‹ Correspondance inédite de Marie Antoinette (volume 2)Chapitre 13 sur 34 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

possédait éminemment, et qui ressertent de la simple lecture de sa correspondance, et l'on reconnaitra que toutes ses lettres, si vraies, si naturelles, émanent d’une grande âme, d’un cœur pur et d’une intelligence élevée.

On voit qu’elle avait prévu depuis longtemps la marche que devaient suivre les événements, on voit qu'elle est toujours restée fidèle à ses devoirs, que, fille de Marie-Thérèse, elle sent, comme elle le dit elle-même, le sang qui coule dans ses veines, et qu’elle ne voudrait rien faire qui füt indigne de cette mère vénérée et chérie. |

On admire son calme en face des insultes et des outrages auxquels elle est en butte, son empire sur elle-même, au milieu des scènes de violence auxquelles elle est exposée, son dévouement au roi, son amour pour ses enfants et l'on est saisi d’attendrissement devant cette sublime infortune.

Si l'onse reporte à quelques années en arrière, et si l'on se rappelle la marche triomphale de la fille de la grande Marie-Thérèse, venant en France recevoir la couronne de Dauphine et bientôt celle de reine, on est confondu en retrouvant, vingt-quatre ans plus tard, le lugubre cortége, où la reine de France, hissée sur une horrible charrette, accompagnée des clameurs insensées d’un peuple égaré, va recevoir la couronne du martyre.

En voyant tant de hautes vertus méconnues, tant

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