AU ROI DE SUÈDE GUSTAVE IU
Monsieur mon frère et cousin, avec un chef
! Cette lettre portait pour suscription dans nos premivres éditions : Au duc de Saxe-Teschen. Nous y faisons
DE MARIE ANTOINETTE. 85 tel que vous la nouvelle chevalerie effaceroit bientôt l’ancienne ; je ne recevrai jamais d'hemmage qui me flatte davantage; les commencements de votre règne en assurent la gloire et la prospérité, sa durée fera le bonheur de vos peuples et la joie de vos amis. C’est le vœu et le sentiment bien sincère de votre bonne sœur et cousine, s
Versailles, ce 26 février 1776.
Marly, le ro juin (1776).
MADAME MA TRÈS CHÈRE MÈRE
Mr de Mercy me fait savoir seulement à l’instant l'envoi subit d'un courrier qui est un gentilhomme voyageur de passage qu'il ne peut retenir. Je répondrai au long par le prochain
le changement indiqué dans l'ouvrage de M. Feuillet, qui doit mieux savoir que personne à qui elle est adressée, puisqu'il a vu cette lettre dans les Archives du ministère des affaires étrangères à Stockholm. Seulement, ce qui est étonnant, c'est que l'original que je possède, m'ait été procuré à Paris. |
86 CORRESPONDANCE ordinaire à la dernière lettre que vous avez bien voulu m'écrire; j'ai trop peu de minutes aujourd’hui.
Je me suis empressée de communiquer votre
désir au roy qui a été disposé à faire sur l’henre ce qui est agréable à ma chère maman. Il a fait appeler M' de Vergennes qui a répondu qu’une chose de cette nature alloit de soi, et qu'elle étoit trop dans l'intérêt des deux nations pour ne pas avoir déjà été faite d'office depuis huit Jours.
‘ "Merci de vos souhaits, madame ma très chère | mère, mais, hélas! on me devance icy comme à Naples et à Parme. La comtesse d'Artois est entrée dans son septième mois de grossesse. Je suis dans la main de Dieu et je m'étourdis le plus que je peux; j'en ai besoin, car ce n'est pas être reine de France que de ne pas avoir les honneurs d’un dauphin. |
Je prie ma chère maman de me permettre de
lui baiser les mains bien respectueusement.
DE MARIE ANTOINETTE. 87 | Marly, ce 10 juin (1776).
À SA SŒUR MARIE CHRISTINE
Nous sommes depuis avant hier icy, ma chère Christine; ce n'est pas une résidence très bien organisée, elle a été fort négligée depuis Louis le Grand. Nous avons laissé à Versailles le comte d'Artois qui a la rougeole, et Madame y est restée pour tenir compagnie à la comtesse d'Artois, de sorte que ce Marly n’est pas très gai. J'attends ce soir Élisabeth et je pense que Madame sera icy après demain, ce qui va nous réveiller.
Comme je vous écrivois cette lettre, M" de Mercy m'envoye la vôtre, je vais donc vous adresser ces mots à Parme puisque vous ne serez même plus à Turin et serez sûrement auprès de notre sœur Amélie. Il y a bien longtemps qu’elle ne m’a écrit, reprôchez le lui de ma part. La comtesse d’Artois est entrée dans son septième mois de grossesse. J'écris aujourd’hui
même à notre chère bonne mère l'Impératrice-
ss CORRESPONDANCE reine. Si j'avois des enfants, comme je leur apprendrois à l'aimer!
Adieu, chérissime sœur.
, Li]
MAriIE ANTOINETTE.
Versailles, ce 26 aoust 1976.
A SA SŒUR MARIE CHRISTINE
” Ma chère Christine, je remettrai au comte ma lettre écrite à la course, parce que le roy m'a fait annoncer qu'il me va venir cherther pour essayer une promenade. Je ne me suis pas trouvée à mon aise d’un passage à Choisy, et j'en suis revenue avec une fièvre tierce qui m'a un peu fatiguée; je ne vous en parle que parce que je suis beaucoup mieux.
La comtesse d'Artois est accouchée depuis le commencement du mois d'une fille et a continué à se bien porter. Cet événement a répandu la ; Joie dans toute la famille royale et y ai bien pris part.
Les nuages, qui, de temps à autre, ont passé
DE MARIE ANTOINETTE. an sur le château, n’ont jamais en de durée. Je me suis toujours étudiée à me faire âimer à force d'indulgence et d’attentions. Ce n’est pas toujours chose facile au milieu de tant d'intérêts différents. Le roy n'aime pas le bruit des susceptibilités et il a des coups de boutoir contre ceux qui ‘en font. Le comte d'Artois est très fier de ses enfants, sa femme est fort douce, Mad. de Provence est toute pleine d’amabilité et d'imaginations gaies et elle est très fière de son mari; à moy seule manque quelque chose, mais il faut savoir attendre et bénir la volonté de Dieu.
: Mes pensées les plus tendres sont à vous, et
je vous embrasse du fond de mon cœur.
NTARIE ANTOINETTE.
Fontainebleau, ce 1 novembre 1776.