‹ Correspondance inédite de Marie Antoinette (volume 2)Chapitre 11 sur 34 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

C'est seulement lorsqu'elle voit qu'il n’y a plus aucun espoir, que tout est perdu, que le pays tout entier est menacé d’une catastrophe, c'est après avoir vu la mort de près, c'est après avoir entendu demander sa tête, qu'elle désire du secours, qu'elle s'adresse à son frère, aux puissances étrangères, pour garantir la sécurité de la famille royale et la tranquillité générale. Elle demande que des troupes se réunissent vers les frontières, elle demande un Congrès armé pour garantir la paix et la vie de tous. Elle demande que les États voisins veillent à leur süreté et au respect des traités, en gardant les frontières.

Mais elle ne veut pas de guerre civile, elle maintient, en parlant de la nouvelle constitution, le droit de la France de se gouverner elle-même, d'adopter la forme de gouvernement qui lui convient, et elle repousse l'intervention étrangère, où l’on verrait, dit-elle, l'intrigue des Émigrants.

On peut voir quel était son mécontentement au sujet des émigrations et avec quelle amertume elle caractérise tous ceux qui, les premiers, sortirent du royaume. Élle revient sur ce point dans diverses lettres, et se plaint amèrement de ceux qui abandonnaient ainsi le roi et la famille royale au moment du danger.

Jeudi 22. « Les frères du roi sont malheureuse- « ment entourés d'ambitieux et d'intrigants, qui ne

Page 1