués.

J’ai déjà reçu quatre fois des nouvelles du roi; ses deux dernières lettres sont datées de Kalisch, il se portait bien et ne me mandait du reste rien de nouveau; mais il me laisse l’espoir que les choses pourront encore s’arranger ; quant à moi, je ne sais qu’en penser. Les nouvelles sont quelquefois si contradictoires qu’on ne sait à laquelle s’arrêter.

L’époque du départ de Paris de l’empereur n’est pas encore déterminée, ou du moins connue. J’attends journellement là-dessus des nouvelles qui m’en donnent la certitude.

J’ai reçu une lettre de ma tante Eugène, qui me mande que mon oncle doit être à Stuttgart, je suis bien fâchée qu’il n’ait pas pu passer par ici, mais j’espère qu’à son retour en Silésie il se souviendra que Cassel est presque sur la route et qu’une personne qui l’aime beaucoup sera fort aise de l’y voir.

J’espère, mon cher père, que vous avez une plus belle saison que nous, car nous sommes encore au milieu des neiges. Veuillez m’apprendre l’époque de votre départ

Cath. de Westpii.

GG

CATHERINE DE WESTPIIALIE

pour Louisbourg1, me donner quelque détails, si vous en avez, et croyez toujours, mon cher père, que le plus intéressant pour moi sera d’avoir la conviction que vous me conservez votre tendresse et que vous soyez bien convaincu de la mienne.

Catherine au roi Jérôme.

Cassel, 26 avril 1812.

M. Siméon vient de me rendre compte des différentes discussions qui ont eu lieu au Conseil d’État ; je t’envoie le rapport quhl en a fait.

De plus, il m’a dit qu’à l’issue du Conseil d’État, M. le Ministre des finances lui avait demandé sur-le-champ un conseil des ministres sur une affaire très importante, sur la vente du domaine de Barby ; je crois que M. Siméon n’avait pas le droit de tenir un conseil des ministres extraordinaire sans m’en avoir préalablement prévenue comme le porte ton décret. Aussi je te prie de lui en faire l’observation.

Catherine au roi Jérôme.

Dresde, 26 mai 1812.

Mon cher ami,

M. Siméon sort de chez moi pour me dire que le duc de Bassano lui a dit aujourd’hui de me demander un décret pour la sortie des bestiaux du royaume de Westphalie, je crois bien que tu ne t’y refuseras pas plus que l’empereur d’Autriche, le roi de Saxe ; mais j’ai répondu à

Page 1